Ville

Désignation

Dénomination de l'édifice

Ville

Titre courant

Ville

Localisation

Localisation

Pays de la Loire ; Maine-et-Loire (49) ; Angers

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Angers intra-muros ; Angers extra-muros

Partie constituante non étudiée

Oppidum, fortification d'agglomération, château fort, cathédrale, abbaye, couvent, église, hôtel-Dieu, hôtel de ville, palais de justice, demeure, promenade, académie, université, théâtre, gare, hôpital

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

Age du fer, Antiquité, Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Description historique

Le site défensif d'Angers, un promontoire naturel surplombant la rivière de Maine sur la rive gauche, est occupé dès l'Age du fer par un oppidum. Une ville romaine est fondée sous l'empereur Auguste peu avant notre ère, sous le nom de Juliomagus (marché de Jules) , centre administratif du peuple gaulois des Andecaves. La ville du Haut-Empire, établie sur la seule rive gauche, présentait une trame urbaine orthogonale régulière qui s'étendait de la colline de l'Esvière au sud à la place du Ralliement au nord. Sous le Bas-Empire, période des invasions barbares, la ville se rétracte sur son site défensif, protégée par une enceinte édifiée à la charnière des 3e et 4e siècles (dont vestiges) : cette antique civitas - actuel quartier de la Cité entre château et cathédrale - est sous la protection d'un évêque ou défensor, attesté un siècle plus tard. Pendant le Haut Moyen Age, les premières institutions religieuses et politiques se mettent en place ; à partir du 6e siècle, une nébuleuse d'abbayes et d'églises fondées à l'est et au nord de la Cité (abbaye Saint-Aubin, églises paléochrétiennes du Ralliement) engendrent ponctuellement de nouveaux noyaux de peuplement. Aux 8e et 9e siècles, face au péril normand s'affirme progressivement un premier pouvoir comtal, dont la résidence est établie sur le site du château. Aux 10e-12e siècles, durant les dynasties comtales des Ingelgériens puis des Plantagenêts, la ville acquiert une importance nouvelle, au sein d'une immense entité politique allant de l'Angleterre à l'Aquitaine. C'est une époque de grandes extensions et de constructions : un bourg commerçant attesté en 924 et protégé d'une enceinte, se développe au nord de la Cité, sur la pente du versant entre la rue Saint-Laud (ancien cardo) et la rivière. Au 11e siècle, l'urbanisation franchit la Maine peu après la reconstruction en pierre du pont et la fondation en 1028 de l'abbaye Notre-Dame (ou Ronceray) , donnant lieu à un bourg, futur quartier de la Doutre (d'outre Maine) ; l'hôtel-Dieu Saint-Jean sera également implanté sur cette rive en 1175. Sur la rive opposée, le château fort, la cathédrale, les abbayes, collégiales et églises paroissiales sont reconstruits ou nouvellement édifiés. Cette renaissance urbaine atteint son apogée avec l'entrée d'Angers dans le domaine royal au début du 13e siècle : sous la régence de saint Louis, une imposante forteresse et une vaste enceinte urbaine, édifiées durant les années 1230, cernent la ville dans des limites maintenues jusqu'à la fin de l'Ancien Régime et toujours inscrits dans l'anneau de boulevards qui cernent le centre historique. Aux lendemains de la guerre de Cent ans, Angers connaît à nouveau une période de prospérité jusque dans le 1er quart du 17e siècle, qui se traduit par un profond renouvellement de l'habitat le long d'un réseau de voirie désormais définitivement constitué. Des maisons à façade en pan de bois sont construites le long des rues commerçantes jusqu'à la fin du 16e siècle, et de nombreux hôtels sont édifiés, notamment sur les hauteurs des deux rives. Ces derniers se remarquent particulièrement dans un quartier spécifique en plein développement, autour de la place des Halles au nord-est de la ville intra-muros, secteur des familles de notables gravitant autour de l'hôtel de ville et du palais de justice nouvellement construits. L'activité marchande y est affirmée par la création d'un canal et d'un bassin portuaire dus au maire Pierre Ayrault en 1556, qui seront peu après reliés à la place par la rue du Commerce. Aux 17e et 18e siècles, les aménagements urbains sont minimes (percement de la rue Boisnet) ou ne voient pas le jour (quais ou places de la rive gauche). Les interventions édilitaires résident essentiellement dans la création de promenades sur la rive gauche. Après le Grand mail tracé en 1617 sur une initiative privée (avenue Jeanne-d'Arc) , d'autres suivront le long des fortifications, sous l'impulsion des maires. La viei lle place des Récollets (de l'Académie) n'est même pas redessinée en accompagnement de l'Académie royale d'équitation, seul monument public d'importance au milieu du 18e. Les nombreuses communautés religieuses ou caritatives qui s'implantent à Angers dans le premier quart du 17e siècle (17 au total) , occupent pour moitié d'entre elles les hauteurs intra-muros des deux rives. Figurés pour la première fois en 1638 sur la vue de Claude Ménard, les six faubourgs d'Angers sont alors bien étoffés, sur la rive gauche - en particulier Saint-Michel vers Paris et Bressigny vers Tours ou Poitiers, comme sur la rive droite - Saint-Jacques vers Nantes et Saint-Lazare-Gauvin vers Rennes. Durant la 1ère moitié du 19e siècle, la ville connaît un premier bouleversement issu de la vente, à la Révolution, des biens nationaux : la destruction totale ou partielle des édifices religieux, le déplacement des cimetières hors les murs, amène la création de la place centrale du Ralliement et le percement de plusieurs rues qui aèrent le centre-ville (rue des Lices, rue Chevreul, rue du Mail). Parallèlement, Napoléon autorise en 1807 la destruction des remparts et à leur place, un anneau de larges promenades est entrepris pendant la première moitié du 19e siècle, complété par deux nouveaux ponts sur la Maine (Haute et Basse-Chaîne). Signe de cette ouverture de la ville, l'hôtel de ville s'installe sur ces boulevards dans l'ancien collège des Oratoriens réaménagé. La réalisation des quais de la rive gauche s'échelonne des années 1820 au milieu du 19e siècle (quais René-Bazin et Ligny bordés d'immeubles concertés). Mais c'est dans la 2e moitié du 19e siècle que les mutations essentielles interviennent, privilégiant la rive gauche : une large partie du centre-ville est restructurée par le redressement d'anciennes voies (Roë, Plantagenêt, Lenepveu) ou le percement de nouvelles rues (Alsace, Voltaire) autour de la place du Ralliement remodelée, coeur de la ville haussmannienne ; la construction d'un grand théâtre symbolise cette nouvelle centralité. En 1849, l'arrivée du chemin de fer amorce les extensions suburbaines du centre-ville : quartiers autour de la gare au sud, quartiers cossus Saint-Joseph-université catholique au sud-est et à l'est, quartiers populaires Saint-Michel-Pasteur et de la Chalouère au nord et au nord-est. Les faubourgs linéaires s'allongent au-delà, particulièrement en direction de Trélazé et sur la route de Paris. Les zones d'activités industrielles (textiles) et artisanales se recensent au sud, vers la gare, et surtout au nord-est (Usines Bessonneau). Le quartier de la Doutre, sur la rive droite, bénéficie moins de ces développements : cependant, des percements sont réalisés dans la partie sud et en bordure de la rivière, régularisée notamment par le rattachement des îles ; la création d'un hôpital moderne au nord confirme la pérennité des institutions hospitalières sur cette rive. Après cette période dynamique qui s'achève en 1914, l'Entre-deux-guerres est une phase d'atonie : l'expansion de la ville est quasi-inexistante se limitant à quelques lotissements pavillonnaires Art-Déco, implantés dans ou en bordure des extensions du centre-ville. Après 1945 au contraire, l'explosion démographique et l'essor économique des Trente Glorieuses engendrent l'urbanisation de l'ensemble du territoire communal : de grands ensembles sont planifiés, Belle-Beille à l'ouest (dès les années 1950) , Monplaisir au nord, la Roseraie au sud, pour citer les plus importants. Le centre historique et ses abords immédiats sont sensiblement rénovés, quartiers Saint-Nicolas et République en intra-muros, quartiers Saint-Michel et Louis-Gain en extra-muros. Les années 1980 donnent naissance à une nouvelle génération d'aménagements dont témoigne le quartier du Lac-de-Maine, au sud-ouest. Le prochain quartier des Capucins, au nord-ouest, dernière zone encore agricole, achèvera le rééquilibrage urbain des deux rives. Aujourd'hui, l'urb a nisation a largement dépassé le territoire communal, et toutes les communes limitrophes sont désormais les nouveaux quartiers d'une plus vaste agglomération structurée par les autoroutes Paris-Nantes (qui passe en plein centre-ville mais sera bientôt déviée par le nord) , et Angers-La Roche-sur-Yon, ainsi que des voies rapides de contournement.

Description

Commentaire descriptif de l'édifice

Occupant une position centrale dans la région des Pays de la Loire, la ville d'Angers se situe au coeur du département de Maine-et-Loire et de ses différents pays, Segréen et Baugeois au nord, Mauges et Saumurois au sud, Vallée au milieu (pour l'essentiel des paysages de bocage, et de vignes dans le Saumurois). Elle est implantée sur les dernières bandes schisteuses du Massif armoricain au contact des affleurements calcaires du Bassin parisien, induisant cette mixité de matériaux si caractéristique d'Angers, schiste sombre et tuffeau blanc. Bien qu'établie de part et d'autre de la Maine, courte mais large rivière issue de la réunion de la Mayenne, de la Sarthe et du Loir, la ville relève pleinement du val de Loire (le fleuve est à 5 km plus au sud) et appartient à cette suite de villes "parentes" qui en scandent à intervalles régulier le cours, d'Orléans à Nantes en passant par Blois, Tours et Saumur. Elle est également, tant par le train à grande vitesse que par l'autoroute, sur l'axe Paris-Nantes, villes avec lesquelles Angers est en relations privilégiées. Le site même de la ville est remarquable : sur les quelque dix kilomètres de la Maine, constitués d'une suite de bassins marécageux entrecoupés de traversées de bandes schisteuses, la cité est implantée au resserrement le plus septentrional, où des îles rétrécissaient le cours, facilitant son franchissement ; un éperon de plus de 30 mètres domine ce passage, prolongé par un vaste plateau qui permet à la principale rive de la ville de s'étendre loin des terres inondables. Le site de la ville apparaît ainsi comme un lieu de passage sur une des grandes voies naturelles françaises (d'autant plus quand la Loire était jusqu'au 19e siècle un fleuve navigable au trafic intense) mais aussi comme un site défensif. La commune s'étend sur 4448 hectares dont un tiers relève de grandes réserves naturelles (Lac-de-Maine, étang Saint-Nicolas, île Saint-Aubin). Le territoire est pour le reste entièrement urbanisé, à l'exception d'un plateau encore agricole de 240 ha (plateau des Capucins) au nord-ouest, dont l'urbanisation - longtemps gelée en attendant la réalisation du tracé autoroutier de contournement nord de la ville - est aujourd'hui en cours.

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2002

Date de rédaction de la notice

2002

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Letellier-d'Espinose Dominique, Biguet Olivier

Cadre de l'étude

Inventaire topographique

Typologie du dossier

Dossier avec sous-dossier

Adresse du dossier Inventaire

Région Pays de la Loire - Centre de ressources 1, rue de la Loire - 44966 Nantes cedex 09 - 02.28.20.54.70