Cathédrale Notre-Dame actuellement église paroissiale Sainte-Marie

Désignation

Dénomination de l'édifice

Cathédrale

Vocable - pour les édifices cultuels

Notre-Dame

Destination actuelle de l'édifice

Église paroissiale Sainte-Marie

Titre courant

Cathédrale Notre-Dame actuellement église paroissiale Sainte-Marie

Localisation

Localisation

Occitanie ; Haute-Garonne (31) ; Saint-Bertrand-de-Comminges

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Pyrénées

Canton

Barbazan

Références cadastrales

1935 B2 538, 1831 B2 456

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En village

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

11e siècle, 12e siècle, 1ère moitié 14e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

15e siècle, 16e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1304

Commentaires concernant la datation

Porte la date

Description historique

La cité antique de Lugdunum Convenarum, devenue Convenae au cours du Moyen-âge, est connue pour être un évêché depuis le 5e siècle. Bertrand de l'Isle, ancien archidiacre de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse et évêque de Comminges entre 1083 et 1123, est à l'origine de l'édifice roman, qui reprend probablement l'emplacement d'un édifice antérieur méconnu. Le seul document mentionnant le chantier est la Vita de Bertrand de L'Isle, rédigée par le moine Vital au milieu du 12e siècle. L'évêque y est décrit reconstruisant la cathédrale, ainsi qu'un cloître dans l'espace disponible autour du bâtiment ; le terme utilisé de "claustrum" désigne plus certainement une clôture canoniale au sens large, mise en place alors qu'il a réformé le chapitre. Les vestiges de cet édifice, intégrés à l'édifice actuel, comprennent la tour-clocher et le portail qui s'ouvre à sa base, l'avant-nef et son voûtement, ainsi que la partie inférieure des murs gouttereaux des trois à quatre premières travées de la nef. Il s'agissait d'une église à trois nefs, le vaisseau central étant plus large et plus haut, et les collatéraux voûtés en demi-berceau. Le choeur n'est pas connu, mais pouvait être formé de trois absides alignées, celle d'axe étant plus large et plus longue. La cathédrale était dépourvue de transept. Un cloître a été édifié durant la deuxième moitié du 12e siècle le long du mur gouttereaux sud (il en reste la galerie ouest), puis agrandi au 13e siècle. La canonisation de Bertrand de L'Isle, dont la dépouille faisait déjà l'objet d'un pèlerinage depuis sa mort, a été validée entre 1218 et 1222, date à laquelle la cité de Convenae est désignée pour la première fois sous le nom de Saint-Bertrand-de-Comminges. Bertrand de Got, évêque de Comminges de 1295 à 1299, décide de reconstruire partiellement la cathédrale. Alors qu'il devient archevêque de Bordeaux en 1299, puis pape sous le nom de Clément V en 1305, il s'est assuré que son projet soit réalisé en chargeant un chanoine du chapitre, Adhémar de Saint-Pastou, du financement et de la direction du chantier. La pierre tumulaire du chanoine, enchâssée dans le mur nord de la chapelle axiale, indique qu'il a dirigé le chantier de 1304 jusqu'à sa mort en 1325. La reconstruction s'est poursuivie jusqu'à 1352 environ, grâce à l'action de trois autres évêques : Boson de Salignac (1299-1315), Scott de Linières (1317-1325), et Hugues de Castillon (1336-1352). La construction a débuté par les parties basses du choeur et ses chapelles rayonnantes autour des anciennes absides, elle s'est poursuivie par la destruction de la salle capitulaire du 12e siècle et de la sacristie, puis par la destruction de l'ancien choeur roman. La nef à trois vaisseaux laisse place à une nouvelle nef, unique et bien plus haute que la précédente, voûtée d'ogives, et qui s'appuie à l'ouest contre le clocher. La reconstruction s'est déroulée de manière régulière d'est en ouest, et le rythme du chantier est notamment documenté par le décor des clés de voûte. L'abside et la travée de choeur ont été réalisées rapidement : leur clés de voûtes sont peintes respectivement des armes de Scott de Linières (accompagnées du blason de Bertrand de Got), et de celle d'Adhémar de Saint-Pastou. Les armes d'Hugues de Castillon ornent la première clé de voûte de la nef, juste après le clocher. Les clés de voûtes des troisième et quatrième travées de la nef ne nous donnent aucun autre élément de datation pour ce chantier : la première porte des armes attribuées à saint Bertrand, quand la seconde a été repeinte aux armes de Jean de Mauléon, évêque de 1523 à 1551. Hugues de Castillon a également fait bâtir la chapelle qui porte son nom, et qui s'ouvre dans le mur nord de la quatrième travée. Cette chapelle funéraire contient son tombeau ainsi qu'une pierre tumulaire. L'ensemble a probablement été terminé par son successeur, Bernard de Cosnac, qui a été évêque de 1352 à 1371, puis cardinal jusqu'à sa mort en 1374. Il a fait construire, en face de la chapelle de Castillon, une chapelle haute qui surmonte la galerie nord du cloître. Il avait probablement prévu cette chapelle pour les reliques du saint, car il avait fait sculpter les armes de la famille de l'Isle Jourdain sur les clés de voûte de la chapelle et de la galerie du cloître, sans que rien ne nous indique si ce projet fût réalisé. Depuis la fin du Moyen-âge, l'architecture de la cathédrale n'a connu aucune modification majeure. Par contre, l'aménagement intérieur est entièrement refait au 16e siècle par Jean de Mauléon. Il subsiste de cet ensemble de mobilier les stalles en bois, le buffet de l'orgue, et probablement les tentures conservées dans le trésor de la cathédrale. Au 19e siècle, la cathédrale a fait l'objet de nombreuses restaurations, notamment pour la toiture et les contreforts. Une partie de son parement s'étant effondré en 1878, le clocher a été entièrement reparementé entre 1883 et 1887, ses parties hautes détruites puis reconstruites, jusqu'au hourd en bois qui reproduit le hourd précédent. Entre 1953 et 1957, Sylvain Stym-Popper a dirigé une campagne de restauration des maçonneries et des toitures, au cours de laquelle plusieurs ouvertures dans les parties romanes et dans le mur ouest de la chapelle de Castillon ont été dégagées et mises en valeur. Enfin, entre 1973 et 1991, Bernard Voinchet a mené une seconde campagne, durant laquelle les terrasses nord ont été aménagées, et l'ensemble des parements intérieurs et extérieurs nettoyés et rejointoyés. Cette opération a entraîné la disparition du seul vestige de la voûte du vaisseau central roman, à savoir l'empreinte très légère du profil d'une voûte brisée sur le mur est du clocher, sous le niveau de la voûte actuelle.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, marbre, pierre de taille

Matériaux de la couverture

Ardoise

Typologie de plan

Plan allongé

Description de l'élévation intérieure

1 vaisseau

Typologie du couvrement

Voûte d'ogives ; voûte en arc-de-cloître ; voûte en demi-berceau

Typologie de couverture

Toit à longs pans, croupe polygonale, toit en pavillon

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

La description des parties romanes s'appuie sur un mémoire universitaire récent (Pilloix, 2014). Les parties gothiques sont décrites d'après la bibliographie la plus récente possible (dont Rocacher, 1996). L'ancienne cathédrale Notre-Dame de la Nativité est située dans la commune de Saint-Bertrand-de-Comminges, au sommet de la colline où se trouvent la majeure partie du village, à l'intérieur du tracé de l'ancien rempart. Le terrain exigu explique le plan ramassé de l'édifice, qui a dû s'adapter à l'espace disponible. L'entrée dans la cathédrale se fait par l'ouest, par une place en forte pente. Une terrasse a été aménagée au nord de la cathédrale, en contrebas du niveau de circulation de la nef et en surplomb sur la rue qui la longe au nord, et à laquelle on accède par un passage le long du mur gouttereau nord. Le mur de soutènement de cette terrasse est un des vestiges du palais épiscopal, incendié au 14e siècle, et remplacé partiellement par un couvent d'Olivétains au 19e siècle. Le cloître occupe un terrassement plus élevé entre le mur sud de la cathédrale et le rempart qui sert de soutènement. On y accède par deux portes : une moderne à l'ouest, et une seconde dans la troisième travée de la nef, où quelques marches rachètent la hauteur entre le niveau de sol du cloître et celui de la nef. La cathédrale domine le village, et la hauteur de son imposant clocher, accentuée par son emplacement, contraste avec la faible largeur de la nef (63 m de long pour 28 m au plus large, clocher de 43 m, hauteur sous voûte de 24 m). Un portail sculpté aménagé dans la façade occidentale est l'entrée principale, et ses profondes voussures occupent toute l'épaisseur du mur. Le plan se décompose en une nef unique de quatre travées dépourvue de transept, deux travées de choeur moins profondes et une abside à cinq pans aussi large que la nef. Sept chapelles à pans coupés ouvrent sur le choeur, ainsi que deux chapelles rectangulaires autour de la quatrième travée de la nef : la chapelle de Castillon au nord, et celle de Bernard de Cosnac au sud. La première travée a souvent été appelée "avant-nef" ou "narthex", à cause des très larges piliers à ressauts qui la séparent du reste de la nef. Ces derniers, avec la façade occidentale, servent de soubassement à la tour-clocher qui s'élève au-dessus. Cette première travée est la seule à comporter des collatéraux, bien moins hauts que le reste de la nef, qui flanquent la tour au nord et au sud. La grande nef gothique s'appuie contre le mur est du clocher en débordant de chaque côté. Le clocher est coiffé d'un hourd en bois, qui lui donne un aspect défensif, une fonction qu'il n'a jamais eu. Son parement a été entièrement refait au 19e, à l'exception d'une partie à mi-hauteur, où subsiste un appareil bichrome composé d'assises beiges et grises. Au nord, le mur gouttereau des trois premières travées, scandées de contreforts, est libre de construction. La limite entre murs romans et murs gothiques est bien visible : les maçonneries les plus anciennes sont conservées sur une dizaine de mètres de haut jusqu'à un glacis, d'où les murs gothiques s'élèvent en léger retrait du nu du mur, car ils sont plus minces que les murs romans. A chaque travée, une petite baie en plein-cintre à double rouleau et une haute fenêtre à remplage éclairent la nef. Percées de part et d'autre du glacis, elles indiquent clairement les deux phases de construction. Au nord de la quatrième travée, la chapelle de Castillon fait saillie. Son soubassement, qui rattrape la hauteur entre le niveau de sol extérieur et le niveau de sol de la nef, sert actuellement d'oratoire. La face nord de l'oratoire possède des vestiges d'aménagements antérieurs : quatre arcades brisées plaquées reposant sur des culots et des pilastres, surmontant une porte en plein cintre murée au niveau du sol actuel. A hauteur de la chapelle, le mur ouest présente d'anciennes ouvertures murées (un oculus, une baie en plein-cintre et un jour rectangulaire), qui témoignent d'un réemploi de cette maçonnerie par le maître d'oeuvre. Un arc-boutant de la nef s'appuie sur son arase, et un pan de maçonnerie le prolonge au nord, en coupant un des arcs brisés du soubassement. Ce mur est un vestige d'un bâtiment qui occupait la terrasse nord et disparu depuis, comme en témoigne notamment une fenêtre en partie haute privée dès lors de sa fonction. La chapelle elle-même est éclairée au nord par une grande fenêtre à remplages de type flamboyant et d'une rose. Au sud, seul le mur gouttereau de la première travée est dégagé, le cloître s'appuyant contre la cathédrale de la deuxième à la quatrième travée. Au-dessus de la galerie nord du cloître ont été aménagées la chapelle haute de Bernard de Cosnac, et deux pièces en enfilade qui servent aujourd'hui de trésor. La claire-voie a dû être remplacée par des piliers rectangulaires, sur lesquels retombent des arcs-boutants de la nef qui enjambent les salles hautes. A l'est et tout autour du chevet se déploie un ensemble de sept chapelles rayonnantes, qui correspondent chacune à une travée ou à un pan de l'abside. Elles sont séparées par des contreforts qui soutiennent la nef sur toute sa hauteur, et sont couvertes par une terrasse délimitée par une balustrade. Au-dessus de chaque chapelle, une fenêtre haute à remplage éclaire le choeur. A l'intérieur, la nef unique est introduite par une première travée dont l'organisation et le voûtement diffèrent du reste de l'édifice, car elle n'a pas été remaniée durant la reconstruction du 14e siècle. Sa partie centrale de plan carré est couverte d'une voûte en arc-de-cloître à huit nervures entourée d'arcs brisés à triple rouleau. Des piliers à ressauts multiples la séparent du reste de la nef et constituent les principaux supports du clocher. Les collatéraux sont voûtés en demi-berceau sur doubleau. A partir de la deuxième travée, la nef unique est couverte d'une voûte d'ogives qui retombent sur des faisceaux de colonnettes prismatiques partant de fond. Le chevet et sa travée droite sont rassemblés sous une voûte d'ogive octopartite. A la quatrième travée, deux chapelles s'ouvrent de part et d'autre de la nef. Celle du nord, surélevée par quelques marches, est la chapelle funéraire de Hugues de Castillon. Comportant deux travées, elle est couverte par une voûte d'ogives à liernes et tiercerons. Au sud, la chapelle de Bernard de Cosnac est une chapelle haute, construite au-dessus de la galerie nord du cloître. Ses deux travées sont couvertes d'une voûte d'ogives plus modeste. Les sept chapelles du choeur sont toutes à cinq pans, et voûtées d'ogives. Elles sont éclairées chacune par une fenêtre à remplage. En plus de la première travée, des portions de murs romans sont visibles de la deuxième à la quatrième travée de la nef dans la partie inférieure des murs gouttereaux : le maître d'oeuvre de la cathédrale gothique s'est servi de ces maçonneries comme soubassements pour les murs de la nouvelle nef. La séparation entre maçonneries romanes et maçonneries gothiques est matérialisée, de la même manière qu'à l'extérieur, par une moulure ; dans la première travée, cette moulure souligne la base de la voûte en demi-berceau des collatéraux. L'ouverture postérieure des chapelles de la quatrième travée a entraîné la disparition de la presque totalité du mur roman, qui est toutefois perceptible par petits morceaux le long des faisceaux de colonnettes. Au-delà de ces chapelles, aucun vestige roman n'est conservé en élévation. A l'exemple de la première travée, chaque travée du mur roman est partagée par une double arcature plaquée, qui retombe sur un pilastre couronné d'un chapiteau. Dans l'alignement de ce pilastre, au-dessus de l'arcature, se trouve un second pilastre reposant sur un culot, visible à la première travée où il reçoit le doubleau de la voûte, et à la troisième travée.

Technique du décor des immeubles par nature

Peinture

Indexation iconographique normalisée

Armoiries

Description de l'iconographie

Les armoiries de différents évêques sont peintes sur les clés de voûtes de la nef, elles sont décrites de l'ouest vers l'est. A la première travée, les armoiries de Hugues de Castillon : de gueules au château d'argent, ouvert et ajouré de champ, maçonné de sable. A la deuxième travée, les armes supposées de saint Bertrand : parti, au 1, de gueules à la croix vidée, cléchée et pommetée d'or, qui est de Toulouse, au 2, d'or au lion de sable. A la troisième travée, les armes de Jean de Mauléon : de gueules au lion d'argent (au lieu d'or). A la quatrième travée, les armes d'Adhémar de Saint-Pastou : deux écu de gueules à la cloche d'argent, de part et d'autre d'un agneau pascal. Dans l'abside, autour de la figure d'un évêque, les armes de Bertrand de Got : d'or à trois fasces de gueules, et de Scott de Linières : écartelé, aux 1 et 4 d'argent à trois coquilles de sable, aux 2 et 3 de gueules à la croix d'or.

Protection

Date et niveau de protection de l'édifice

1840 : classé MH ; 1889 : classé MH

Précision sur la protection de l'édifice

Ancienne cathédrale : classement par liste de 1840 - Cloître : classement par liste de 1889

Référence aux objets conservés

IM31001638, IM31002000, IM31002001, IM31002002, IM31002003

Intérêt de l'édifice

À signaler

Eléments remarquables dans l'édifice

Cloître ; choeur

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2001

Date de rédaction de la notice

2001 ; 2015

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Pilloix, Oriane

Cadre de l'étude

Dossier ponctuel

Typologie du dossier

Dossier avec sous-dossier

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cathédrale Notre-Dame actuellement église paroissiale Sainte-Marie
cathédrale Notre-Dame actuellement église paroissiale Sainte-Marie
(c) Inventaire général Région Occitanie
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