Description historique
En 1816, François Alluaud fils fonde cette usine de porcelaine qu'il exploite en association avec son frère Jean-Baptiste Clément sous la raison sociale Alluaud Frères. Appelée couramment l'usine des Casseaux, elle fut implantée sur ce site en raison de la proximité du port du Naveix, où arrivait par flottage le bois nécessaire aux fours. Après le retrait de Jean-Baptiste en 1823, François Alluaud s'associe entre 1839 et 1845 à ses fils Victor et Amédée, puis à son gendre Vandermarcq. Des extensions sont réalisées vers 1851, 1865, 1866 et 1870. Après la mort d'Amédée en 1872, et celle de Victor 4 ans plus tard, l'usine est reprise en 1876 par le mari d'une petite fille de François Alluaud, Charles Field Haviland, cousin germain des porcelainiers limougeauds Charles et Théodore Haviland. Malgré la modernisation des équipements, dont l'installation d'une machine à vapeur en 1879, et l'extension des locaux en 1878, il est contraint, face à la concurrence, de céder en 1881 son usine à la société Gérard Dufraisseix et Morel (G.D.M.) , à laquelle sont associés les héritiers Alluaud. En 1890 Morel quitte l'entreprise, qui, avec l'arrivée d'Edgar Abbot en 1900 prend le nom de G.D.A.. De nouveaux ateliers sont construits de 1901 à 1905. En 1949 la société porcelainière Céramine, spécialisée dans la fabrication de porcelaine pour l'industrie, occupe une partie des bâtiments, jusque dans les années 1970. En 1960 l'usine de porcelaine Lanternier quitte ses locaux de la rue Cruveilher pour s'installer sur le site des Casseaux. G.D.A. et Lanternier forment alors la Société Limousine de Gestion Porcelainière (S.L.G.P.) prise en gérance par Jean-Claude Delaygue, père de l'actuel directeur, Lionel Delaygue. Avec d'autres entreprises porcelainières, S.L.G.P. crée en 1972 une filiale au Dorat (87) , Doralaine. En 1989, S.L.G.P. devient la société Royal-Limoges. L'usine est touchée par deux incendies importants en 1981 et 2001, qui ont modifié profondément les bâtiments et les équipements. Un vaste atelier a été construit aux côtés des bâtiments anciens suivants : bureau, conciergerie et logement patronal de 1816, atelier de décors de 1878, bâtiments des fours du dernier quart du 19e siècle et ateliers de fabrication de 1901-1905. Un magasin d'usine a été installé en 2003, auquel doit être ajouté un musée d'entreprise en 2004.£L'usine est équipée dans un premier temps de 2 fours à globe, puis de 3 en 1841, de 5 en 1855, de 6 en 1864, pour atteindre le nombre maximum de 9 à la fin du 19e siècle. En 1859 une partie des fours au bois sont convertis à la houille. Leur capacité était estimée à 312 m3 en 1885, 415 m3 en 1870, 600 m3 en 1914, 770 m3 en 1925, 200 m3 en 1950. La mécanisation de la fabrication des assiettes au début des années 1870 entraîne l'installation d'une machine à vapeur.£L'usine emploie 181 ouvriers en 1841 dont 21 femmes et 22 enfants, 368 ouvriers en 1852 dont 62 femmes, 225 à 300 entre 1865 et 1870, 400 en 1873, 70 ouvriers décorateurs en 1895, 170 en 1914, 487 ouvriers dont 242 femmes en 1926, 100 salariés en 1980, 85 en 2003.