Description historique
Documents figurés : Le cadastre napoléonien (doc. 1) figure un édifice en retrait d'une cour à hémicycle, formé d'un corps central de plan allongé, flanqué de deux ailes en légère saillie.Sources :Les matrices cadastrales mentionnent un jardin de luxe et un jardin potager, ainsi qu´une maison et des bâtiments ruraux composant la ferme (étudiée). Le château est incendié en 1930. Il comprend alors écurie, remise et orangerie.A l'ouest du château, une maison est construite en 1848 pour la famille de Clermont-Tonnerre.Les recensements de population indiquent qu'en 1836, le château est habité par Amédée Marie de Clermont-Tonnerre (1781-1852), sa femme Henriette Vassinhac d'Imecourt et leurs six enfants, ainsi que Ferdinand de Clermont-Tonnerre (1807-1890), sa femme Virginie de Wignacourt et leur fille, enfin Gustave de Betz et sa femme Philippine de Clermont-Tonnerre. La domesticité comprend alors deux domestiques, lingère, cocher, précepteur et garde forestier.En 1851, y résident également les gendres d'Amédée Louis de Clermont-Tonnerre : Auguste de Landreville et sa fille, ainsi que Gaston de Gestas de Lesperoux et sa fille. Chaque famille dispose alors d'un logement indépendant et de domestiques particuliers. Amédée dispose toujours d'une domesticité plus importante, en partie liée à l'entretien du parc ; Ferdinand, alors maire de Bertangles, emploie un domestique, un précepteur et une institutrice.En 1872, c'est Amédée (1839-1924), fils de Ferdinand, qui occupe le château avec sa femme, ses quatre enfants, quatre domestiques et un cocher. En 1881 et jusqu'en 1911, il y emploie une institutrice allemande, une lingère, deux femmes de chambres (dont 1 allemande), une cuisinière allemande, enfin un maître d'hôtel et un palefrenier. Le cocher est désormais logé dans la ferme du château. En 1906, ses fils Fernand (1864-1930) et Louis (1877-1918) de Clermont-Tonnerre résident également au château avec leur famille. Sont également employés au château un concierge, un régisseur, un jardinier et deux gardes particuliers.Le château est ensuite signalé dans l'annuaire des châteaux et des départements, comme résidence d'été des comtesses Louis et Fernand de Clermont-Tonnerre, jusqu'en 1935.Travaux historiques :Selon A. Goze (1849), le château est rebâti dans le 1er tiers du 18e siècle ; la propriété qui s´étend sur plus de 147 hectares, comprend alors un pourtour aménagé en jardin anglais, une faisanderie et une enceinte pour les chevreuils. La terre est érigée en marquisat en 1829.Selon le Dictionnaire historique et archéologique de Picardie (1919), le château est reconstruit de 1730 à 1732, à l'emplacement du manoir brûlé par les Espagnols, en 1597 et dont il ne subsiste que le portail, desservant actuellement la ferme.Selon l'inventaire topographique réalisé en 1997 par J. Förstel et S. Platerier, la seigneurie est mentionnée dès le 12e siècle. Il ne reste aucun vestige du château médiéval ni de celui qui fut reconstruit au 16e siècle et brûlé par les Espagnols en 1597. Du château reconstruit au 17e siècle, il subsiste le portail portant la date 1625, qui donne aujourd'hui accès à la ferme du château.De 1730 à 1734, le comte Louis Joseph de Clermont-Tonnerre fit édifier un nouveau château de style Régence. Les plans en ont été attribués à Germain Louis Boffrand, qui aurait confié l'exécution des travaux à un élève de son atelier Antoine Verno ou Verlo. En grande partie détruites lors d'un incendie qui ravagea le château en 1930, les boiseries intérieures, à la capucine, sont l'oeuvre du sculpteur François Cressent. Elles ont été reconstituées à l'identique de 1930 à 1934, par André Mailfert. Une grille d'honneur, exécutée au 18e siècle par Jean-Baptiste Veyren, dit le Vivarais, pour le château d'Heilly, est installée en 1840.