Description historique
La fondation du prieuré bénédictin de Champdieu est placée par les historiens au 9e ou au 10e siècle (Carcel, 2004) , bien que la première mention fiable du <<I>>conventus Sancti Sebastiani de Candiaco<</I>> remonte à 1212 (charte du Forez n° 1319). Ce prieuré dépendait de l'abbaye de Manglieu (Puy-de-Dôme) , fondée dès le 7e siècle, dont il reprenait le vocable. Les parties les plus anciennes des bâtiments en élévation, la crypte de l'église et les façades des bâtiments conventuels, sont datées de la fin du 11e siècle.£L'abbaye de Manglieu conservait depuis la fin du 9e siècle les reliques de saint Domnin (enfant martyr d'Avrillée, en Vendée) ; en 1143 ces reliques sont partagées entre la cathédrale du Puy-en-Velay et l'église de Champdieu, qui prend à ce moment, ou un peu avant, ce saint comme second vocable. L'arrivée des reliques de saint Domnin marque une phase de travaux importante pour le prieuré, avec en particulier l'achèvement des parties hautes de l'église.£Dans le 3e quart du 14e siècle, dans le contexte troublé de la guerre de Cent ans et des bandes de mercenaires qui parcourent le Forez, le prieuré est fortifié par la surélévation des absides de l'église et l'adjonction de tourelles d'angles et de mâchicoulis sur les murs des bâtiments conventuels.£A partir de la fin de la 1ère moitié du 15e siècle, le prieuré connaît une seconde campagne de travaux importants, menés par un prieur inconnu, probablement de la famille de La Perrière, puis les prieurs Pierre de la Bâtie (1450-1505) et Antoine de Saint-Priest (1505-1535). Ces travaux sont marqués par l'adjonction d'un clocher-porche et d'une chapelle à l'ouest de l'église, et par une restructuration des bâtiments conventuels, leur aménagement et leur décor, pour satisfaire aux nouvelles exigences de confort de la fin du Moyen Âge : grandes fenêtres à coussièges, larges escaliers en vis, cheminées monumentales.£En 1695, le prieuré, qui ne compte plus que deux religieux, est réuni au séminaire Saint-Irénée de Lyon. A la Révolution, les bâtiments sont divisés en lots et vendus comme biens nationaux. L'église redevient paroissiale en 1808 ; elle est classée MH en 1886. A partir de 1910, la commune entreprend le rachat des bâtiments conventuels du prieuré, classé en 1914. D'importants travaux de restauration menés dans la 2e moitié du 20e siècle (en particulier la reconstruction de deux galeries du cloître) donnent aux bâtiments leur aspect actuel.