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POP | Plateforme ouverte du patrimoinePhilosophe
Philosophe

Référence de la notice
M0809005299
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
5 janvier 2009
Date de mise à jour
1 décembre 2021
Rédacteur de la notice
Luc CAMINO ; Bénédicte OTTINGER
Crédits photographiques
© Christian Schryve, Compiègne
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
A.00.6.15
Domaine
Dénomination
Titre
Philosophe
Auteur
Précisions sur l'auteur
Naples, 1632 ; Naples, 1705
École (pays)
Italie
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1660 vers
Historique
Dans la donation de Jacques Reyre à la ville de Senlis en 1934, ce tableau intitulé Vieil ermite à la mouche était considéré comme une école espagnole du XVIIe siècle. Son attribution au peintre napolitain Luca Giordano remonte à l'ouvrage de Brejon de Lavergnée et Volle, Répertoire des peintures italiennes des musées de France en 1988, qui le publie pour la première fois alors que l'oeuvre n'est pas encore restaurée (elle le sera en 1991). Oreste Ferrari qui a établi en 1992, le catalogue des oeuvres de Luca Giordano ne le répertorie pas. En revanche, Stéphane Loire, dans son Catalogue des Peintures italiennes du musée du Louvre paru en 2006, le mentionne dans la longue liste des peintures en rapport avec la série des quatre philosophes de Giordano conservée au Louvre et attribuée à Juseppe Ribera jusqu'en 1908. Cette attribution n'avait rien d'absurde puisque le peintre espagnol peignit dans les années 1620 des philosophes de l'antiquité sous l'aspect de personnages pauvres et âgés. Quant à Giordano, ses débuts sont marqués par Ribéra qui fut son maître. Selon S. Loire, la première phase ribéresque de son oeuvre s'achève au milieu des années 1650, mais des philosophes ont pu être peints jusqu'à la fin de cette décennie. Ces portraits de philosophes, nombreux au XVIIe siècle, ornaient sans doute les cabinets d'étude. L'identité de notre philosophe n'est pas établie à ce jour, bien qu'on reconnaisse parfois en lui Héraclite (Pinette, Soulier-François, 1992, p. 84). Seuls des attributs ou actions spécifiques aident à distinguer les personnages représentés (Caton se suicidant). Comme l'indique Stéphane Loire, nous avons à faire à des figures générique de 'mendiants-philosophes' ou de 'philosophes-scientifiques' (alchimistes, astrologues, mathématiciens...). Le rouleau ne permet pas dans le cas présent de donner un nom à ce vieillard de profil. En revanche, la mouche posée sur la joue du modèle constitue l'une de ses particularités. André Chastel a étudié les différentes significations de cet insecte (Musca Depicta, 1994) à la fois sur le plan formel (effet d'illusion) et symbolique (l'agitation vaine de la mouche semblable à celle des hommes). Il mentionne le portrait d'un chartreux par Petrus Christen, comme l'une des plus anciennes représentations de mouche dans la peinture. Au XVIIe siècle, il rappelle que les mouches sont très présentes dans les natures-mortes, mais ont quasi disparu des portraits, à l'exception du Vielleur de Georges de La Tour. On pourrait éventuellement être tenté de reconnaître ici Lucien de Samosate (rhéteur et satiriste de Syrie, qui écrivait en grec, v. 120-mort après 180) qui publia près de 80 livres, dont un Eloge de la mouche qui se présente comme un exercice de rhétorique chargé d'ironie. En 1997, une autre version inédite de notre tableau, appartenant à la collection Vianelli de Chioggia à Venise, nous était signalée par une étudiante italienne, Elisa Turlon.
Localisation
Senlis ; musée d'art et d'archéologie