Mesures
H. 34,7 cm ; l. 27 cm ; P. 0,4 cm ; Vol. 0,0004 ; H. 50 cm ; l. 41,2 cm ; P. 6,5 cm ; Vol. 0,0134 (cadre)
Précisions sur les inscriptions
"Boldini" en bas à gauche à la peinture noire ; "don de Madame M." au revers ; grand cartouche en bois doré chantourné sur le bord inférieur du cadre « Jean Boldini / Portrait de Mme M. »
Description
peinture de nature huileuse sur panneau d'une seule planche peint double face ; couche picturale sur préparation non discernable ; matière plutôt fine et couvrante ; touches vigoureusement brossées ; quelques rehauts de matière sur chapeau, manches ; vernis hétérogène avec matités et brillances ; au revers, esquisse de femme nue allongée bras étendu sur un divan
Précisions sur le sujet représenté
Brillant, spirituel, enlevé, le portrait de Jane Margyl, est représentatif de ce Paris fête de la Belle Epoque illustré de façon éblouissante par Béraud, Forain, Helleu ou Boldini. Sous les graves lambris d’un salon aristocratique ou bourgeois, à l’atmosphère feutrée, compassée et retenue restituée dans un camaïeu de gris, est assise la cantatrice Jane Margyl, élégante et parée, déjà célèbre pour ses interprétations de la 'Princesse au sabbat' de Jean Lorrain, de Cavalleria Rusticana, de 'La Carmélite' de Reynaldo Hahn, d’'Hérodiade' de Massenet à La Gaîté ou de 'Dalila' à l’Opéra et recherchée comme d’autres actrices, gens d’esprit et autres demi mondaines faisant la mode pour donner le ton aux jours de réception d’une société choisie. Boldini a brossé sa composition à touches vigoureuses et hardies et confisqué son égérie en toilette de ville dans des tonalités discrètes de gris et noirs qui semblent au premier abord souligner la parfaite intégration au grand monde de cette femme en vue, tout comme son visage impassible. Il a cependant et simultanément dynamité cette vision toute de convenance et d’affectation en prêtant à sa belle invitée un corps sortilège, un corps étreinte, qui épanche ses grâces toutes en girations, en caprices et en fantaisie. Nacrée, opalescente, poudrée de rose, Madame Margyl égrène ses charmes comme une caresse ou une volupté et apparaît comme une orbite de plaisir qui abolit la société codifiée de la IIIe République et souligne l'érotisation des rapports sociaux.
Jeanne Clémence Floriet dite Jane Margyl, mezzo-soprano : Paris, 1874- Deauville, 1907