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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineSalem, nègre du Soudan
Salem, nègre du Soudan

Référence de la notice
08120017863
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
23 mai 2017
Date de mise à jour
23 février 2026
Crédits photographiques
© cliché Marc Jeanneteau - Musée de Picardie
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
M.P.Sc.147
Domaine
Dénomination
Titre
Salem, nègre du Soudan
Précisions sur l'auteur
LOISEAU-ROUSSEAU : Paris, 1861, avril, 20 ; Paris, 1927 ; nationalité : Française
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1897
Historique
Exposé au Salon de 1897, le buste de Salem, nègre du Soudan, de Paul Loiseau-Rousseau (1861-1927) s'inscrit dans la continuité des oeuvres à dimension anthropologique qui eurent beaucoup de succès dans la seconde moitié du XIXe siècle sous l'impulsion principalement de Charles Cordier. Charles Cordier (1827-1905), dont le musée possède les bustes du Maréchal et de La Maréchale Randon (1856) est considéré en effet comme le pionnier de la sculpture ethnographique, en témoigne la célèbre série des bustes qu'il réalise pour la galerie d'anthropologie du musée de l'Homme, après avoir connu une révélation esthétique lorsqu'il croise dans l'atelier de son maître François Rude, en 1847, un ancien esclave soudanais affranchi devenu modèle professionnel. Ce choc esthétique est le point de départ de nouvelles pratiques, mêlant les matériaux composites, jouant de la couleur des matières afin de représenter le plus fidèlement possible les types ethniques selon la pensée scientifique de l'époque. Moins connu que son illustre prédécesseur, Paul Loiseau-Rousseau, qui exposa régulièrement au Salon à partir de 1886 et obtint une bourse de voyage en 1892 qui lui permit de se rendre en Afrique à plusieurs reprises, est pourtant le digne émule de Cordier. Avec Salem, nègre du Soudan, l'artiste fait preuve d'une grande précision anatomique et utilise le contraste entre d'une part la blancheur et la rondeur du marbre et d'autre part la finesse du bronze, accentuant ainsi la noblesse conférée à ce portrait. Le baron de Rothschild acquiert ce buste à l'issue du Salon pour l'offrir au musée de Picardie, considéré alors comme l'un des plus prestigieux musées du XIXe siècle et qui renferme déjà dans ses collections une tête d'étude orientaliste de Charles Carolus-Duran, Un Soudanien (1887), le peintre ayant accepté de se dessaisir de la toile pour une somme modique afin qu'elle puisse entrer dans les collections publiques amiénoises. L'orientalisme au musée de Picardie se fera encore plus présent dans les salles de sculpture avec l'achat en 1903 par la Commission du Musée du Porteur d'eau africain, 1901 de Georges Henri Guittet (1871-1902) dont le modèle en plâtre avait été présenté lui aussi au Salon de 1897. Notice de Catherine Renaux, 2015
Localisation
Amiens ; musée de Picardie