Historique
Caterina Benincasa (Sienne, 1347 - Rome, 1380) entre dans l'ordre des dominicains à seize ans. Elle se distingue par son mysticisme et sa volonté de vivre dans l'ascèse ; comme saint François elle reçoit les stigmates (en 1375). Elle s'illustre dans sa lutte contre le Grand Schisme et la division de l'Eglise. Canonisée en 1461, elle est la patronne de l'Italie. La sainte apparaît de profil, vêtue de l'habit blanc des dominicains, priant avec ferveur devant un crucifix. Sa tête est ceinte d'une couronne d'épines, à l'image du Christ, et un rosaire est attaché à sa ceinture. Auprès d'elle sont posés les instruments de sa méditation : un crâne et trois livres, dont l'un, ouvert, est sans doute une version des Dialogues de la Divine Providence, ouvrage dicté par la sainte à ses secrétaires et évoquant ses conversations avec Dieu (achevé en 1378, l'ouvrage ne fut publié qu'en 1496). Ce tableau pourrait être, selon Miles Chappell, une réplique autographe d'après la Sainte Catherine de Sienne en prière, peinte par l'artiste et conservée à Dallas, à la Southern Methodist University. Cette attribution a été confirmée par Arnauld Brejon de Lavergnée (cat. exp. Avignon, 1992) et à nouveau récemment par Chappell en 1999 (com. écrite). La qualité de la facture du tableau d'Amiens, en particulier dans la nature morte, conforte cette hypothèse. Le tableau de Dallas, dont il existe d'innombrables copies anciennes, a été longtemps attribué à Francisco de Zurbaran (Fuente de Cantos, 1598 - Madrid, 1664), ce qui était aussi le cas de la version d'Amiens et des copies de Devon, Madrid, Palencia (les copies de Naples et Paris étant attribuées respectivement à Andrea Vaccaro et Domenico Fetti). M. Chappell a produit un dessin préparatoire par Allori pour le visage de la sainte, conservé au musée des Offices. Il a avancé que cette effigie de Sainte Catherine a pu être créée en pendant d'un Saint François en prière, dont il a identifié différentes versions (Florence, San Michele Visdomini ; Arezzo, Casa Vasari ; Rome, Galerie Borghese). Notice de Matthieu Pinette ;
en rapport avec : Sainte Catherine de Sienne en prière, Etude pour le visage de saint Catherine de Sienne ; M. Chappell (cat. exp. Florence, 1984, n° 15.2) mentionne plusieurs copies ou répliques d'après Allori, conservées à Lubscombe Castle, Devon ; Florence, musée des Offices (inv. 1890-7126 ; 42 x 34) ; Lichtenstein, Schloss Vaduz ; Londres, Sotheby's, 13.12. 1978, n° 180 ; Madrid, Marchese de Miranda, Casa di Lope de Vega, Beraldo de Gorros ; Naples, Palais royal ; New Orleans, Mc Bride Galleries ; Art Gallery of Ontario (copie par A. Plamondon, 1840) ; Palencia, cathédrale ; Paris, Saint-Etienne-du-Mont. Esther Moench-Scherer (cat. exp. Avignon, 1992) cite également une peinture à Madrid (collection Borbon). Ajoutons enfin les copies de L'église Santa Maria Sopra Minerva à Rome et de l'église de Baye (Marne), sans évoquer celles conservées dans diverses collections privées.