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POP | Plateforme ouverte du patrimoineVilleneuve-lès-Avignon : la Vierge en ivoire (XIVe siècle)
Villeneuve-lès-Avignon : la Vierge en ivoire (XIVe siècle)

Référence de la notice
04640036293
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
28 janvier 2020
Date de mise à jour
28 juillet 2022
Crédits photographiques
© Villeneuve-lès-Avignon, musée Pierre-de-Luxembourg / Jean-Luc Maby
Identification du bien muséal
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1310 ; 1330
Historique
La Vierge en ivoire est mentionnée pour la première fois dans l'inventaire révolutionnaire. Cet "objet sans valeur" se trouvait alors dans les combles du clocher de la collégiale. Certians pensèrent que la statue avait été offerte à cette église par son fondateur, le cardinal Arnaud de Via, qui se serait adressé à un sculpteur maure converti...La statuette est sculptée dans l'extrémité d'une grande défense d'éléphant, qui lui donne sa courbure. La Vierge au torse très allongé est assise sur un riche trône orné d'arcatures à gable, surmontées d'une bande de quadrilobes. Elle est coiffée d'un voile court retenu par une couronne ; sa robe est serrée par une ceinture ; elle est couverte par un ample manteau dont la polychromie claire a été reprise à une date inconnue en une tonalité plus sombre, plus sourde. Il ne faut pas confondre cette dernière avec les feuillages peints qui masquent les fentes de l'ivoire comme sur les vierges contemporaines de Londres et d'Assise. De sa main gauche, elle soutient l'Enfant Jésus debout sur son genou. Vêtu d'une longue chemise, celui-ci joue avec la cordelière du manteau de sa mère. Peut-être son autre main (refaite en bois) tenait-elle une pomme comme sur les statues semblables, tandis que celle de la Vierge présentait une fleur. Marie écrase un monstre sous son pied ; elle reste la "Femme" de l'Apocalypse qui triomphe de l'esprit du mal. Par l'agencement des plis en V profondément creusés au niveau des genoux et l'élongation du torse, la Vierge en ivoire se rattache à la production des ivoiriers parisiens des années 1320-1330. Son drapé, certains traits du visage (un nez long et fin, une bouche mince) et la tendance au maniérisme l'éloignent comme la statuette de la collection Wernher du British Museum, de la tradition du style monumental des ateliers parisiens de la fin du XIIIe siècle et du début du siècle suivant. L'oeuvre exprime un sentiment de grâce juvénile et une spiritualité intérieure. La mère du Christ n'est plus la dame de majesté lointaine de l'époque romane mais une belle dame dont la beauté traduit la noblesse de la destinée. Elle écoute avec douceur la prière de celui qui l'implore, prête à intercéder pour lui auprès de son Fils.
La base "The gothic ivories project" du Courtauld Institute of art de Londres propose en ligne une notice complète sur la Vierge en ivoire de Villeneuve-lès-Avignon.
Localisation
Villeneuve-lès-Avignon ; musée Pierre-de-Luxembourg