Description historique
Oeuvre confiée au peintre Alexis Marie Louis Douillard (1835-1905), dans le cadre des importants travaux de restauration de l'église cammandités par la famille Darblay, riches industriels essonniens (travaux extérieurs à partir de 1861, intérieurs à partir de 1895-1896 sous la gouverne de l'architecte Louis Vollant, président de la fabrique et gendre du commanditaire). Alexis Douillard, peintre d'histoire spécialiste des grandes compositions religieuses et de la peinture dite de genre, élève de Flandrin et de Gleyre, exposa au Salon des artistes vivants de 1861 à 1881 ; il fut entre autres l'auteur du Couronnement de la Vierge, de la Cène et de saint Joseph (scènes de chevet de l'abbaye Saint-Julien à Tours, 1868-1895), de la Décollation de saint Paul (chapelle des Barnabites à Paris), de la Mort de saint Louis (église Saint-Louis de Paimboeuf) ou encore du Voeu de Mgr Fournier en 1871 (église Saint-Donatien-Saint-Rogatien à nantes, 1882). Il réalisa aussi un Christ en croix (église Saint-Merry de Linas). Belle facture et caractère rare des peintures monumentales de cette nature en Essonne à l'exception de la fresque de François Zbinden (1871-1936) dans la basilique Notre-dame-de-Bonne-Garde à Longpont-sur-Orge. Notice historique sur l'église Saint-Germain, 1897 : [...] le choix du sujet a lui-même donné lieu à quelques hésitations ; il était limité par la disposition même de l'autel. On ne pouvait placer au centre le ou les personnages essentiels ; ils eussent été masqués par l'exposition qui s'élève au-dessus du tabernacle. La nature même de la scène qu'il fallait représenter devait permettre à l'artiste de se conformer à ces exigences. La Multiplication des Pains ou le Sermon sur la Montagne, se prêtait particulièrement à cette disposition. Pour ce motif et d'autres encore, ce sujet a réuni tous les suffrages. On ne pouvait faire un choix plus heureux pour la décoration d'une église de la Brie, un de nos greniers d'abondance. L'exécution de cette peinture a été confiée à M. Douillard ; c'est dire l'importance qu'attachaient à cette oeuvre ceux qui, ayant entrepris la restauration de l'église Saint-Germain, voulaient terminer dignement ce travail. [...] les tons souples et l'ensemble traité à la manière d'un frottis, [que] la façon dont le peintre a compris les effets de perspective donnent à ce travail le caractère bien accusé de peinture murale. La même préoccupation se retrouve dans les couleurs sobres du ciel ; ici, tout en laissant à son oeuvre une allure franchement orientale, M. Douillard a su éviter certains effets de transparence peu compatibles avec la nature du fond. [...] l'heureuse disposition des principaux personnages et des groupes. [...] des précautions spéciales ont été prises pour éloigner les moindres traces d'humidité de l'enduit sur lequel la toile doit être marouflée [...].