Lieu de création
lieu d'exécution : Limousin, 19, Aubusson, manufacture
Description historique
Cette tapisserie provient de la manufacture d'Aubusson (immatricultation G1472) et a pour éditeur l'atelier de Suzanne Goubely. D'après le centre de documentation d'Aubusson, l'oeuvre a été réalisée en 1955. La galerie La Demeure loue la pièce à la ville de Juvisy à titre de décor monumental lors de l'inauguration de la salle des fêtes en 1957. La ville achète définitivement l'oeuvre en 1960 quand la galerie lui trouve des acquéreurs sérieux menaçant la ville de perdre l'objet. La tapisserie n'est plus exactement à son emplacement d'origine car elle a changé de mur-support : lors de l'inauguration, l'oeuvre était suspendue dans le foyer, au-dessus des portes ouvrant sur la salle de spectacle, comme une invitation à une rêverie créatrice. Mais l'abaissement du plafond, occasionné par l'isolation du local, réduisant la hauteur du panneau mural, l'oeuvre fut transférée durant les années 1970 ou 1980 sur le mur méridional où elle se trouve toujours. Aucun témoignage ni document - que ce soit aux Archives d'Aubusson, chez l'artiste, aux Archives municipales ou départementales - ne permet aujourd'hui de justifier l'intérêt alors porté par la municipalité de Juvisy à l'oeuvre de Jean Lurçat sinon, peut-être, une certaine convergence politique entre une municipalité de gauche et un compagnon de route du Parti communiste. On notera également que l'architecte de la salle des fêtes était Paul Ohnenwald et que la directrice artistique de la galerie La Demeure, qui proposa à la ville l'acquisition, d'appelait Denise Majorel-Ohnenwald (source : Antoine Lebas). Jean Lurçat (1892-1966) a exécuté des cartons de tapisserie à partir de 1917.Dans les années 1930, la manufacture s'adapte à la création contemporaine. Alors que les maîtres-lissiers travaillaient avec une multitude de couleurs, Lurçat adopte le parti d'utiliser un nombre restreint de couleurs (quatre au total) dont la stabilité à la lumière est assurée. Sa palette se limite ainsi à six dégradés de jaune, cinq de gris, bleus dérivés de l'indigo, rouges, verts, six coloris bois, un noir, un blanc. Lurçat opte également pour deux tons de fond exclusivement. Au lieu de réaliser un carton peint, il se contente de dessiner les contours et d'indiquer les coloris par une numérotation de 1 à 44. Il en résulte des oeuvres aux coloris francs et chatoyants dont ce jardin des poètes est un brillant exemple. Cette oeuvre est particulièrement représentative de l'engagement de ce renouveau de la tapisserie engagé par Jean Lurçat et continué par Picart-Le-Doux.