Description historique
Maximilien Quantin, en 1868 (Répertoire archéologique du département de l'Yonne, col. 76-77) signale « au-dessus du maître-autel, trois bons tableaux de Jeaurat, représentant,
- le premier, Abraham offrant des présents au grand-prêtre Melchisédech ;
- le deuxième, Le sacrifice d'Abraham ;
- le troisième, La fuite d'Agar. (tableau disapru après 1906).
L'inventaire de 1906 (arch. dép. Yonne, V182) mentionnent au "chapitre 1er, dans le sanctuaire, n° 1 : un autel en bois dont le tabernacle est fermé ; trois tableaux peints sur toile, encadrés."
Ce tableau, le sacrifice d'Abraham, aurait été donné à l'église par l'abbesse de Crisenon dame de Lucy-sur-Cure.
Une plaque commémorative de la bénédiction et pose de la première pierre du chœur en 1760 est scellée dans le mur extérieur du chevet de l'église de Lucy-sur-Cure. L'évènement est relaté dans les registres paroissiaux au 1er août 1760 et cette première pierre a été posée par Madame de Senevoy, abbesse de Crisenon et en cette qualité dame de Lucy (BMS 1700-1760, vue 283). Et la même année, les registres paroissiaux mentionnent le baptême de la première cloche par la marraine Madame de Senevoy (BMS 1700-1760, vue 284).
On peut supposer, en conséquence, que les tableaux du cycle d'Abraham sont arrivés dans l'église de Lucy-sur-Cure à cette occasion, c'est-à-dire vers 1760-1770. L'attribution à Étienne Jeaurat qui vient de livrer ses deux tableaux à Vermenton (1752-1753) reste donc possible.
En 2011, ce tableau, couvert de chancis mais qui semble intéressant, est difficilement identifiable. La présence d'un corps nu, vêtu simplement d'un pagne, courbé devant un autre personnage avait laissé penser qu'il s'agissait d'un Baptême du Christ. Le tableau a été déposé avec précaution
avant la fin du montage de l’échafaudage, puis posé sur une planche de bois, transporté sur cette civière dans le chœur, posé sur des cales placé sur l’autel face aux fidèles et protégé par une planche en contre plaqué rehaussée à l’aide de cales.
En 2015, ce tableau est toujours posé à plat sur des tréteaux au fond de l'église, protégé par une planche et recouvert d'une couverture. Quelques détails comme la présence d'un grand couteau tenu par un personnage barbu et un ange semblant retenir le bras meurtrier ne fait plus de doute :
il s'agit bien du Sacrifice d'Abraham qui est vraisemblablement de même qualité et du même auteur de la Rencontre d'Abraham et de Melchisédech (PM89004822).
(source : extraits notice Anne-Bénédicte Clert, CDAOA de l'Yonne, novembre 2017)