Description historique
L'élément automoteur de banlieue Z 5119 est l'unique représentant 1500 Volts en état de marche d'une série représentant la première commande de matériel automoteur passée par la SNCF à la sortie de la seconde guerre mondiale (Z 5101 à 5154) et livré de décembre 1953 à 1956. Une deuxième sous-série (Z 5155 à 5182) est livrée jusqu'en 1963. L'étude en est assurée par la Division d'Etude de la Traction Electrique (DETE) de la SNCF à laquelle ont peut associer des noms célèbres comme Fernand Nouvion, Marcel Garreau et Ange Parmentier tous acteurs du record du monde de vitesse sur rail en 1955.
Ces éléments automoteurs devaient résoudre certains nouveaux problèmes de l'après guerre : réaliser un emmarchement mixte pour quai bas et quai haut ; fournir de hautes accélérations et rouler à 120 km/h ; être garé n'importe où la nuit sans précautions particulières. Pour leur construction en acier inoxydable le procédé de la soudure par point Budd-Shotweld, du nom de son inventeur l'industriel américain Edward Gowel Budd, fût utilisé. Cette technique déjà adoptée par l'entreprise Carel Fouché sur les automotrices Z 3700 des Chemins de Fer de l'Etat en 1937 et reprise pour la SNCF sur les Z 5100, allait ouvrir une ère moderne de construction des matériels futurs tels que les automotrices Z 5300-6100-6300-6400, rames RIB-RIO-RRR, voitures DEV inox et TEE inox. Cette technique extrêmement solide fut abandonnée au milieu des année 1990 car ne répondant pas aux critères actuels de sécurité passive. L'une de ces automotrices, la Z 5168, fut présentée au pavillon des transports terrestres lors de l'exposition universelle de Bruxelles en 1958. La sauvegarde de la Z 5119 fait suite à un train spécial d'adieu organisé en octobre 1997 par un groupe de cheminots, soutenus par le COPEF, entre Paris et Le Mans.
Après constitution d'une petite équipe majoritairement cheminote au sein de l'association, la SNCF accepte dès 1998 de confier deux de ces automotrices afin de former un élément complet en ne gardant que les véhicules présentant le meilleur état possible après leur radiation à la fin de cette même année. La première caisse (ZBD 5119) en provenance du dépôt de Saint-Pierre des Corps rejoint le site des Aubrais en juillet 1999. Les deux caisses suivantes (ZRBz 25137 + ZRABx 15149) sont acheminées en novembre 2000. La composition de l'élément de base à restaurer est la suivante : ZBD 5119 + ZRBz 25137 + ZRABx 15149. Un véhicule garé en bon état non proposé au classement (ZRBz 25143) est modifié en local atelier-pièces détachées. Ce dernier présente l'avantage de pouvoir s'insérer dans la composition de l'élément en cas de déplacement vers un autre site. Les caisses construites par le procédé Budd sont l'oeuvre des Etablissements Carel Fouché et Cie à Gaillon-Aubevoie aujourd'hui disparus. Les bogies ont été construits par les Forges et Ateliers du Creusot. Ces bogies inspirés du type Pensylvania sont d'une conception que l'on ne retrouvera sur aucun autre matériel. Les moteurs proviennent de la Société Schneider-Westinghouse (SW). L'appareillage électrique provient des Forges et Ateliers de Construction Electrique de Jeumont. Ces deux constructeurs regroupés avec la SFAC du Creusot concernant les bogies constituent à cette époque la société le Matériel de Traction Electrique (MTE), le concurrent français d'Alsthom. Les premiers travaux représentant près de 1200 heures de travail étalées sur la période 1999-2005, ont motivés la signature d'une convention de mise à disposition signée en décembre 2005 entre la SNCF et le COPEF pour une durée de dix ans renouvelable. (Source : Gilles Fraudin).
Cette automotrice, en acier inoxydable, a représenté, à son époque, une avancée technologique considérable. Premier matériel automoteur électrique moderne de l'après-guerre, elle a assuré la desserte des banlieues Ouest et Sud-Est de Paris, de sa construction dans les années 1950 jusqu'à sa mise hors service, au milieu des années 1990. Les véhicules ferroviaires de cette génération se signalaient aux usagers par leur ligne soignée et leur caisse en acier inoxydable, soudée selon un procédé spécifique. Leur résistance à la corrosion dispensait de les peindre, ce qui facilitait d'autant leur entretien. De cette importante série ne subsistent plus que les trois caisses aujourd'hui localisées à Fleury-les-Aubrais. Une association formées d'anciens cheminots veille à les maintenir en état de marche. Grâce à sa vigilance, leur état de conservation est parfait, y compris l'aménagement intérieur, préservé jusque dans les moindres détails. Il s'agit d'un élément emblématique du transport ferroviaire et de la vie quotidienne de la seconde moitié du XXe siècle. (Source : Gilles Blieck).
Les Z 5100 sont conçues, dès leur origine, pour les omnibus de banlieue et, par ailleurs, marquent le renouveau du rail français après l'occupation allemande et les destructions des bombardements alliés préalables de l'Entre-deux-guerres, voire du début du XXe siècle. Il semble qu'à l'origine, l'intérieur des caisses était peint en vert d'eau, du moins pour la partie 2e classe (avant 1956). Par ailleurs, les banquettes de 1ère classe étaient garnies de tissu écossais. Suite à la sortie de matériels plus récents, à partir des années 1980, cette série d'automotrices a quitté la banlieue parisienne pour effectuer les navettes d'Orléans-Les Aubrais et de Tours-Saint-Pierre-des-Corps ainsi que des services omnibus en région bordelaise et toulousaine. (Source : Luc Fournier).