Description historique
Oeuvres non datées, provenant de la sépulture de Robert de Courtenay, mort en 1279 (découverte en 1937). La première sépulture découverte par le chanoine Chenesseau se trouvait à l'intérieur d'un sarcophage de pierre trapézoïdal de 192 cm de longueur interne, pourvu d'un couvercle à trois pentes attribué au VII-VIII ème siècles. De corps, ne restaient que des ossements à l'état pulvérulent, à l'exception de la tête d'un fémur teinté de violet. Subsistaient également de nombreux fragments de vêtements liturgiques, visibles sur les photographies prises pendant les fouilles et décrits dans les termes suivants par l'abbé Brun (1979, fig. 2-5 et p.131). « L'évêque était vêtu de grandes chausses de drap feutré prenant le pied, la jambe, le bassin, sur lequel on lui avait passé ces caliges liturgiques (tissu à ramage) et ses sandales (bandes assemblées) ; par-dessus, une longue robe en « camocas » de soie, ornée dans le bas d'un large galon pseudépigraphe et aux poignets d'un ruban soie-et-or finement tissé. Brochant sur le tout, la chasuble très ample, d'un tissu de soie à motifs brochés : une ligne de petits griffons, une ligne de petits aiglons et une ligne de chiens acculés, séparées les unes des autres par des lignes de petits groupes de trois points 2 et 1. La mitre, complètement effondrée, était à peine discernable et certainement irrécupérable. Les gants avaient disparu, mais il en subsistait deux médaillons brodés, l'un d'or et l'autre d'argent, ce dernier portant quelques lettres que nous n'avons pu assembler pour leur trouver un sens. L'ensemble des tissus avait viré à la couleur havane, mais devait être violet à l'origine, et surtout broché d'or, au témoignage des fils qu'on put tirer de petits fragments informes après une longue macération dans l'eau. Outres ce qu'on a pu sauver des vêtements, lesquels tombaient en poussière au moindre contact, cette sépulture livra la crosse d'évêque (volute de cuivre doré et ciselé, haste de bois avec embout de métal), son calice et sa patène d'argent avec rehauts d'or, son anneau pastoral d'un diamètre exceptionnellement étroit, orné d'une fine émeraude en losange, enfin une boucle de ceinture en fer. » Cette sépultures se trouvait dans les couches du XIII ème siècle du sous sol de la cathédrale, une période en correspondance avec le calice et sa patène qui furent attribués par Marquet de Vasselot à la seconde moitié du même siècle (Chenesseau, 1938, p. 91). La crosse est en cuivre ciselé et doré, décorée de feuillages naturalistes très courants à cette période fut considérée comme exceptionnelle à la fois par la forme de sa volute et par l'emploi de la technique de motifs de cuivre soudés, laquelle ne fut connue qu'à partir du XIV ème siècle (ïbid. ; Paris, 1965, n°190). Selon Geneviève François (comm. perso 2003), en resserrant les dates au maximum, on pourrait dire qu'elle correspond plutôt au milieu ou au troisième quart du XIII ème siècle. Quant à l'anneau épiscopal en or, s'il est bien orné d'une émeraude comme l'annonce Chenesseau, il devait être de haut prix. Bien que le sarcophage n'ait contenu aucun signe distinctif de l'identité de son occupant, la richesse du mobilier archéologique, en particulier de l'orfèvrerie, poussa Chenesseau (id., 1938, p. 91-92) à avancer le nom d'un prélat de marque : Robert de Courtenay (1588-1279). Chanoine de Bourges, puis doyen de Chartres avant de devenir évêque d'Orléans, il appartenait à la famille royale et participa à la huitième croisade. Il se trouvait aux cotés de saint Louis lorsque celui-ci mourut à Tunis en 1270. Par la suite, il appuya activement la canonisation du roi. Le successeur de Robert de Courtenay, Gilles Pasté (1280-1288), fut considéré comme un personnage assez pâle et donc peu en correspondance avec la qualité du matériel funéraire (Brun, 1979, p. 136). Ni Brun, ni Chenesseau ne mentionnèrent Berthold de Saint-Denis (1299-1307), pourtant reconnu comme enterré dans l'église, à son chevet il est vrai (Gallia Christiana, 1744, p. 1471 ; Desnoyers, 1895, p. 553). Elzbieta Dabrowska (comm. perso. Janvier 2004) a avancé la possibilité de se trouver devant les restes d'un évêque décédé lors d'un passage à Orléans. Les textiles confirment le luxe dont furent entourées les funérailles du personnage, puisque les quatre soieries faonnées étaient de qualité, et au moins trois d'entre 2/1 Isabelle Bédat, 2014 (Isabelle Bédat, conservateur-restaurateur).