oeuvres provenant de la sépulture de Robert de Courtenay : calices, patène, sandales liturgiques, bâton pastoral, tunique ou aube, chasuble, crosse pastorale, anneau, boucle de ceinture

Désignation

Dénomination de l'objet

Calice ; patène ; sandales liturgiques ; bâton pastoral ; tunique ; aube (?) ; chasuble ; crosse pastorale ; anneau pastoral ; boucle de ceinture

Appelation d'usage

De Robert de Courtenay

Titre courant

Oeuvres provenant de la sépulture de Robert de Courtenay : calices, patène, sandales liturgiques, bâton pastoral, tunique ou aube, chasuble, crosse pastorale, anneau, boucle de ceinture

Localisation

Localisation

Centre-Val de Loire ; Loiret (45) ; Orléans ; cathédrale Sainte-Croix

Numéro INSEE de la commune

45234

Précision sur la localisation

Anciennement région de : Centre

Canton

Orléans-La Source

Nom de l'édifice

Cathédrale Sainte-Croix

Référence Mérimée de l'édifice

PA00098836

Emplacement de l’œuvre dans l’édifice

Trésor

Description

Catégorie technique

Orfèvrerie ; tissu

Description matérielle

Calices et sandales liturgiques, restes du bâton pastoral, vestiges de la tunique ou de l'aube, vestiges de la chasuble, fragments avec galons adhérents l'un de la tunique ou aube, l'autre de la chasuble, galons de la tunique ou aube, galons de la chasuble, poignet de la tunique ou aube, médaillons de gants, crosse en cuivre ciselé et doré, calice et patène en argent et or, anneau d'or avec émeraude, boucle de ceinture en fer. Les chausses de soie sont conservées telles qu'elles ont été trouvées, elles recouvrent les chausses de laine jusqu'aux genoux. Les pieds sont encore enveloppés par des sandales de soie et d'or. Les textiles qui étaient sous les jambes sont manquants, tout comme les dos des vêtements qui couvraient les autres parties du corps et qui ont dû se décomposer en même temps que celui-ci. Les chausses de soie se trouvaient maintenues au niveau des genoux par un lien faisant plusieurs tours. L'étoffe avait été disposée en biais autour de la jambe, comme c'était le cas généralement pour les chausses de laine, alors que bien souvent ce type de pièce était construit sur un modèle différent comprenant un morceau montant droit fil le long de la jambe et un ou plusieurs autres couvrant le dessus et le dessous du pied. Cette construction, qui semble contourner le problème d'une coupe selon un patron, pourrait faire penser que les chausses avaient été faites en urgence avant l'inhumation. Mais la doublure en taffetas de soie montre que leur confection avait été soignée. L'étoffe est un samit façonné 3 lats lié 2 lie 1 (S) avec un décor de deux grands oiseaux (faucons) affrontés mais regardant en arrière à l'intérieur d'une roue pleine. Des petites roues enserrant deux oiseaux ou une rosette ornent les points de tangence des grands médaillons tandis qu'une croix terminée par quatre fleurons occupe les écoinçons. Ces motifs ressortent en filé or (lamelle organique dorée enroulée S sur une âme de soie S) sur un fond en soie aujourd'hui marron jaune. Un troisième lat marron à reflets bleu clair colore certains détails. Le décor et les caractéristiques techniques, en particulier la torsion S du fil d'or et la proportion 1/1 des deux chaines, signalent une production italienne ou d'une région proche pendant le XIII ème siècle (Desrosiers, 1999, p.109 ; id., 2004, n° 109-111). Le dessin rappelle par exemple les oiseaux enfermés dans un treillis de losanges du parement de la dalmatique de Pierre de Charny (1267-1274) trouvée dans sa sépulture dans la cathédrale de Sens (Chartraire, 1918, p. 31, fig. 2) . Les sandales : Elles ont la forme de petites bottines d'environ 14 cm de hauteur, attachées avec un lien. Une sorte de gousset de 8 cm de haut sur le devant permettait de les enfiler facilement. L'étoffe a été passée autour du pied et de la cheville, en biais comme le tissu des chausses de soie. Les semelles manquent, mais des trous de couture montrent qu'elles devaient exister. La soierie est assez complexe et très fragile, donc difficile à étudier. Elle comprend une bande de samit d'environ 10 cm de haut surmontée d'un filet uni (h. 1.5 cm), puis d'une autre bande d'environ 10 cm de lampas et enfin d'un autre filet uni peu visible. Les autres caractéristique techniques , en particulier la proportion des chaines (4 fils pièces doubles / 1 fil de liage), la nature des trois lats (soie, lamelle organique dorée ou argentée, filé métallique fait de la même lamelle enroulée Z sur une âme aux fibres non identifiées), et la finesse des fils de chaine de torsion Z en font un type bien spécifique qui, à défaut du dessin quasi impossible à relever mais structuré par bande horizontales, fournit une piste fort intéressante pour retracer son 3/1 (Isabelle Bédat, conservateur-restaurateur).

Dimensions normalisées

Dimensions non prises.

État de conservation (normalisé)

Fragment

Précisions sur l'état de conservation

Etude préalable sur l'ensemble textile rédigé en 2014 par Isabelle Bédat. Chausses de laine, chausses de soie et sandales attribuées à R. de Courtenay, XIII ème siècle elles avaient été importées d'Orient. Ce qui reste aujourd'hui rend difficilement compte de la splendeur passée des vêtements en question car le séjour en contexte funéraire a altéré la résistance et la couleur de la soie devenue cassante et marron, ainsi que des files d'or qui ont noirci. Des examens de précisions ont été nécessaires pour reconstituer les patrons de la tunique ou de la dalmatique, et de la chasuble très partiellement conservées, et pour proposer des hypothèses lorsque le matériel ne donnait pas la clé d'un problème. (...) . Afin de restituer ces dernières, des triptyques avec des fac-similés sur les faces extérieures ont été réalisés en 1998.

Historique

Auteur de l'œuvre ou créateur de l'objet

Description historique

Oeuvres non datées, provenant de la sépulture de Robert de Courtenay, mort en 1279 (découverte en 1937). La première sépulture découverte par le chanoine Chenesseau se trouvait à l'intérieur d'un sarcophage de pierre trapézoïdal de 192 cm de longueur interne, pourvu d'un couvercle à trois pentes attribué au VII-VIII ème siècles. De corps, ne restaient que des ossements à l'état pulvérulent, à l'exception de la tête d'un fémur teinté de violet. Subsistaient également de nombreux fragments de vêtements liturgiques, visibles sur les photographies prises pendant les fouilles et décrits dans les termes suivants par l'abbé Brun (1979, fig. 2-5 et p.131). « L'évêque était vêtu de grandes chausses de drap feutré prenant le pied, la jambe, le bassin, sur lequel on lui avait passé ces caliges liturgiques (tissu à ramage) et ses sandales (bandes assemblées) ; par-dessus, une longue robe en « camocas » de soie, ornée dans le bas d'un large galon pseudépigraphe et aux poignets d'un ruban soie-et-or finement tissé. Brochant sur le tout, la chasuble très ample, d'un tissu de soie à motifs brochés : une ligne de petits griffons, une ligne de petits aiglons et une ligne de chiens acculés, séparées les unes des autres par des lignes de petits groupes de trois points 2 et 1. La mitre, complètement effondrée, était à peine discernable et certainement irrécupérable. Les gants avaient disparu, mais il en subsistait deux médaillons brodés, l'un d'or et l'autre d'argent, ce dernier portant quelques lettres que nous n'avons pu assembler pour leur trouver un sens. L'ensemble des tissus avait viré à la couleur havane, mais devait être violet à l'origine, et surtout broché d'or, au témoignage des fils qu'on put tirer de petits fragments informes après une longue macération dans l'eau. Outres ce qu'on a pu sauver des vêtements, lesquels tombaient en poussière au moindre contact, cette sépulture livra la crosse d'évêque (volute de cuivre doré et ciselé, haste de bois avec embout de métal), son calice et sa patène d'argent avec rehauts d'or, son anneau pastoral d'un diamètre exceptionnellement étroit, orné d'une fine émeraude en losange, enfin une boucle de ceinture en fer. » Cette sépultures se trouvait dans les couches du XIII ème siècle du sous sol de la cathédrale, une période en correspondance avec le calice et sa patène qui furent attribués par Marquet de Vasselot à la seconde moitié du même siècle (Chenesseau, 1938, p. 91). La crosse est en cuivre ciselé et doré, décorée de feuillages naturalistes très courants à cette période fut considérée comme exceptionnelle à la fois par la forme de sa volute et par l'emploi de la technique de motifs de cuivre soudés, laquelle ne fut connue qu'à partir du XIV ème siècle (ïbid. ; Paris, 1965, n°190). Selon Geneviève François (comm. perso 2003), en resserrant les dates au maximum, on pourrait dire qu'elle correspond plutôt au milieu ou au troisième quart du XIII ème siècle. Quant à l'anneau épiscopal en or, s'il est bien orné d'une émeraude comme l'annonce Chenesseau, il devait être de haut prix. Bien que le sarcophage n'ait contenu aucun signe distinctif de l'identité de son occupant, la richesse du mobilier archéologique, en particulier de l'orfèvrerie, poussa Chenesseau (id., 1938, p. 91-92) à avancer le nom d'un prélat de marque : Robert de Courtenay (1588-1279). Chanoine de Bourges, puis doyen de Chartres avant de devenir évêque d'Orléans, il appartenait à la famille royale et participa à la huitième croisade. Il se trouvait aux cotés de saint Louis lorsque celui-ci mourut à Tunis en 1270. Par la suite, il appuya activement la canonisation du roi. Le successeur de Robert de Courtenay, Gilles Pasté (1280-1288), fut considéré comme un personnage assez pâle et donc peu en correspondance avec la qualité du matériel funéraire (Brun, 1979, p. 136). Ni Brun, ni Chenesseau ne mentionnèrent Berthold de Saint-Denis (1299-1307), pourtant reconnu comme enterré dans l'église, à son chevet il est vrai (Gallia Christiana, 1744, p. 1471 ; Desnoyers, 1895, p. 553). Elzbieta Dabrowska (comm. perso. Janvier 2004) a avancé la possibilité de se trouver devant les restes d'un évêque décédé lors d'un passage à Orléans. Les textiles confirment le luxe dont furent entourées les funérailles du personnage, puisque les quatre soieries faonnées étaient de qualité, et au moins trois d'entre 2/1 Isabelle Bédat, 2014 (Isabelle Bédat, conservateur-restaurateur).

Statut juridique et protection

Statut juridique du propriétaire

Propriété de l'Etat (?)

Typologie de la protection

Classé au titre objet

Date et typologie de la protection

1945/11/07 : classé au titre objet

Références documentaires

Dénomination du dossier

Sous-dossier

Référence de l'ensemble

PM45000458

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