Description historique
Oeuvre de Charles Victor Eugène Lefebvre (peintre, Paris, 16 ou 18 octobre 1805-17 mai 1882), peintre d'histoire, de genre et de portraits, entré à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1821 sur recommandation d’Abel de Pujol, dont il sera l’élève ainsi que celui de Le Gros.
Dès 1827, il expose au Salon et y est présent en continu jusqu’en 1877. Charles Lefebvre a peint à plusieurs reprises le thème de Marie-Madeleine et a présenté plusieurs toiles sur le même sujet au Salon : en 1842, une Madeleine pénitente ; en 1847 une Madeleine repentante ; en 1861 une autre Madeleine repentante, qui est celle conservée aujourd’hui dans l’église Saint-Paul-Saint-Louis à Paris. Plusieurs de ses toiles représentant ce sujet subsistent actuellement, toutes différentes : à Loches ; dans l’église Saint-Paul-Saint-Louis et dans la chapelle de Sainte-Madeleine de l’église Saint-Louis-en-l’Ile, à Paris (4e) ; au Musée d’Art et d’Histoire Marcel Dessal de Dreux (propriété du FNAC). Les portraits et les sujets historiques et surtout religieux que Charles Lefebvre peint qui lui valent un certain succès, comme l’attestent les nombreux achats de l’Etat destinés aux musées et bâtiments publics et les commandes officielles pour des églises. Ainsi, la base Arcade contient trente notices qui lui sont consacrées, correspondant à des commandes et réalisation effectuées entre 1836 et 1875. Sept portraits réalisés par Charles Lefebvre sont conservés à Versailles, au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. Seize tableaux sont recensés dans les collections du CNAP et cinq tableaux de l’artiste, propriété de l’Etat, sont protégées au titre des MH en France.
La présence à Loches de ce tableau dédiée à Marie-Madeleine s’explique par un attachement à la sainte qui a perduré dans la collégiale, fondée à la fin du 10e siècle à l’emplacement d’une ancienne église du 6e siècle dédiée à sainte Madeleine. Au 15e siècle, Agnès Sorel lui avait elle-même offert un reliquaire de sainte Marie-Madelaine en argent et en 1790, une petite statuette en argent doré représentant la Madelaine et un tableau représentant la sainte se trouvaient encore dans l’édifice. Les recherches menées pour documenter le tableau de Lefebvre n’ont pas permis de trouver une trace explicite de son arrivée à Loches au cours du 19e siècle, ni sa raison. Cependant, l’inventaire de l’église du 16 février 1906, en l’article 1 du chapitre 2, mentionne qu’il est revendiqué par la famille de Marsay, propriétaire de la Chartreuse du Liget depuis 1837 : cela restera sans suite. Il est donc possible qu’il ait été donné à l’église par la famille.