Description historique
Maquette réalisée par soeur Marie de la Croix, Juliette Rocca, née le 14 septembre 1842 à Naples, morte à Tours le 11 janvier 1932. Soeur Marie de la Croix entra au carmel de Tours en 1865, fit profession en mai 1867 et mourut le 11 janvier 1932. Cette maquette peut être datée d'avant 1901. Artiste jusqu'au bout des doigts, elle excellait dans tous les genres de travaux : broderie en soie et or, ribet, dentelles. Elle réalisa cette maquette en particulier pour les familles des carmélites privées de contact dans la clôture. Avec cette maquette, les familles pouvaient découvrir le cadre de vie des religieuses. A l'appui de cette maquette, l'architecte, au retour d'exil en 1921, a pu réorganiser les lieux réguliers (d'après la notice nécrologique de soeur Marie de la croix). Cette maquette représente l'un des plus anciens carmels de France, celui de Tours, fondé en 1608 par Anne de Saint-Barthélémy. En 1616, la première pierre du carmel est posé par Marie de Médécis. A la suite des confiscations de la Révolution, un nouveau carmel est construit en 1844. Les carmélites y vivent jusqu'en 1901, date à partir de laquelle elles partent en exil à Jersey, reviennent en 1921 et quittent les lieux définitivement en 1984 à la suite du rachat des bâtiments par l'archevêché. Cette maquette est un portrait des bâtiments construits en 1844 qui existent encore aujourd'hui. Elle est une tentative de représenter au plus près la réalité du carmel au XIXe siècle. On y retrouve tous les espaces réguliers et les lieux de travail. Soeur Marie de la Croix, a réalisé la maquette avant 1901, avant l'exil des carmélites, pour les familles qui pouvaient visiter le carmel en regardant la maquette sous verre, composée d'étages mobiles. Le mobilier provenant du carmel encore conservé permet d'établir des comparaisons avec des objets figurant dans la maquette. Les détails de la vie au carmel sont minutieusement reportés, jusque dans la tenue des personnages : la robe d'une soeur est relevée aux manches pour les travaux quotidiens. Dans la pommerie, des perles, ne mesurant pas plus d'un millimètre, figurent les fruits. Sur un autel, on voit de toutes petites paperolles. Dans une cellule de religieuse, on aperçoit une minuscule reproduction photographique, plus petite qu'un timbre-poste, dont l'iconographie est liée à sainte Thérèse. Il s'agit d'une photo sur papier albuminé. Dans un escalier, on peut retrouver la représentation d'une cloche encore conservée aujourd'hui. Tous les détails démontrent une représentation authentique. Cette maquette est un objet très atypique offrant, avec une grande qualité d'exécution, le témoignage historique très précis de la vie au carmel au XIXe siècle à Tours. Elle apporte des informations inédites sur la vie des femmes au carmel. On peut y voir leur vie quotidienne, les circulations des soeurs, l'organisation des divers espaces entre eux. Cette maquette est un remarquable document, très bien conservé. L'origine napolitaine de soeur marie de la Croix rappelle le tradition de la fabrication de crèches. Cette maquette est unique tant tant par son caractère détaillé que par les matériaux et les techniques qu'elle utilise.
Oeuvre déposée au musée des Beaux-Arts de Tours depuis 1995.