Personnalité liée à l'histoire de l'objet
Jean Armenou. Fils de Pierre Armenou, menuisier et Jeanne Pillault, Jean Armenou est né à Chouzé le 10 avril 1782. Ce « garçon charpentier en bateaux » s’y marie à 29 ans, le 28 septembre 1811, avec Anne Renée Louise Méchine, une couturière de 22 ans, fille de Jean Méchine et Renée Armenou. Le couple demeure sa vie durant à Chouzé et y a cinq enfants, nés entre 1815 et 1829. Jean est qualifié de marinier sur chaque acte de naissance, et indique à chaque fois qu’il ne sait pas signer. Au décès de sa femme, le 24 janvier 1867, Jean qui a 85 ans est qualifié d’« ancien marinier », comme sur son acte de décès : il meurt le 20 février 1867, au domicile d’un gendre journalier. Source : Isabelle Girard, 2022.
Description historique
La maquette a été réalisée au début du 19e siècle par Jean Armenou (1782-1867), fils d’un menuisier et garçon charpentier en bateaux puis marinier à Chouzé-sur-Loire. Elle s’inspire vraisemblablement de L’Union, vaisseaux deux-ponts de 74 canons sorti de l’arsenal de Lorient en 1799, en service en 1800, rebaptisé Le Diomède en 1803 (il est au port de Brest) et rayé en 1806 en raison de sa destruction. Le Diomède, dont le capitaine était alors J. B. Henry, a effectivement été incendié à San Domingo (Ile d’Hispaniola) le 6 février 1806, où il s’est illustré lors de la bataille entre l'escadre britannique du vice-amiral John Thomas Duckwort (1747-1817) et l'escadre française conduite par le contre-amiral Corentin Urbain de Laissègues (1758-1832). Il est dit que le vaisseau, matelot arrière de l'amiral, « s'acquit le plus grand honneur par la manière dont il se défendit, alors qu'il était attaqué par plusieurs vaisseaux anglais après que Le Brave, Le Jupiter et l’Alexandre eurent amené leur pavillon ». Le peintre maritime anglais Thomas Whitcomble a reproduit l’incendie.
La maquette de "l'Union" a été offerte à l’église le 29 juin 1848 à titre votif (par Jean Armenou lui-même, qui était marinier, ou la communauté des mariniers ?). Il semblerait que Jean, dont le nom figure sous le bateau avec la date de 1848, l’aurait réalisé en 1810 : à cette date, il avait seulement 28 ans et était garçon charpentier en bateaux. L’Union, devenu Le Diomède en 1803, a déjà disparu depuis 1806. On peut se demander si Jean s’inspira de ses souvenirs de jeunesse, en utilisant simplement ses connaissances en charpenterie, marine, voire menuiserie – le métier de son père – pour exécuter cet objet : aurait-il travaillé sur le chantier de L’Union entre 1794 et 1799 (il avait alors entre 12 et 17 ans), servi dans la marine sur ce bateau avant 1799, réalisé sa maquette sur place ou à son retour à Chouzé, à un moment ou à un autre? Notons que la maquette porte le nom de L’Union, utilisé de 1799 à 1803 seulement et que c’est vraisemblablement celui que Jean a connu. Lorsque le bateau s’est illustré dans la bataille de San Domingo qui a vu sa perte, en 1806, il était déjà rebaptisé depuis 1803.
L’utilisation de souvenirs, comme la qualification de son auteur, peuvent expliquer les imprécisions techniques et interprétations constatées sur la maquette, qui n’en demeure pas moins un objet de grand intérêt patrimonial lié à l’histoire de la commune. Source : Isabelle Girard, 2022.