tombeau avec gisants de Charles-Orland et Charles, enfants de Charles VIII

Désignation

Dénomination de l'objet

Tombeau

Précision sur la typologie de l'objet - hors lexique

Gisant

Appelation d'usage

De Charles-Orland et Charles, enfants de Charles VIII

Titre courant

Tombeau avec gisants de Charles-Orland et Charles, enfants de Charles VIII

Localisation

Localisation

Centre-Val de Loire ; Indre-et-Loire (37) ; Tours ; cathédrale Saint-Gatien

Numéro INSEE de la commune

37261

Précision sur la localisation

Anciennement région de : Centre

Canton

Tours-2

Nom de l'édifice

Cathédrale Saint-Gatien

Référence Mérimée de l'édifice

PA00098135

Emplacement de l’œuvre dans l’édifice

1ère chapelle sud du déambulatoire

Description

Catégorie technique

Sculpture

Matériaux et techniques d'interventions

Marbre

Description matérielle

Marbre blanc (gisants, anges, coffre) et noir (médaillons des petits côtés du coffre, hermine du manteau des enfants), dorure (corde en haut du couvercle), peinture (blasons, chevelure), métaux (liaison des grandes pièces de marbre), adhésif ou liant.

Indexation iconographique normalisée

Enfant, nourrisson : mort ; ange ; ornementation ; Charles Orland : prince héritier, Charles : prince héritier ; Samson ; Hercule ; sirène ; centaure ; coq ; musicien

Description de l'iconographie

Sarcophage portant les effigies de Charles Orland et Charles, fils de Charles VIII et Anne de Bretagne, entourés de quatre angelots : deux soutiennent les coussins sur lesquels reposent les têtes des enfants royaux, et deux autres, à l’opposé, tenant des blasons reproduisant des armoiries. Les deux gisants sont taillés dans un seul morceau de marbre blanc.

Dimensions normalisées

H = 115 ; l = 183 ; la = 83 ; poids : environ 2 tonnes. Gisant de Charles Orland : h = 20, la = 95 ; ange tenant d'écu : h = 33, la = 20, pr = 26 ; ange tenant d'oreiller : h = 30,5, la = 18,5, pr = 26.

État de conservation (normalisé)

Oeuvre restaurée

Précisions sur l'état de conservation

1834 : réinstallation de l’œuvre dans la cathédrale dans un état assez proche de celle d’origine en 1506. 1888 : moulage du tombeau par le musée des Monuments français ; la position des anges tenant les écus est modifiée. Rapport de Bernard Vitry (Architecte en chef des Monuments historiques) le 24 janvier 1946 : <I> La protection de madriers et de sacs de sable qui protégeait le tombeau des enfants de Charles VIII dans la cathédrale de Tours a été enlevée. Je me suis aperçu que les quatre angelots situés aux pieds et à la tête des gisants n'étaient pas fixés au sarcophage, et qu'il était très facile ainsi de les dérober. Il me paraît indispensable de les fixer par un goujon en cuivre, à la dalle de marbre qui surmonte le sarcophage, et c'est pourquoi j'ai l'honneur de vous demander un crédit de 6000 francs. Ce travail pourrait être exécuté dans de bonnes conditions par le sculpteur Monsieur Mainponte qui exécute actuellement les sculptures de la Maison de Tristan à Tours.</I> Le tombeau des enfants de Charles VIII est très majoritairement constitué d'éléments d'origine, assemblés dans une présentation datant de 1834 assez proche de celle d'origine en 1506. Les principales modifications sont la disparition des trois dalles de marbre noir qui rythmait la composition, la rotation du sarcophage à 180° du Sud au Nord, le léger éloignement et la rotation des anges au pied des gisants. 1988 : on a fait disparaître lors du remontage la base de marbre noir entre le coffre et son couvercle ; manquent les bras des tenants d'oreillers dont les visages sont mutilés ; éclats sur les visages des gisants. En 1994, collage d'un fragment détaché par choc d'origine inconnue de l'aile dextre de l'ange à l'angle sud-est du tombeau (rapport O. Rolland au STAP d'Indre-et-Loire). Rapport d'étude de 2009 établi par Olivier Rolland. 2009-2010 : étude de dépose et repose ; dépose et repose par Olivier Rolland et Fabienne Bois ; position des anges tenants les écus rectifiées.

Inscription

Épitaphe ; armoiries ; inscription

Historique

Personnalités liées à l'histoire de l'objet

Anne de Bretagne, reine de France (commanditaire)

Lieu de provenance

lieu de provenance : Centre-Val de Loire, 37, Tours, basilique Saint-Martin

Siècle de création

1er quart 16e siècle

Année de création

1499 ; 1506

Description historique

Tombeau de Charles Orland, fils de Charles VIII et Anne de Bretagne, mort à trois ans et demi en 1495, et de Charles son frère, mort à l'âge de 25 jours en 1496. En 1500, selon un document conservé dans les archives de la cathédrale de Florence, les représentants de la reine, Guillaume Bonin et Jérôme de Fiesole achètent des marbres rouges et noirs pour trois tombeaux : celui de ses parents François II et Marguerite de Foix, ducs de Bretagne (réalisé par Michel Colombe de 1500 à 1507 pour la chapelle des Carmes de Nantes, aujourd'hui à la cathédrale de Nantes, celui de son mari Charles VIII (réalisé par Guido Mazonni pour la basilique de Saint-Denis, détruit à la Révolution), et celui de ses deux garçons. En 1506 le tombeau terminé est installé dans le choeur liturgique de la basilique Saint-Martin à Tours. L'oeuvre dénote une forte influence italienne et pourrait être de Jérôme de Fiesole, identifé à Jérôme Pacherot,ramené par Charles VIII de Florence à Amboise en 1495, qui travailla à Gaillon de 1507 à 1509 et s'établit à Tours au moins de1503 à 1540. Les gisants pourraient être de Michel Colombe et les angelots de Guillaume Regnault. Fin XVIIe siècle, un dessin de la collection Gaignières montre le tombeau ; une dalle de marbre noir moulurée entourée d'un cordon supporte les gisants, un autre, au pourtour mouluré entre couvercle et côté du coffre, et une autre, également moulurée, sous le coffre. O. Rolland (restaurateur) indique : On a vu que le cordon était doré, on peut se demander si le haut du couvercle de part et d'autre du cordon n'était pas peint à l'huile de couleur noire pour prolonger une dalle noire posée dessus. Avant fin 1792, le tombeau est probablement déposé lui permettant d'échapper au décret de destruction des emblèmes royaux et féodaux (cf Droguet, Réau), et probablement remis par le préfet Destouches aux chanoines de la cathédrale en 1815. En 1834 il est installé dans la première chapelle sud du déambulatoire de la cathédrale ; à cette occasion, les dalles de marbre noir originelles ayant disparu, des dalles de marbre gris foncé sont installées sous les gisants et en soubassement. Les anges présentant les écus armoriés, aux pieds des enfants, étaient originellement tournés vers les côtés ; est-ce vers 1900, à l'occasion du moulage du tombeau pour le musée des Monuments français, que leur position a été modifiée ?

Statut juridique et protection

Statut juridique du propriétaire

Propriété de l’État

Typologie de la protection

Classé au titre immeuble

Date et typologie de la protection

1862 : classé au titre immeuble

Précisions sur la protection

Immeuble par destination. Liste de 1862.

Référence(s) d'exposition(s)

Élisabeth Taburet-Delahaye, Geneviève Bresc-Bautier, Thierry Crépin-Leblond, Martha Wolff, France 1500, entre Moyen-Age et Renaissance, galeries nationales du Grand Palais, Paris, 2010/2011.

Référence(s) de publication(s)

MONTAIGLON Anatole (de), La sculpture française à la Renaissance : la famille des Juste en France (1er article), Gazette des Beaux-Arts, XII, 2e période, 1875, p. 360-368, 385-404, 515-526 ; REYMOND Marcel, Le buste de de Charles VIII par Pollaiolo (Musée du Bargello) et le tombeau des enfants de Charles VIII (Cathédrale de Tours), Bulletin archéologique, 1895, p. 245-252 ; VITRY Paul, Michel Colombe et la sculpture française de son temps, Paris, Librairie centrale des Beaux-arts, 1901, p. 139, 195, 374, 442-444 ; ADHÉMAR Jean, Les tombeaux de la Collection Gaignières : dessins archéologiques du XVIIe siècle. I, Gazette des Beaux-Arts, s.6, LXXXIV, 1976, p. 43 ; HERVIER Dominique, La cathédrale de Tours, Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites, 1979, p. 53-54 ; DROGUET Vincent, RÉAU Marie-Thérèse, Tours, décor et mobilier des édifices religieux et publics, Cahiers du patrimoine, Orléans, 1993 ; TABURET-DELAHAYE Élisabeth, BRESC-BAUTIER Geneviève, CRÉPIN-LEBLOND Thierry (dir.), France 1500, entre Moyen Âge et Renaissance, cat. expo., Paris, Galeries nationales/Grand Palais, (6 octobre 2010-10 janvier 2011), Paris, RMN, 2010, p. 154, n. 61 ; BARDATI Flaminia, MOZZATI Tommaso, PACHEROT Jérôme et JUSTE Antoine : artistes italiens à la cour de France, in Studiolo, 2012,n° 9, p.208-255 ; BLIECK Gilles, La restauration du tombeau et de la chapelle des enfants royaux de la cathédrale de Tours, Monumental, n°2, 2012, p. 66-69 ; CHANCEL-BARDELOT Béatrice de, Guillaume Regnault, Jérôme Pacherot dans CHANCEL-BARDELOT Béatrice de, CHARRON Pascale, GIRAULT Pierre-Gilles, GUILLOUÊT Jean-Marie (dir.), Tours 1500, capitale des arts, cat. expo, Tours, Musée des Beaux-Arts (17 mars - 17 juin 2012) ; Paris/Tours, Somogy/Musée des Beaux-Arts, 2012, p. 192-194 ; p. 195-196 ; ANDRAULT-SCHMITT Claude, La cathédrale de Tours, Geste éditions, 2010, p. 264-265 ; BLIECK Gilles, Le tombeau des enfants de Charles VIII et d’Anne de Bretagne, dans Ministère de la Culture, La cathédrale de Tours, Coll. Patrimoines en Région Centre-Val de Loire, Tours Presses Universitaires François-Rabelais, 2019, p. 307-33.

Sources d'archives et bases de données de référence

Isabelle Girard (Conservateur des antiquités et objets d’art d’Indre-et-Loire), inventaire du mobilier de la cathédrale de Tours, 2020 ; Inventaire de 1906 : art 46 chap 1 et art 14 chap 2.

Références documentaires

Cadre de l'étude

Liste objets classés MH ; inventaire du patrimoine mobilier des cathédrales propriété de l'Etat

Dénomination du dossier

Dossier individuel

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