Tableau
Tableau : La Vision de la Storta
Occitanie ; Hérault (34) ; Faugères ; église Saint-Christophe
34096
Cazouls-lès-Béziers
Église Saint-Christophe
Sacristie
Peinture
Toile (support) : peinture à l’huile ; bois : taillé, peint faux or
Tableau peint à l’huile sur toile avec cadre en bois faux or. De format rectangulaire horizontal, il est composé d’une toile de trame grossière (armure toile) en deux lés de largeur inégale (présence d’une couture verticale sur le côté gauche de la face, avec ajouts au revers de renforts de toile sur le côté droit), sans châssis et directement clouée sur le revers d’un cadre en bois taillé (renforcé par des traverses aux angles et peint à la bronzine).
La scène figure l’apparition de Dieu le Père (au centre en haut, assis sur un nuage, vêtu d’une grande chape avec des orfrois dorés et tenant le globe terrestre dans la main gauche) et du Christ (debout à gauche, portant la croix), entourés d’anges, auprès de saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus en 1540 et canonisé en 1622 (placé dans le coin inférieur droit, agenouillé en prière et vêtu d’un habit noir, la tête auréolée), au-devant d’un paysage habité en arrière-plan. Il s’agit d’une représentation de la Vision de la Storta, lorsque Ignace au cours d’un voyage à Rome en 1537 avec deux compagnons s’est arrêté pour prier dans une chapelle au lieu-dit Storta et a reçu l’apparition du Christ et de Dieu le Père.
H = 145 ; la = 150
Bloemaert Abraham (d’après, peintre)
Copie
2e quart 17e siècle (?) ; milieu 17e siècle (?)
L’oeuvre est une copie d’après un tableau du peintre Abraham Bloemaert (1564-1641), réalisé peu après la canonisation et pour l’église des Jésuites d’Hertogenbosch ou Bois-le-Duc (actuel Brabant-Septentrional, Pays-Bas). Considéré comme perdue depuis le 17e siècle, l’oeuvre de Bloemaert est connue par une estampe de son fils, Cornelis Bloemaert (1603-1692), elle-même réalisée vers 1625 et un dessin, conservé au Rijksmuseum (Amsterdam). On y retrouve saint Ignace de Loyola, agenouillé devant le Christ, sa canne, son livre et son chapeau au sol devant lui, Dieu le Père tenant le globe, regardant le Christ et désignant le saint de la main droite, ses compagnons qui se reposent en arrière-plan et la campagne romaine en fond. Selon les auteurs du catalogue de l’exposition « The Bloemaert effect » (Utrecht / Schwerin 2012), cette toile eut un grand retentissement au point d’être considérée comme un « modèle canonique » de la Vision de la Storta. Toutefois, nous pouvons supposer que le peintre se soit inspiré d’une iconographie en vogue à son époque, comme en témoigne un des feuillets illustrant la Vita beati patris Ignatii Loiolae, Vie de Loyola en images commandée en 1605-1606 par la Société de Jésus et publiée à Rome en 1609. L’épisode de la vision de la Storta figurant dans ce livret, oeuvre du graveur hollandais Cornelis Galle, figure cependant plus de détails que sur celle de Cornelis Bloemaert (chapelle de la Storta, murailles de Rome, trois personnages en fond, un phylactère sortant de la bouche du Christ...). Le tableau de Faugères reprend assez fidèlement les éléments de l’oeuvre de Bloemaert : on retrouve à l’arrière-plan, sur le côté droit, le paysage romain avec la représentation du castel San Angelo de Rome (mausolée d’Hadrien transformé en forteresse au Moyen Age puis en résidence papale, proche du Vatican ; c’est donc là que se rendent Ignace et ses compagnons). Mais le tableau été possiblement réduit en taille pour s’adapter au cadre actuel, datant sans doute du 19e siècle : il manque la partie haute de la gravure représentant une gloire de putti entourant la figure de Dieu le père et les éléments au sol (livre, chapeau et canne) sont coupés. Cette oeuvre paraît pouvoir être datée du deuxième quart ou milieu du 17e siècle, probablement au cours des années suivant la diffusion de la gravure, sans qu’il ne soit possible à ce jour d’apporter une certitude ou une précision sur son origine. Elle pourrait selon toute vraisemblance provenir d’un couvent de Jésuites, ce qui conduirait à proposer une origine potentielle locale de Béziers, ayant bénéficié des largesses de l’évêque Jean de Bonzi au 18e siècle. Cette hypothèse demande toutefois à être confirmée par une recherche en archives.
Propriété de la commune
Inscrit au titre objet
2024/10/21 : inscrit au titre objet
Commission régionale du patrimoine et de l'architecture du 11/06/2024. Voeu de classement (sous réserve d’une étude approfondie après restauration).
Helmus (Lisbeth M.), Seelig (Gero), The Bloemaert Effect. Colour and composition in golden age, catalogue de l’exposition aux musées d’Utrecht (du 11 novembre 2011 au 5 février 2012) et Schwerin (du 24 février au 28 mai 2012), Petersberg (Allemagne), Editions Imhof Verlag, 2011, notice n°8, p. 68.
Fiche descriptive rédigée par Claudine Jacquet, CAOA de l’Hérault.
Dossier individuel