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Plateforme ouverte du patrimoine

table d’autel (deux fragments)

Désignation

Dénomination de l'objet

Table d’autel

Titre courant

Table d’autel (deux fragments)

Localisation

Localisation

Occitanie ; Hérault (34) ; Vendémian ; dépôt archéologique

N° INSEE de la commune au moment de la protection

34328

Canton

Gignac

Nom de l'édifice

Dépôt archéologique

Description

Catégorie technique

Taille de pierre

Matériaux et techniques d'interventions

Calcaire : taillé

Description matérielle

La table d’autel est fragmentaire (fragments jointifs, l’un de 44 cm de long, l’autre de 20 cm), mais conservée sur toute une largeur. Le plateau est bordé de deux moulures et d’un bandeau externe creusé de petites cupules disposées en quinconce. Le côté le plus long est décoré d’enroulements asymétriques reliés entre eux par deux tores d’où s’chappe un élément en forme de feuille, alternativement sculpté vers le haut et le bas. Le retour est également sculpté d’un motif lancéolé alternant avec un motif en V. Le revers est creusé de deux encoches, dont une est en grande partie conservés. Elle présente des traces d’outil (taillant brettelé) et a pu être creusée dès l’origine ou ultérieurement pour adapter la table à son support. Aucune inscription n’est identifiable sur le plateau de la table en lumière rasante, ne sont visibles que des lignes ou rayures sans organisation apparente.

Dimensions normalisées

Total : l = 62 ; fragment n°1 : h = 9, l = 44, la = 24 ; fragment n°2 : h = 9, l = 20, la = 13

Historique

Siècle de création

8e siècle ; 9e siècle ; 10e siècle ; 11e siècle

Description historique

Fragments datés entre le 8e siècle et le 11e siècle. Ils pourraient provenir de l’ancienne abbaye d’Aniane, fondée au 8e siècle par saint Benoît d’Aniane, et dont les bâtiments médiévaux ont été détruits lors de la reconstruction au 17e siècle par les mauristes, donnant lieu à de nombreuses dispersions de lapidaire. Ils ont été découverts en remploi dans une maison particulière d’Aniane (chemin Saint-Rome, non loin de l’abbaye), récupérés lors du percement d’une porte réalisée dans cette maison à la fin des années 1980 par le propriétaire, Nello Stevanin, potier bien connu à Aniane, aujourd’hui décédé. M. Stevanin les a donnés à M. Peylhard il y a plusieurs décennies. Ce dernier a conservé ces éléments chez lui et, suite à la publication en décembre 2023 d’un article de Laurent Schneider (chercheur au CNRS) sur les dernières fouilles de l’abbaye d’Aniane, il a contacté cet archéologue afin de signaler leur existence, proposer une cession de propriété et déposer les fragments à l’archéothèque de Vendémian (dépôt géré par l’association Grec par convention avec le SRA). L. Schneider, après avoir vu la pièce le 02/04/2024, en a informé la DRAC Occitanie et la communauté de communes Vallée de l’Hérault (propriétaire de l’abbaye d’Aniane) pour organiser une rencontre avec M. Peylhard le 24/04/2024, date à laquelle l’élément a été mis en dépôt avec l’accord préalable du SRA. M. Peylhard a ensuite fait don des fragments auprès de la communauté de communes Vallée de l’Hérault. Afin de déterminer la provenance de la pierre, un prélèvement avait été effectué à une date indéterminée par un géologue héraultais, Gabriel Vignard, aujourd’hui décédé, qui a notamment travaillé à l’identification des matériaux de l’abbaye de Gellone (Saint-Guilhem-le-Désert). Les résultats n’ont pas été publiés, mais M. Peylhard précise que ce calcaire serait d’origine locale et proviendrait d’une carrière souterraine de la commune d’Aniane. Sur le plan stylistique, un premier point de comparaison est un bloc sculpté remployé au sein de l’ancienne abbaye d’Aniane, dans la salle basse du corps occidental, au nord du passage reliant le cloître mauriste aux jardins occidentaux (aujourd’hui cour dite des ateliers). Le bloc découvert lors des fouilles de 2014 n’a pas été prélevé et se trouve toujours intégré dans la maçonnerie attachée aux premières étapes de la reconstruction mauriste (dernier tiers du 17e siècle) ce qui tend à confirmer son origine anianaise. On distingue un enroulement semblable à celui de la table d’autel, alternant une palmette. Les chercheurs interrogés par Laurent Schneider (Miljenko Jurkovic, Michel Fixot et Yumi Narasawa) datent ce fragment en remploi du 11e-12e siècle. On peut tenter par ailleurs des rapprochements stylistiques avec quelques autres fragments provenant du Sud-Est de la France : - un élément de chancel conservé dans l’église Saint-Pons de Cimiez (Alpes-Maritimes) qui faisait partie de l’enceinte du tombeau de saint Pons et sur lequel on retrouve les mêmes enroulements entre lesquels s’insère le motif de feuille (publication de Yann Codou, 2011), daté du 8e siècle ; - un fragment de dalle de chancel d’Aubais (St-Nazaire-de-Marissargues, Gard). La pièce présentée dans le catalogue de l’exposition Septimanie (p.127, n°75) est également daté du 8e siècle, soit de la première phase de l’église, mais a été découverte en position secondaire - un pilier provenant de Nîmes (Gard) publié dans la thèse de Micheline Buis (1975) ; - un pilier en deux fragments signalé à Die par Anne Flammin D’autres points de comparaison peuvent également être trouvés avec des pièces provenant de l’abbaye de San Dalmazzo de Pédona près de Cuneo dans le Piémont italien, avec des fragments de marbre datés de la première moitié du 8e siècle (E. Micheletto, The church of San Dalmazzo in Pedona. Archeology and restoration, AGAMI Editions, 1999). En restant prudent, on peut donc avancer que le décor principal de cette table d’autel est de tradition préromane ; le motif utilisé apparaît dès le 8e siècle mais perdure dans le temps jusqu’au 11e siècle.

Statut juridique et protection

Statut juridique du propriétaire

Propriété publique

Précision juridique

Propriété de la communauté de communes Vallée de l’Hérault.

Typologie de la protection

Inscrit au titre objet

Date et typologie de la protection

2024/10/21 : inscrit au titre objet

Précisions sur la protection

Commission régionale du patrimoine et de l'architecture du 11/06/2024. Voeu de classement.

Référence(s) de publication(s)

L. Schneider, "La redécouverte fragmentaire du cloître roman de l’abbaye d’Aniane (Hérault) : Une histoire archéologique du Coeur d’Hérault à travers les objets de l’archéothèque (III)", Bulletin du Groupe de Recherches et d’Etudes du Clermontais, 2023, 239, pp.65-84. Y. Codou. "Le monument funéraire carolingien de Saint-Pons de Cimiez, retour sur un dossier d'exception", Provence Historique, 2011, LXI, pp.279-295. M. Buis, La sculpture à entrelacs carolingienne dans le Sud-Est de la France. Les motifs qui l'accompagnent et ses survivances à l'époque romane, thèse de doctorat de 3e cycle, Université d'Aix-Marseille, I-II, 1975.

Sources d'archives et bases de données de référence

Fiche descriptive rédigée par Claudine Jacquet, CAOA de l’Hérault.

Références documentaires

Cadre de l'étude

Dénomination du dossier

Dossier individuel

autel (fragments)
autel (fragments)
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