Description historique
Le mémorial de la Guerre 1914-1918, situé dans l'église Saint-Tugdual, honore le lourd tribut payé par la commune de Combrit qui, au sortir de la Grande Guerre, comptabilise 140 morts sur le front. Quant aux blessés, ils seront recueillis dans la villa de l'amiral de Penfentenyo à Sainte-Marie, hameau dépendant de la commune de Combrit. Le monument aux morts est commandé par le chanoine Pedel, alors recteur de la commune, comme l'atteste la lettre de 1923 envoyée au peintre Lucien Simon, déjà connu pour ses nombreuses uvres liées à la Grande Guerre. Cette même lettre fait mention de M. Boucher, ébéniste-sculpteur à Scaër, tandis que le nom du graveur Mialin de Quimper est révélé par l'inscription sur le monument, décoré de trois petites toiles signées de Lucien Simon et de sa fille Charlotte Aman-Jean. Le peintre Lucien Simon (1861-1945), d'origine parisienne, s'est consacré au portrait mais surtout à la peinture de scènes de la vie quotidienne et de la Bretagne en particulier. Selon le Bénézit, son dessin est très vigoureux, sa palette très chaude et colorée ; ces caractéristiques sont bien reconnaissables sur les petites toiles du monument aux morts. Elève au lycée Louis-le-Grand de Paris, Lucien Simon tout en peignant et dessinant, se destine à l'Ecole polytechnique. Au cours de son service militaire, il se lie d'amitié avec le peintre Georges Desvallières et suit, de 1880 à 1883, les cours de Tony Robert-Fleury et de William Bouguereau à l'Académie Jullian. Il expose au salon, où il acquiert une bonne réputation auprès de la société parisienne qu'il portraiture. Il épouse en 1891 la peintre Jeanne Dauchez, sur du peintre breton André Dauchez. Ils auront quatre enfants, dont Charlotte, qui épousera François, fils du peintre Edmond Aman-Jean. Grâce à son épouse, il découvre la Bretagne et achète un sémaphore désaffecté à Sainte-Marine, qui deviendra sa résidence secondaire et son atelier de peinture, où il peint de nombreuses scènes intimistes et familiales. Obtenant la médaille d'or à l'exposition universelle de Paris de 1900, sa réputation ne cessera de croître, tant en France qu'à l'étranger, jusque dans les années 1920. Suite à sa rencontre avec Charles Cottet, il fréquente les artistes de la Bande Noire : Emile-René Ménard, André Dauchez, René-Xavier Printet, qui prend le contre-pied de la peinture claire des impressionnistes. En 1917, il est envoyé au front pour dessiner des scènes sur le vif. En 1923, il est nommé professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, puis est élu à l'Académie en 1927 et enfin nommé peintre officiel de la marine en 1933. L'Etat lui commande plusieurs oeuvres dont la Messe du Soldat et Le Sacrifice, martyre des soldats et des morts accueillis au Paradis par le Christ, pour l'église Notre-Dame-du-Travail à Paris, puis les décors de l'escalier du palais du Luxembourg, inaugurés en 1929, et composés de quatre toiles de grand format marouflées, qui s'associent au plafond peint par Maurice Denis. Il réalise plus tard trois toiles, pour l'abri du Marin au Guilvinec (toutes classées au titre des monuments historiques) et meurt en 1945 à Sainte-Marine. Il est enterré au cimetière de Combrit. Ce monument aux morts est en soi une uvre originale, de belle facture, dans un style bien représentatif de son époque, où les artistes utilisent un vocabulaire décoratif aux lignes épurées, comme les vagues sculptées sur la partie haute. Le décor végétal très stylisé du sommet des pilastres et la graphie utilisée sont caractéristiques des années 1920-1930. Les trois petites peintures de Lucien Simon, conformes au souhait du chanoine, constituent un témoignage très important pour l'époque et s'inscrivent dans le corpus de la Première Guerre mondiale, qu'il a vécu de l'intérieur, et par la participation de son fils, qui est fait prisonnier et reste en Allemagne jusqu'en 1918.