Description de l'iconographie
le groupe sculpté procède de la typologie de la Vierge en majesté et s’inscrit dans le corpus des vierges romanes du Cantal et d’Auvergne. La Vierge de Turlande possède une stature hiératique et frontal assise sur le trône de Sagesse et tenant son fils sur les genoux dans l’axe de son corps et vers le spectateur. Cependant, on peut voir plusieurs filiations se dégager dans ce vaste corpus : le voile plissé sur la tête avec le léger repli à trois pans au niveau des oreilles ainsi que les plis en nombre sur le vêtement habillant le corps. La Vierge de Turlande possède également des mains positionnées avec la senestre sur le genou de l’Enfant et la dextre sur le ventre de son fils. Elle est aussi dans les normes des dimensions de ce corpus avec une hauteur de 72 cm (cf. entre 60 et 90 cm pour le corpus). De plus, la Vierge montre bien le même 'fractionnement' de vêtement avec une 'guimpe' couvrant le visage et descendant par-dessus la tunique corporelle, ainsi que les manches amples de son vêtement. La tunique corporelle descend bien jusqu’au pied, laissant dépasser des chausses à bout semi-pointu. Parmi les Vierges, certaines ont les cheveux dissimulés dans le voile et d’autres pas ; la Vierge de Turlande se trouve, elle, dans la première catégorie. Elle est assise sur un coussin comme la plupart de ses comparses. A noter, le pli axial de la tunique entre les deux pieds de la Vierge et sur les côtés se re trouvent également dans le corpus. De par les détails précédemment énumérés, et formant une constante dans le corpus, elle s’apparente bien aux vierges dites romanes. Là où elle s’en distingue, c’est dans son canon plus étiré et 'fin', les plis sur le vêtement couvrant le corps sont moins nombreux et moins 'resserrés' que chez certaines comme celle de Jailhac ou encore de Vauclair.
Quant à l’Enfant, sans tenir compte de la tête (ici couronné et pas sa mère, généralement quand l’un est couronné originellement l’autre aussi mais ce n’est pas forcément une constante et de sa main dextre) qui sont sans doute des apports postérieurs, le livre dans la main senestre montre des variations par les sculpteurs soit l’Enfant tient son bras plié et la main au centre de la couverture, soit le livre est ouvert dans sa paume ouverte, soit encore la main repose repliée sur la tranche supérieure où encore comme à Turlande, la main soutient le livre par la tranche inférieure. Enfin trois dernières variantes plus rare l’absence de livre, ou avec le livre reposant à plat sur le genou ou pas de livre mais un globe niché dans la paume senestre. Enfin l’Enfant est vêtu de deux vêtements à Turlande comme dans la plupart des oeuvres et ici le vêtement est peu plissé comme celui de sa mère.
Le trône en arcature est identique à ceux des autres Vierges dites romanes.
Pour finir concernant la loge à reliques présente au revers ou plus rarement implantée dans la tête ou dans le torse (cf. Notre-Dame-de-Pagros), Notre-Dame-de-Turlande ne semble pas posséder de loge aménagée par creusement au revers.
En conclusion, ces éléments d’observation pourraient laisser penser à une œuvre à la lisière ou à la charnière entre les canons des vierges dites romanes qui perdurent et des vierges du gothiques avec des canons plus fin et moins massif dans la représentation des corps et des volumes.
Source : CAOA.