Statue
Statue : Christ en croix
Occitanie ; Aveyron (12) ; Espalion ; chapelle des Pénitents
12096
Anciennement région de : Midi-Pyrénées
Lot et Truyère
Chapelle des Pénitents
Sculpture
Ronde-bosse creuse
Bois : taillé, peint ; carton-pâte : peint (polychrome) ; papier mâché
L'étude technique de Sophie Champdavoine en 2004 montre que l'oeuvre est restée longtemps en usage malgré ses nombreuses dégradations. L'analyse réalisée au Centre de recherches sur la conservation des documents graphiques a révélé qu'il s'agit d'un matériau constitué de plusieurs couches, composé d'une pâte à papier, mélange de fibres de coton et de fibres de lin ou de chanvre dans un liant protéique. Le papier mâché est communément défini comme un mélange de papier et de chiffons broyés, d'eau et de colle bouillis. Ce matériau très malléable à l'état humide permet de réaliser des modelés précis qui lorsque le mélange imprégné de colle animale sèche deviennent assez durs pour réaliser des rondes-bosses sans le moindre bourrage. Modelage certainement réalisé par estampages successifs de feuillets encollés sur une matrice que l'on peut imaginer en bois. L'observation, les radiographiques et une endoscopie ont permis de distinguer huit pièces assemblées : deux pour la tête, deux pour le torse et un feuillet enroulé sur lui-même pour chaque membre. Des auréoles brunâtres sont repérées sur les zones d'assemblages. L'étude stratigraphique révèle deux repeints et un surpeint puis un dernier badigeon. Les carnations originales du Christ sont rosées, le perizonium doré et la croix noire avec un liseré également doré. Le premier repeint est de qualité : les chairs sont d'une couleur coquille et le vêtement bleu vif , les gouttelettes de sang sont plus marquées et soulignées de noir. La croix porte un décor de gouttelettes, de crâne et d'ossements caractéristiques de l'ordre des pénitents, tracé en blanc cassé sur fond noir. Le perizonium a ensuite été couvert par un surpeint localisé blanc huileux, épais et grossier. De multiples matériaux rajoutés témoignent des interventions anciennes consécutives à l'affaissement du Christ qui a conduit à des arrachements au niveau des poignets et du bras droit. Des bandelettes de tissus encollées de gomme laque ont été utilisées pour ré-assembler en surépaisseur les éléments. L'intérieur du bras dextre a été comblé d'un bourrage de papier et de toile de jute très encollée et contaminé par des insectes. Deux interventions différents sont visiles au niveau des genoux. Le gauche a été recollé selon le même principe des bandelettes sans repeint. Le droit a été remonté en décalage, avec une colle commerciale récente et repeint.
Christ en croix
Oeuvre restaurée
Restauration en 2004 par Sophie Champdavoine (Arc NucleArt, 38, Grenoble). Fixage provisoire pour le transport. Désinsectisation. Démontage complet des différents interventions de réparation. Suppression des bandelettes et autres résidus d'adhésifs. Manques de matière et déformations en périphérie des plans de collage. Remontage après reprise des volumes de manière à rétablir les alignements et la tension des formes. Traces de chocs, d'enfoncements et de pliures. Intervention de repoussé. Méthode de remise en forme des cartonnages égyptiens. Réalisation d'une structure interne de plate-formes en balsa à chaque extrémité offrant des zones de tenonnage nécessaires au maintien des fragments. Utilisation de la fibre de verre. Traitement de la polychromie. Remise en place de la sculpture sur la croix.
1ère moitié 17e siècle
Présentée à l'origine comme une oeuvre en cuir, la légende populaire voulait même que cette sculpture ait été réalisée en peau voire en peau humaine... Cette légende tire ses sources dans les tanneries de la ville situées en bordure du Lot, tout près du quartier de la chapelle des Pénitents. La confrérie des Pénitents comptait d'ailleurs de nombreux tanneurs parmi ses membres comme l'indiquent les pierres tombales encore en place dans le sol du bâtiment. Un Christ proche techniquement et stylistiquement est localisé dans l'église Saint-Barthélémy de Lauzerte.
Propriété de la commune
Inscrit au titre objet
2005/01/19 : inscrit au titre objet
Matériaux notés comme bois et carton-pâte au moment de la protection.
Arrêté n°2005-19-2.
Fiche CAOA manquante à la MPP. Se renseigner auprès de la Conservation des antiquités et des objets d'art.
Processional cross. This sculpture presented numerous wear linked to its use, as well as to former reparations and upkeep (thick layers of glue, heavy repaints etc.) (Sophie Champdavoine, Coré, 16, février 2006)
Sophie Champdavoine, Restauration d'un Christ en croix de procession du XVIIe siècle en papier mâché, provenant de la chapelle des pénitents à Espalion (Aveyron), Coré, n°16, février 2006, p. 34-42. F. Flieder, R. Ramière, M. Leroy, Recherches sur les effets du rayonnement gamma pour la désinfection des papiers, actes des journées internationales d'études de l'ARSAG, Paris 16-20/05/1994, Paris, 1994. Richard L. Jaeschke, A method of reshapping cartonnage withouth water, in C. Brown, F. Macalister, Conservation in Ancient Egyptian Collections, actes de colloque, Londres, UKIC et International Academic Projects, 20-21 juillet 1995, Londres, Archetype Publications, 1995, p. 23-28.
Base des objets mobiliers protégés au titre des Monuments Historiques d'Aveyron, Conservation des antiquités et objets d'art, septembre 2017 : 1HMOM2390 ; Notice AgrEgée ON4L70.
Photo DRAC : Aveyron2260.JPG ; D'autres clichés sont conservés à l'atelier ARC-Nucléart.
Dossier individuel