Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineCoffret octogonal
Coffret octogonal




Référence de la notice
PM10002298
Nom de la base
Patrimoine mobilier (Palissy)
Producteur
Monuments historiques
Date de création de la notice
17 février 1994
Date de dernière modification de la notice
25 juin 2024
Mentions légales
© Ministère de la culture, 2003
Désignation
Titre figurant dans l'arrêté ou l'étude
Coffret octogonal
Producteur
Monuments historiques
Dénomination de l'objet
coffret
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Grand Est ; Aube (10) ; Troyes ; Cathédrale
Canton
Troyes ville
Code INSEE de la commune
10387
Précision sur la localisation
Anciennement région de : Champagne-Ardenne
Emplacement de l'œuvre dans l'édifice
trésor
Description
Domaine
Menuiserie / Ebénisterie
Catégorie technique
menuiserie ; sculpture
Matériaux et techniques d'intervention
chêne (support) ; cuivre : doré ; ivoire : doré
Description matérielle
Coffret octogonal. Art islamique. Ivoire, décor ajouré, traces de réhauts à la feuille d'or. L'objet est constitué d'un support en médium peint de couleur rouge, sur laquelle se détachent les plaques d'ivoire ajouré. Une boîte en bois sombre (chêne ?) plus ancienne, support ancien de l'objet jusqu'en 1999, est aussi conservé dans le trésor la cathédrale. Bien que cette boîte ait subi plusieurs inetrventions impliquant montage et démontage des plaquettes d'ivoire, elle ne semble pas être le support d'origine des plaques d'ivoire. En effet, les percements des ferrures du coffret, dont certaines sont en réserve sur les plaques d'ivoire, ne trouvent pas de véritable correspondance sur le chêne. L'objet constitue toutefois un témoignage historique intéressant et il est conservé dans le Trésor. Le décor ouvragé de la boîte est constitué de 8 plaques rectangulaires d'origine, surmontées de 2 plaques avec inscription (6 sont manquantes), et d'une grande plaque octogonale appliquée sur le couvercle, dont subsiste 4 fragments. Motifs : Les 8 plaques rectangulaires présentent des motifs très proches avec des variantes, en particulier dans la partie inférieure, qui est constituée d'un motif d'entrelacs ou tresses (2 plaques) ou de quadrillage (6 plaques). Découpe des plaques : les plaques d'ivoire, y compris celles situées sur le couvercle, étaient d'un seul tenant. Seule exception, une des plaques, dont l'angle inférieur senestre semble avoir été rapporté. Ces plaques étaient découpées par sciage dans des blocs d'ivoire rectangulaires, la largeur des plaques correspondant le plus souvent à celle de la défense. Les dimensions imposantes de la plaque située sur le couvercle témoignent du prix élevé consacré à la matière première avant même la fabrication de l'objet. Exécution des motifs : la réalisation des motifs ajourés complexes paraît avoir nécessité l'emploi d'un poncif. Il est possible que les traces de minuscules incisions en pointillés sombres situées le long des bords au revers de chaque plaque, soient la trace de la fixation de ce dernier. Si tel n'est pas le cas, ces traces pourraient aussi être liées à la fixation des plaques pendant leur façonnage. Une fois le motif reporté sur l'ivoire, les lignes générales de la composition (cadre, bordures, emplacement réservé des pentures, contour des feuillages...) étaient dans un premier temps incisées dans l'ivoire, parfois à l'aide d'instruments de géométrie : ainsi un réglet a-t-il été utilisé pour la gravure des lignes délimitant le cadre externe, de même qu'un compas a permis de donner sa forme régulière au cercle réservé pour les ferrures. L'emplacement des percements destinés aux pentures a été repéré par une ligne droite, et c'est une double ligne courbe incisée qu'il dessine le sommet de l'arcature. L'ajourage des plaques a probablement été exécuté ensuite, par percement et par sciage. En dernier lieu ont été réalisés les détails tels que les nervures des feuillages et des palmettes, des chevrons inscrits dans les arcatures ou les moulures, les écailles de pommes de pins et finalement, à l'aide d'une minuscule vrille, les petites ponctuations rythmant les palmettes. La conception même de l'oeuvre montre que la forme de polychromie prédominante résidait dans le jeu entre l'ivoire ajouré et la boîte elle-même, qui servait de fond aux motifs. Le rapprochement avec d'autres boîtes en ivoire contemporaines a permis à Gwenaëlle Fellinger, conservateur au musée du Louvre et commissaire de l'exposition le Maroc médiéval, d'émettre la supposition selon laquelle l'ivoire était appliqué sur un fond de métal doré. Cette idée a servi de guide à la conception du nouveau support en bois doré. Outre le contraste entre les plaques et leur fond, la surface même de l'ivoire était ornée d'une polychromie partielle. L'observation attentive des plaques d'ivoire montre en effet que la moulure bordant les plaques ainsi que les arcatures architecturales, présentent une coloration rouge vif plus ou moins prononcée. Sur une des plaques, bien qu'il n'y ait plus à proprement parler de pigments rouge sur l'ivoire, la coloration est nette.