Description historique
Jacques-Marie-Adrien-Césaire Mathieu (1796-1875). Ciboire réalisé par l'orfèvre parisien Placide Poussielgue-Rusand. En plus de la qualité de sa fabrication, il présente l'originalité d'une inscription latine figurant sous son pied et qui éclaire son histoire. Le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, l'a offert à l'église de Saint-Étienne-du-Bois en souvenir de l'accident survenu le 6 avril 1862. Le véhicule qui le transportait dans les environs se renversa, mais lui-même et ses trois compagnons restèrent miraculeusement indemnes. Après la Révolution, les paroisses tentent de reconstituer leur mobilier liturgique ; pour répondre à la demande, des ateliers d'orfèvres s'agrandissent, d'autres se créent qui donneront naissance à des dynasties d'orfèvres comme les Thierry, Poussielgue-Rusand, Favier, Basnier, ou Démarquet. La production s'intensifie ; elle est désormais proposée sur catalogue permettant aux paroisses de choisir et de commander à distance. Ce ciboire en métal doré enrichi de cabochons de couleur et de fausses pierreries, illustre la production de la manufacture parisienne d'orfèvrerie et de bronze dirigée de 1849 à 1889 par Placide Poussielgue-Rusand, connue surtout pour ses objets liturgiques. Calices, ciboires, patènes ou ostensoirs s'inspirent de modèles médiévaux variés, tout en utilisant de nouveaux procédés de fabrication, plus rapides à mettre en uvre. À Paris, il réalise notamment pour Notre-Dame, les lustres en bronze doré de la nef, la grande couronne de lumière sur les dessins de Viollet-le-Duc, et le reliquaire de la couronne d'épines du trésor. Auteur du somptueux maître-autel de l'église de la Sainte-Trinité, Poussielgue-Rusand travaille aussi pour la cathédrale d'Amiens. Parmi les neuf ciboires et calices de cet orfèvre répertoriés à ce jour dans l'Ain, le ciboire de Saint-Étienne-du-Bois, ainsi que celui conservé à Ars, présente sans doute le décor le plus riche. La tige à nud piriforme, la fausse coupe et le pied chantourné sont très ouvragés ; des médaillons portant les symboles des trois vertus théologales alternent avec des visages d'anges dans des nuées rayonnantes. Le couvercle est sommé d'un ange agenouillé en prière. Sur le pied figurent trois anges rapportés assis, séparant trois scènes de la vie du Christ : le Lavement des pieds, Madeleine aux pieds du Christ en croix et la Transfiguration. (source Catherine Penez - catalogue de l'exposition 'Trésors de l'Ain, Objets d'art du Moyen Âge au 20e siècle', Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse). lieu d'exécution : Île-de-France ; 75 ; Paris