Description historique
Les Jésuites s'établirent dès 1617 à Bourg pour lutter contre la Réforme que risquaient de propager les anciens compagnons d'armes d'Henri IV établis en Bresse. Ils durent se contenter, pendant de longues années, des bâtiments qu'ils avaient acquis du baron d'Arnans. Ce n'est qu'après avoir obtenu le privilège nécessaire à la fondation d'un collège, en 1654, qu'ils envisagèrent de bâtir des locaux adaptés à leur mission et à leur enseignement. La première pierre de la chapelle, actuelle chapelle du Lycée Lalande, fut posée en 1669 par le recteur Mercier. On ignore le nom de l'architecte du projet, mais on constate qu'il s'inspira des autres chapelles de l'ordre et, en particulier, de celle du Puy qui avait été la première uvre du père Martellange, construite à partir de 1604 : même chevet plat accosté de deux petites sacristies, même transept large, mêmes chapelles latérales. Néanmoins, à Bourg, elles ne communiquent pas entre elles et ne forment donc pas des bas-côtés. Les travaux de construction furent menés d'abord par Pierre Redon (1670-1680), puis, après un conflit avec les Jésuites, par Jean Mignaton et Léonard Guillaume (arcs et voûtes, 1680-1682), et enfin par Pierre Delavaux (chapiteaux, architrave et tribune, 1682). La chapelle, placée sous le vocable de Saint-Joseph, fut bénite le 30 juillet 1682 et la première messe célébrée le lendemain, jour de la saint Ignace. La façade en brique est restée inachevée. On suppose que son placage en pierre, entrepris au 18e siècle, a été interrompu par l'expulsion des Jésuites en 1763. La chapelle a gardé une grande partie de son mobilier (retables, tableaux, statues) de l'époque des Jésuites. Du mobilier primitif de la chapelle a été notamment conservé ce porte-flambeau ou porte-cierge pascal que l'on peut dénommer plus précisément ange céroféraire . Ce meuble original se compose d'un socle en bois polychrome aux pieds formés de trois angelots-cariatides dont les corps naissent d'un enroulement de feuillages et qui tiennent des phylactères en forme de manchons. Entre chaque angelot un écusson porte les armoiries du donateur. La partie supérieure, en bois doré, est un angelot assis sur un globe, tenant des deux mains posées sur ses genoux, le plateau porte-flambeau ou porte-cierge. Cet angelot est entièrement nu si ce n'est une petite étole s'enroulant autour de sa cuisse droite et venant reposer sur le globe. Les armoiries ressemblent à celles que Claudine Alhoste, fille du célèbre peintre local Benoît Alhoste, fit enregistrer par d'Hozier : d'azur à trois écussons d'argent posés deux et un . Cependant, sur ce porte-flambeau, on voit aussi les traces d'un meuble en abîme qui pouvait être une fleur de lys buchée. Benoît Alhoste a travaillé pour les Jésuites et pourrait donc être le donateur du meuble ; quant au sculpteur, ne pourrait-il pas être son ami et collègue Pierre Duflot qui a travaillé aussi pour les Jésuites ? (source Paul Cattin).