Description historique
La propagation de l'épidémie de peste, arrivée en mai 1720 à Marseille, entraine une réaction assez rapide des autorités albigeoises. Les consuls sont au nombre de six : ceux qui avaient été élus en septembre 1719 : Olivier de Lavedan, maire, désigné par l'évêque, Philippe Derripis, docteur en médecine, 1er consul, Bernard Caussé, bourgeois dont les mandats furent prolongés par l'intenant du Languedoc et les trois consuls désignés en 1720 : Jean Massol et Nicolas Roffiac, marchands et François Dupuy, maître teinturier.£Un conseil de santé présidé par l'archevêque, réunissant les curés des paroisses, les 6 consuls, 16 avocats, 3 receveurs, 4 médecins, 2 chirurgiens, trésoriers, banquiers et marchands... se réunit régulièrement et aide le conseil politique à prendre ses décisions. Le 8 août 1720, l'assemblée décide que la population devra se défaire des tous les animaux et sortir, les fumiers. Elle interdit de recevoir chez soi "aucuns vagabonds et gens sans aveu" et invite à congédier tous ceux qui sont actuellement logés à Albi. Dès le 17 août 1720, il est émis l'idée d'un "voeu à St SALVY et à St ROCH pour que, par leur intercession, Dieu veuille nous préserver des mesmes maux dont la ville de MArseille est affligée". Le 30 août, le conseil municipal décide de la fermeture de toutes les entrées de la ville à l'exception des portes de Verdusse et du Tarn, qui sont gardées pour "empêcher l'entrée des voyageurs et personnes inconnues qui ne seroit munis des certificats des consuls des lieux dont ils viennent". Il est décidé de concrétiser le voeu par un don à saint Salvi et saint Roch "qui peut être un tableau représentant quelques traits de leurs vies et le voeu que la ville leur fait". Il est précisé que dans le tableau "seront tirés au naturel messieurs les Maire et Consuls revestus de leur robbes et livrées consulaires, et au fond duquel seront mises les armes de la ville, afin que par leur intercession Dieu veuille nous délivrer du fléau dont la ville de Marseille est affligée".£Il semble que le voeu n'est pas été concrétisé en 1721, puisque lors du conseil politique du 11 février, l'assemblée confirme la réalisation du tableau dans lequel "seront représentés messieurs les Maire et Consuls à genoux devant Saint Salvy et Saint Roch représentés dans une gloire, avec une inscription au bas dudit tableau contenant la cause du voeu".£La somme prévue pour le paiement du tableau est inscrite dans l'état des impositions de la ville en juin 1722 : "Plus doit être imposée la somme de 160 livres permise d'imposer par Ordonnance de Mgr l'Intendant du 16 septembre 1721 pour le prix d'un tableau voué par la ville a Saint Salvy et Saint Roch a l'occasion de la contagion, et ce en conséquence des délibérations du Conseil général du 3e (sic) août 1720 et du conseil politique du 11° février 1721". Un mandement de payement signé par les consuls en 1723, nous renseigne sur l'auteur du tableau : Borel, peintre de Castres.£La toile est datée du 25 juillet 1723. Elle fut vraisemblablement installée dans le choeur de l'église avant d'être déplacée, sans doute au moent de l'édification du baldaquin, et s'inscrit dans un ensemble de 6 toiles retraçant les épisodes de la vie de saint Salvi.£La toile est restaurée en 2002. A cette occasion, le chassis vermoulu a été changé, la toile et le cadre ont retrouvé leur dispositions d'origine. Le cadre a été rallongé par l'addition d'une pièce de bois de 15 cm en la partie centrale des deux montants. La toile, déchirée a été réparée et nettoyée.