Description de l'iconographie
Le Christ est représenté debout. Son visage, très allongé est émacié, souligné par une chevelure mi-longue, une barbe et une moustache légèrement bouclées. L'impressionnante couronne d'épines renforce l'allongement du visage et la bouche s'entrouvre sous l'effet de la souffrance contenue. L'anatomie du Christ est sommairement dessinée. La musculature, le modelé du torse, des jambes et des bras manque de précisions. Il a les mains attachées par une lourde corde et porte un perizzonium et a revêtu la tunique que les soldats tireront au sort après sa crucifixion.£Les 6 personnages qui entourent l'Ecce Homo ont le même visage. Les yeux surmontés par d'épais sourcils, le nez droit à arête droite et une barbe bifide. Ils portent tous une impressionnante coiffure, la tête emprisonnée dans un bonnet rouge en forme de suroît. L'un deux est coiffé d'un énorme turban plissé de fine étoffe blanche, agrémenté d'une écharpe dont pans et franges tombent sur la poitrine et qui s'orne en son milieu d'un cabochon en forme de cour. Un autre porte un étrange chaperon dont la calotte est enrichie de deux rangs de motifs carrés et dorés. Ailleurs, la coiffure est sommée d'un bulbe d'orfèvrerie d'aspect oriental tandis qu'un motif de clous décore sur le devant un petit diadème triangulaire d'où partent deux ailes latérales également ornées de clous dorés.£A l'exception du Christ, les personnages sont vêtus d'épais manteaux sous lesquels se remarque la saillie d'un genou replié. Les costumes sont ornés de galons, de franges, de glands, de cabochons carrés, arrondis, losangés, parfois même d'élégantes manches à creuvés. Ils sont retenues à la taille par des ceintures lourdement ouvragées qui laissent voir un haut-de-chausse à galon emperlé, des bottes souples, des chaussons à bouts ronds.Les tuniques sont recouvertes par d'amples manteaux retenus par d'importants cabochons. Ils sont recouverts de pèlerines de formes diverses ornées de glands et de perles.£Cet ensemble présente de nombreuses maladresses, les bras trop courts étriquent les gestes, les mains sont plates, trop grandes et inexpressives à l'exception de celles de l'Ecce Homo, assez vivantes sous leur double lien.£Comme le souligne M. de Bévotte (op.cit.), les attitudes des personnages entourant l'Ecce Homo sont empreintes à la fois de fatalisme et de pitié,: les mains se crispent sur un rouleau de parchemin, se lèvent pour marquer l'impuissance, se tendent en signe d'amitié, argumentent en comptant sur leur doigts, cherchent une contenance en passant le pouce dans une ceinture orfévrée.