Description historique
Le 13 octobre 1836 le général Jean-Leonor François Le Marois, né à Bricquebec en 1776, décèdait à Paris. Très rapidement sa famille, et plus particulièrement son fils le comte Jules-Polydor Le Marois, prit l'initiative de lui élever un monument et de l'offrir à sa ville natale. Une ordonnance royale du 19 juin 1837 vint concrétiser le projet en autorisant la commune de Bricquebec à élever sur une de ses places une statue au valeureux guerrier. Le monument fut inauguré le 22 octobre 1837, soit guère plus d'un an après la mort du général, sur une place qui porte son nom. Les festivités commencèrent dès six heures du matin par une distribution de pain et de cidre pour tous les pauvres de la paroisse pour s'achever dans la nuit par un souper populaire. Ces dernières réjouissances furent précédées de manifestations plus officielles. Un banquet de 850 couverts fut ainsi dressé. Mais auparavant une cérémonie solennelle avait consacré la remise du monument aux habitants de Bricquebec. Les discours prononcés par les officiels, le sous-préfet de l'arrondissement, le maire de Bricquebec, un chef d'état-major et le juge de paix, rappellèrent les valeurs de courage, d'honneur et de fidélité à l'empereur qu'incarnait le général Le Marois, remercièrent la famille Le Marois pour son dévouement à la patrie et pour le don du monument à la commune, enfin ils n'omirent pas de rendre hommage au roi des Français, Louis-Philippe, qui avait eu la bienveillance de voir en l'aide-de-camp du général une des gloires nationales.£Le monument au général Le Marois s'inscrit dans un contexte artistique et politique précis. Sur le plan artistique, le sculpture se mit, tout au long du 19e siècle, de plus en plus fréquemment au service des hommages publics. Réservés aux symboles de la royauté et aux gloires nationales légendaires (Jeanne d'Arc, Bayard) sous la Restauration, les monuments publics s'avérèrent sous le règne de Louis-Philippe un instrument efficace de réhabilitation des gloires napoléoniennes. La statue du général Le Marois prit place dans un vaste mouvement de célébration des héros de l'Empire, elle vint après les hommages à Joubert ou Hoche mais précéda ceux rendus à Murat ou Championnet.£Si le monument n'a pas été déplacé depuis son inauguration, il a néanmoins perdu la grille en fer forgé qui le mettait en valeur et le protégeait. La grille a fait place à un modeste parterre de verdure, et la statue est dorénavant cernée par des véhicules.