Observations
Le triptyque conservé à Angles présente de nombreuses similitudes avec des oeuvre attestées de Louis Bréa. La composition compartimentée et les dimensions du triptyque sont très proches de celles du retable de l'Annonciation (1499, Lieuche). A Angles, le Christ de la Pietà est traité de manière semblable à celui du retable de la Pietà considéré comme la première oeuvre signée de Bréa (1475, Cimiez). Il est à rapprocher également du Christ représenté dans le retable de la Pietà dite Teste, attribué à Bréa (1505, Monaco). Jusqu'à présent, 3 retables de Bréa avaient été recensés représentant la Pietà en scène centrale : ceux de Cimiez, de Monaco et de l'église Saint-Augustin à Nice, réalisé autour de 1500. La prédelle feinte du triptyque d'Angles est à mettre en relation avec celle du retable de l'Annonciation (Lieuche). A Angles, l'attitude et la position frontale de saint Honorat renvoient à la représentation du même saint dans le retable de la Vierge à l'Enfant (Arcs-sur-Argens), de saint Lazare dans le retable de sainte Marguerite (vers 1498-1500, Lucéram) et à saint Nicolas, saint éponyme d'un second retable conservé à Monaco (1500). Le visage de Marie-Madeleine ressemble étonnamment à celui de sainte Marguerite dans le retable qui lui est dédié (1494, Châteauneuf-de-Galaure) ou encore à la Vierge du retable d'Arcs-sur-Argens. Dans l'ensemble, des constantes sont à noter dans l'oeuvre de Bréa. Les visages se caractérisent par une grande douceur. Les têtes sont souvent légèrement inclinées. Le peintre semble avoir conçu des modèles de représentation pour les saints qu'il décline à travers toutes ses oeuvres. La manière dont il traite le paysage témoigne de cette même constance. Bien souvent, les scènes s'ouvrent sur un paysage serein agrémenté de collines arborées, de plaines, de routes sinueuses et de rivières serpentant au loin. La représentation d'une ville, d'une fortification ou d'une architecture y est récurrente. Les scènes du registre supérieur, l'Annonciation et le Calvaire, apparaissent à de nombreuses reprises chez Bréa et semblent respectivement empreintes d'un même modèle. Comme dans d'autres oeuvres de Bréa, le donateur est représenté selon des proportions réduites, agenouillé aux pieds de la scène centrale, les mains jointes. Ici, il est probable qu'il s'agisse du prieur d'Angles.