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Plateforme ouverte du patrimoine

Lugdunum-musée et théâtres romains

Nom du musée

Dénomination officielle du musée

Lugdunum-musée et théâtres romains

Adresse

Adresse

17 rue Cléberg

Code postal

69005

Ville

Lyon

Département

Rhône

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Contact

Téléphone

04 72 38 49 30

Contact générique du musée

contact.lugdunum@grandlyon.com

Appellation/Protection

Appellation musée de France

Musée de France, au sens du Code du patrimoine

Collection

Catégorie de musée

Architecture contemporaine remarquable.

Thématiques principales

Archéologie

Historique

Les collections du musée gallo-romain sont le fruit de près de 500 ans d’enrichissement : leur histoire est indissociable de celle des recherches archéologiques, car tous les objets qui les constituent sont issus de découvertes. Ils étaient enfouis dans le sol, ou bien, comme de nombreux blocs de pierre, remployés dans des constructions postérieures à l’époque romaine. Une partie importante des collections, découvertes bien avant la création du musée gallo-romain, était auparavant conservée au musée des Beaux-Arts. Cet ensemble, est riche de pièces exceptionnelles comme la Table claudienne, et de nombreuses mosaïques, ainsi que de très nombreuses inscriptions sur pierre (près de 700), qui constituent la principale source de nos connaissances sur Lugdunum. Ces pierres ont été les premières « antiquités » à être recensées, déchiffrées, publiées et enfin conservées. Au cours de la Renaissance, des savants épigraphistes en ont réalisé les premiers inventaires : Claude Bellièvre, magistrat (1487-1557), Gabriel Syméoni (1509-1570), homme de lettres originaire de Florence et surtout Jacob Spon (1647-1685). Créé en 1801, le du musée des Beaux-Arts voit ses collections s’enrichir tout long du XIXe siècle de très nombreuses découvertes fortuites, au gré des multiples chantiers urbains qui détruisent les bâtiments et perforent le sous-sol des quartiers anciens. Les premiers conservateurs comme François Artaud, Ambroise Comarmond, Edme-Camille Martin-Daussigny sont des spécialistes de l’Antiquité et des épigraphistes chevronnés. Les inscriptions sont déposées au fur et à mesure de leur découverte dans les galeries du cloître du Palais Saint-Pierre, qu’elles finissent par envahir totalement jusqu’à leur déménagement vers le nouveau musée, au début des années 1970. Si les collections se constituent à l’origine au hasard des découvertes fortuites, très tôt cependant des chercheurs conduisent des observations et des fouilles à des fins purement archéologiques. François Artaud (1767-1838), premier conservateur du musée, apparaît comme un précurseur de l’archéologie urbaine. Il sonde les vestiges de l’odéon et de l’amphithéâtre. En 1885, au cours des travaux de prolongation d’une ligne de chemin, Auguste Allmer (1815-1899) et Paul Dissard fouillent vaste secteur de nécropole dans le quartier de Trion, à Fourvière. Ces deux spécialistes de l’épigraphie recueillent des inscriptions, mais aussi un très important ensemble d’objets (éléments d’architecture, monnaies, vaisselle de terre cuite, lampes, verre, bijoux, objets en fer, en os…) dont ils réalisent une publication exhaustive. Au début du XXe siècle, Camille Germain de Montauzan (1862-1942), et Philippe Fabia (1860-1938), universitaires fondent l’Association lyonnaise de recherches archéologiques. De 1911 à 1933, ils conduisent plusieurs campagnes de fouilles sur la colline de Fourvière. La mosaïque aux Swastikas découverte intacte en 1913, entre alors dans les collections, ainsi que le diplôme militaire en bronze. La quête de l’amphithéâtre est à l’origine des vastes fouilles qui se développent de 1933 au début des années 1980. À la fin du XIXe siècle, on crut reconnaître sur la colline de Fourvière les restes de l’amphithéâtre : c’est pour trancher cette question que la Ville de Lyon entreprit un dégagement complet à partir de 1933. Dès 1935, il apparut que le monument inconnu était un théâtre, qui fut entièrement dégagé et restauré. Les fouilles s’étendirent dans le même temps au petit théâtre voisin, identifié depuis comme un odéon et au de-là, si bien que le chantier de fouille et de restauration se poursuivit jusque vers 1980. Les éléments d’architecture, fragments de statues et inscriptions issues de ces fouilles restèrent sur place, en partie exposés au public dans l’Antiquarium, un petit musée qui exista durant quelques décennies à l’emplacement du futur musée gallo-romain et qui disparut avec sa construction. La création du musée gallo-romain en 1975 coïncide avec une importante mutation de l’archéologie, qui concerne l’organisation des recherches mais aussi les méthodes de fouilles. La prise de conscience d’une érosion rapide et inexorable des « archives du sol » s’est accélérée avec le développement de grands travaux en centre-ville. À partir des années 1980, la délimitation d’un périmètre sensible inclus dans le plan d’occupation des sols et la mise en œuvre systématique d’opérations de diagnostic et de fouille, en amont des projets de construction, sont les principales mesures d’une politique active de protection du patrimoine archéologique. Il en résulte un accroissement considérable des recherches : Lyon est une des villes de France où l’activité archéologique est la plus soutenue. Parmi les opérations les plus spectaculaires, on peut citer au cours des années 1980, les fouilles du clos du Verbe Incarné, sur le sommet de la colline de Fourvière, où furent mis au jour les vestiges d’un temple et de plusieurs îlots d’habitats ; ou le parc Saint-Georges, à proximité d’un des ports de Lugdunum, avec la découverte au début des années 2000 de six grandes embarcations romaines, accompagnées de très nombreux vestiges du commerce fluvial. En parallèle, les techniques de fouilles et d’analyse ont progressé et avec elles, la conception de la recherche archéologique. Le but des fouilles n’est plus la mise au jour de monuments remarquables, ni la quête de « belles pièces » susceptibles d’enrichir les collections du musée. Les recherches tendent plutôt à connaître plus largement l’histoire d’une communauté humaine dans son environnement. Dès lors, des vestiges très modestes, comme de simples tessons de céramique, des charbons de bois, des fragments de pierre ou d’enduit peint, qui jadis étaient jetés avec les déblais de fouille, peuvent se révéler précieux : non seulement comme indices de datation, mais également comme marqueurs d’un milieu naturel, traces d’un commerce ou partie d’un décor. Cette évolution explique la croissance exponentielle du volume du « mobilier archéologique » désormais conservé à l’issue de chaque opération. Depuis 1975, nos connaissances ont progressé dans tous les domaines : les premières occupations du site, les rythmes du développement urbain, l’étendue de la ville romaine et la nature de ses quartiers, mais aussi les relations avec le monde méditerranéen et Rome, le commerce et les productions artisanales, la société et les croyances…

Atouts majeurs

Le musée gallo-romain de Lyon, inauguré en 1975, est construit sur la colline de Fourvière, près des deux théâtres romains, sur le lieu-même où est fondée la colonie de Lugdunum en 43 avant J.-C. Les collections abordent tous les chapitres de la vie publique et privée d’une capitale de province. La grande histoire est présente avec la Table Claudienne, découverte en 1528, qui reproduit dans le bronze le discours que l’empereur Claude, né à Lyon, prononça à Rome, en faveur des Gaulois qui demandaient de droit d’accéder au Sénat. La dédicace de l’amphithéâtre, les guirlandes de marbre de l’autel des Trois Gaules ou les inscriptions honorifiques offertes aux grands prêtres, témoignent d’une parure monumentale prestigieuse. Un ensemble particulièrement significatif se rapporte aux religions et met en valeur la diversité des croyances et des cultes. Parmi les œuvres liées aux spectacles, la mosaïque des Jeux du cirque, fait revivre la passion romaine pour les courses de chars. L’épigraphie et de nombreuses découvertes issues de fouilles récentes révèlent la vitalité économique de la colonie et la diversité des activités artisanales. Les monuments dédiés aux patrons des corporations de bateliers et de marchands attestent que Lugdunum était la capitale économique de la Gaule, en lien étroit avec Rome et la Méditerranée. Le musée est construit au cœur même de la colonie de Lugdunum et voisine avec l’ensemble exceptionnel constitué par les deux théâtres (le grand théâtre et l’odéon), inclus dans le périmètre classé par l’Unesco. Le musée gère également trois autres sites archéologiques : les vestiges des thermes romains de la rue des Farges (Ier-IIe siècle) et les vestiges de deux des plus anciennes églises de Lyon : Saint-Just et Saint-Laurent-de-Choulans, ces derniers inclus dans un immeuble contemporain.

Thèmes des collections (détail)

Archéologie nationale : Protohistoire, Gallo-romain, Paléo-chrétien, Architecture et urbanisme (Epoque gallo-romaine)

Personnages phares

Lucius Munatius Plancus, fondateur de Lugdunum en 43 avant Jésus-Christ. Claude, empereur romain (41 - 54), né à Lyon en 10 avant Jésus-Christ, auteur du discours prononcé en 48 et gravé sur la table claudienne. Caracalla, empereur romain (211 - 217), né à Lyon en 186.

Intérêt architectural

Conçu par l'architecte Bernard Zehrfuss, Grand prix de Rome, le musée presque invisible de l'extérieur se fond dans le paysage d'un site archéologique unique : un théâtre et un odéon romains. La structure en béton armé disparait sous la végétation et seules deux grandes baies, les « canons à lumière », introduisent les théâtres à l'intérieur de l'exposition. À l’intérieur, une puissante architecture de béton supporte une rampe hélicoïdale sur laquelle se déroule l’exposition permanente. Le musée a reçu le label « Patrimoine du XXe siècle ».

Protection espace

Site patrimonial remarquable. Site inscrit. Patrimoine mondial de l'UNESCO. Abords d'un Monument historique.