Musée Magnelli - musée de la céramique

Nom du musée

Dénomination officielle du musée

musée Magnelli - musée de la céramique

Autres noms

Musée de la Céramique et d'Art moderne

Adresse

Adresse

Place de la Libération

Adresse complementaire

Château-musée de Vallauris

Code postal

06220

Ville

Vallauris

Département

Alpes-Maritimes

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Contact

Téléphone

04 93 64 71 83

Contact générique du musée

contact.musee@vallauris.fr

Appellation/Protection

Appellation musée de France

Musée de France, au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Collection

Thématiques principales

Arts décoratifs, Art moderne et contemporain, Beaux-arts, Photographie

Historique

Au cours des années 1930, émerge l’idée de créer un musée. Le projet est relancé à la fin des années 1940 sous l’impulsion de René Batigne et de son épouse Claire Voight Batigne. Ce couple de collectionneurs mécènes, franco-américain, s’installe à Vallauris alors qu’un élan créatif sans précédent se dessine. Ils fondent l’atelier du Tapis Vert, lieu de création et participent activement au renouveau de la vie artistique et culturelle de Vallauris au cours des années 1950. Ils s’intéressent à la chapelle à l’abandon, la remettent en état et souhaitent y créer un musée. En 1949, une première exposition, "De Palissy à Picasso" est inaugurée et le 7 décembre 1951, les Voight Batigne fondent l’Association des Amis du Musée. En 1952, Picasso conçoit, pour le lieu, la Guerre et la Paix. L’œuvre n’y est définitivement installée qu’en 1954. La chapelle devient musée national en 1957, avant d’être officiellement inaugurée en 1959. Le projet d’un musée municipal est relancé au cours des années 1960. La Ville de Vallauris achète le bâtiment actuel en 1972. Quatre ans plus tôt est inaugurée la Biennale Internationale de Céramique d’Art, concours de céramique. Dès la première édition, le principe est inscrit selon lequel les œuvres primées deviennent propriétés du futur musée, constituant ainsi le socle de la collection. Le 8 juillet 1977, le musée est inauguré et en 1996, il prend le nom de musée Magnelli, musée de la céramique. En 1996, le musée est rebaptisé musée Magnelli, musée de la Céramique. Le musée expose la très importante donation Magnelli faite par la veuve du peintre en 1977 et les pièces céramiques primées depuis 1966 aux biennales internationales de Vallauris. Depuis quelques années, l'accent est porté sur les céramiques des années 1950 et plus spécialement sur les éditions céramiques de Picasso chez Madoura.

Atouts majeurs

Collection Magnelli. Céramiques : Picasso, Vallauris : culinaires et artistiques des années 1950, céramiques des biennales internationales depuis 1966 à aujourd'hui. Design céramique.

Thèmes des collections (détail)

Antiquités étrangères, Archéologie nationale : Gallo-romain, Art moderne et contemporain, Arts décoratifs : Céramique, Beaux-Arts : Dessin, Estampe et Affiche, Peinture

Artistes phares

Alberto Magnelli (1888-1971), Roger Capron, Jean Derval, famille Massier : depuis le XVIe siècle, Vallauris développe une production céramique autour de la poterie culinaire ou terraille, qui devient au XVIIIe siècle l’activité principale de la ville. C’est au cours de ce siècle que le premier Massier, « maître potier à terre », apparaît : il s’agit de Pierre (1707 – 1748). Ses descendants continuent cette production jusqu’à Jacques (1806 – 1871) et Jérôme (1820 – 1916), arrières-petits-fils de Pierre, devenus « fabricants de poterie ». Leurs fils, respectivement Delphin (1836 – 1907) et Clément (1844 – 1917) pour Jacques et Jean-Baptiste (1850 – 1916) pour Jérôme, sont formés à cet artisanat. Un tournant décisif va être impulsé avec l’arrivée, en 1859, de Gandolfi Gaetano dans la fabrique de Jacques. Ce potier italien va, pendant trois ans, initier la famille Massier, et notamment Clément, dont il est le « maître », à des techniques jusque-là inconnues dans la production vallaurienne : les moules en plâtre et surtout les techniques de décor en faïence émaillée. Dès lors, la fabrique de Jacques Massier commence à produire des pièces artistiques qui se distinguent de l’artisanat local. A la mort de Jacques, en 1871, Delphin et Clément reprennent l’entreprise familiale et la font évoluer vers la production artistique exclusivement. Jean-Baptiste suit la même voie sous le nom de Jérôme Massier Fils. A la séparation des deux frères, en 1889, tous les trois sont à la tête de manufactures importantes. Les Massier vont être novateurs à la fois dans le domaine artistique par leurs recherches dans les techniques anciennes : faïence émaillée, lustre métallique et dans le domaine commercial, en utilisant des moyens modernes comme la publicité, les catalogues de vente et les cartes postales pour attirer la clientèle nouvellement installée sur la Côte d’Azur : leurs pièces séduisent et décorent les nouvelles constructions de la Riviera. Ils créent, également, des points de vente au niveau national et international grâce aux nouveaux modes de transport comme le chemin de fer et à la modernisation du commerce maritime ; ils expédient leurs pièces à travers le monde et présentent les fruits de leurs recherches lors des expositions universelles et internationales qui se tiennent, en Europe et aux Etats-Unis, à intervalles réguliers ; ils y reçoivent de nombreuses récompenses dont la médaille d’or pour Clément en 1889, à l’Exposition Universelle de Paris. Enfin, leurs contacts avec les cours princières européennes, qui deviennent leurs clients, le monde artistique et littéraire leur donnent une notoriété internationale. Par leur démarche artistique et leur esprit commercial, Delphin, Clément et Jérôme Fils, illustrent parfaitement cette fin du XIXe siècle où émerge et s’affirme la notion d’ « arts appliqués à l’industrie » qui deviendra les « Arts décoratifs ». Leurs descendants directs perpétuent un temps leurs productions, notamment Jean, un des fils de Delphin. Mais peu à peu la production Massier, qui a ouvert la voie de la céramique artistique à Vallauris, décline et disparaît. Les Massier, et en particulier Clément, ont fait appel à des collaborateurs de renom. Dès 1860, il invite le sculpteur écossais Alexandre Munroe et Optat Millet, céramiste décorateur formé à Sèvres, à dessiner des modèles pour l’atelier. La collaboration la plus significative est celle du peintre symboliste Lévy-Dhurmer, qui sera directeur artistique de la fabrique de Clément, pendant huit ans, de 1887 à 1895. Ils ont été un modèle de référence pour beaucoup d’artisans. A cette époque, de nombreux céramistes ont été formés dans les ateliers Massier à Vallauris et ont perpétué les techniques du lustre métallique et de la barbotine. Certains ont créé leur propre atelier, comme l’atelier BACS par Jean Barol (1873 - 1966), Marius Alexandre (1880 - 1959), Jean Carle, et François Sicard (1850 - 1942). D’autres partent s’installer à Fréjus comme Dominique Zumbo ( ? – 1939). Partout en France et en Europe, d’autres ateliers vont s’inscrire dans ce renouveau : la société Cytère dans les Vosges, l’école florentine, Vilmos Zsolnay (1828 - 1900) à Pecs en Hongrie, et William de Morgan (1839 ? - 1917) en Grande Bretagne. La poterie culinaire, production « historique », de Vallauris décline dans l’entre-deux-guerres. Cependant, dès la fin des années 1930, de jeunes artistes commencent à arriver à Vallauris, notamment Suzanne et Georges Ramié, qui fondent en 1938 l’atelier Madoura (ce nom est issu de la contraction du mot « maison » et de leurs deux noms de famille Ramié et Douly). La production de Suzanne Ramié sera quelque peu éclipsée par celle de Picasso qu’elle accueille à partir de 1948 ; pourtant, elle se distingue par des créations issues des formes traditionnelles provençales : des formes pures soulignées par des émaux très vifs et par une production plus personnelle. Ce mouvement se prolonge pendant et juste après la seconde guerre mondiale. Cette nouvelle génération participe au renouvellement de l’exposition traditionnelle, Poteries – Fleurs – Parfums, qui se tenait chaque année au Nérolium, coopérative agricole où est produit le néroli, essence de fleur de bigaradier, et qui avait été interrompue pendant la guerre. L’arrivée de Picasso impulse un tournant décisif et va créer une effervescence notable : les années 1950 apparaissent bien, dès lors, comme « l’âge d’or » de Vallauris et la ville devient « la cité des 100 potiers ». A la suite de Picasso, d’autres artistes célèbres comme Marc Chagall, Edouard Pignon, Anton Prinner, Victor Brauner, s’initient à la céramique, à Vallauris. Parallèlement à cela, les jeunes gens, la plupart issus d’écoles d’art, qui continuent à s’installer à Vallauris, vont créer chacun à travers leurs personnalités différentes, un foyer artistique extrêmement riche. On peut citer Jean Derval, Roger Collet, Roger Capron, Gilbert Portanier, Robert Picault, Marius Bessone, Marcel Giraud, Alexandre Kostanda, Albert Thiry, Gilbert Valentin… : les formes dérivées de l’utilitaire sont toujours très présentes mais cette nouvelle génération se tourne également, peu à peu, vers des formes plus sculpturales et également vers l’architecture. Cette jeunesse n’est pas la seule à développer une production remarquable. D’autres se distinguent, comme celle de Jean Gerbino qui a travaillé au début du XXe siècle chez les Massier et qui est installé comme artisan à partir de 1930. Il a mis au point une technique de terres mélangées qui trouve son plein épanouissement lors de cette décennie. L’entreprise s’est poursuivie avec ses deux gendres, Joseph Capra et Edouard Alziary, puis avec le gendre de ce dernier, Yvan Koenig. De même, les fabriques traditionnelles (Giuge, Grandjean-Jourdan, Saltamacchia, Foucard-Jourdan…) participent à ce mouvement en renouvelant une production de qualité. Le musée possède une collection de deux cent photographies d’André Villers (1930 - 2016), prises entre 1953 et 1961. Né à Beaucourt (Territoire de Belfort), c’est à Vallauris qu’André Villers apprend la photographie alors qu’il est en convalescence au centre Hélio-Marin. Il rencontre Picasso en 1953, qui lui offre son premier rolleiflex. « C’est moi qui t’ai mis au monde » dira plus tard Picasso. Villers exécute le portrait de nombreux artistes (Prévert, Magnelli, Dali, Chagall …) et réalise des milliers de clichés de Picasso, témoignant de l’intégration de Picasso à la vie de la cité vallaurienne. Ensemble, ils créent une oeuvre à quatre mains Diurnes dont 30 clichés seront publiés dans un album accompagnés d’un texte de Jacques Prévert. André Villers a immortalisé également les rues de Vallauris. Dans ses clichés, s’observent les magasins et les maisons de l’époque, les poteries et leurs fumées, mais aussi les gens, les enfants, leurs jeux, la mode vestimentaire… Ce patrimoine photographique, en noir et blanc, donne à voir la vie des Vallauriens dans leur quotidien, à ressentir parfois leurs émotions.

Intérêt architectural

C’est en 1038 qu'Aldebert, évêque d’Antibes, et son frère, Guillaume Ganceran, cèdent leur fief de Vallauris au monastère de Lérins. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, les moines de Lérins font construire un castel et sa chapelle pour la résidence du prieur, seigneur délégué du fief. La chapelle, encore visible, placée sous le vocable de Sainte-Anne, est un petit édifice à nef unique dont les deux travées couvertes d’une voûte en berceau brisé s’articulent à une abside sous cul-de-four par un large arc brisé. Cette église s’insère dans un important ensemble de constructions romanes en Provence orientale. Au cours de son histoire la ville a connu diverses fortunes. En 1453, elle est déclarée inhabitée. Le prieuré, laissé à l’abandon, tombe en ruines. En 1501, Dom Raynier de Lascaris, moine de Lérins, prieur et seigneur du lieu, fait venir de son comté de Vintimille des familles de paysans pour repeupler l’endroit. A cette époque, d’importants travaux de restauration sont entrepris : le linteau de l’entrée porte la date de 1568. La bâtisse prend alors des allures de château Renaissance, avec notamment un bel escalier en balustre à la florentine. Au XVIIIe siècle, le bâtiment est complété avec l’édification du porche d’entrée et restera la demeure du prieur, jusqu’en 1787. A la Révolution, le prieuré et ses dépendances sont déclarés Biens nationaux et revendus à la famille Maurel qui installe un moulin à huile dans la chapelle, désaffectée en 1791. La grande meule de pierre du moulin est toujours en place dans la chapelle en 1950 lorsque la sculpture de Picasso, l’Homme au mouton, y est exposée. En 1810, une famille d’armateurs marseillais, les Daumas, rachète le domaine et l’embellit. Leurs armes, soutenues par deux angelots, sont encore visibles au-dessus de la porte principale.

Protection bâtiment

Protégé au titre des Monuments historiques : https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00080906?base=%5B%22Patrimoine%20architectural%20%28M%C3%A9rim%C3%A9e%29%22%5D&ou=%5B%22Vallauris%22%5D&last_view=%22mosaic%22&idQuery=%2226a143f-8585-1db2-4bff-103bf32faba7%22

Protection espace

Site inscrit. Abords d'un Monument historique.