Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Nom du musée

Dénomination officielle du musée

Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Nom usuel

MahJ

Ancien nom

Musée d'Art Juif de Montmartre

Adresse

Adresse

71, rue du Temple

Adresse complementaire

Hôtel de Saint-Aignan

Code postal

75003

Ville

Paris

Département

Paris

Région

Ile-de-France

Contact

Téléphone

01 53 01 86 60

Contact générique du musée

Info@mahj.org

Appellation/Protection

Appellation musée de France

Musée de France, au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Collection

Thématiques principales

Archéologie, Arts décoratifs, Art moderne et contemporain, Beaux-arts, Civilisations extra-européennes, Ethnologie, Histoire, Photographie

Historique

Inauguré en 1998 à l’hôtel de Saint-Aignan, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme conserve une des plus importantes collections d’œuvres et d’objets liés au judaïsme à l’échelle internationale. La collection du musée a été constituée depuis 1989 en réunissant plusieurs ensembles exceptionnels. Le plus ancien est la collection du chef d’orchestre alsacien Isaac Strauss (1806-1888), offerte en 1890 par la baronne Charlotte de Rothschild au musée de Cluny, où elle n’était plus présentée au public depuis les années 1940. Composée de mobilier synagogal, d’objets rituels et de livres et manuscrits échelonnés entre le Moyen-âge et le XVIIIe siècle, d’origines principalement allemande et italienne, le musée de Cluny les dépose au mahJ ainsi que quelques Judaica remarquables, offerts par la famille Camondo, et un exceptionnel ensemble de stèles funéraires médiévales, mises au jour en 1849 rue Pierre Sarrazin, témoignant de la présence d’une importante communauté juive à Paris, avant les expulsions de 1306 et 1394. Dès l’origine, le musée reçoit également les collections du petit musée d’art juif de la rue des Saules, fondé en 1948 par des survivants de la Shoah, soucieux de sauvegarder la mémoire et les témoignages matériels des communautés disparues. Doté en 1951 par la Jewish Restitution Successor Organization d’une centaine d’objets spoliés par les nazis, il disposait de très peu de moyens mais entreprit la collecte d’objets religieux européens et maghrébins, ainsi que d’œuvres d’artistes juifs de toutes nationalités appartenant à l’École de Paris. À ce noyau initial se sont agrégés des dépôts de nombreuses institutions : musée national d’Art moderne, musée d’Orsay, musée du Louvre, musée de l’Homme, musée national des arts d’Afrique et d’Océanie, musée national de la Céramique de Sèvres, musée Carnavalet, musée Lorrain, musée d’Israël, consistoires israélites de Paris et de la Moselle, temple Buffault, séminaire israélite de France, fondation du Judaïsme français… Les premières acquisitions du mahJ ont été dictées par la nécessité d’illustrer la diversité des composantes du judaïsme français au XIXe siècle, peu représentées au départ. Un effort particulier a aussi porté sur le judaïsme maghrébin, en raison de son importance culturelle et démographique en France, à partir du décret Crémieux octroyant la nationalité française aux juifs d’Algérie en 1870, jusqu’à l’arrivée massive de juifs lors de la décolonisation. La collection s’est aussi enrichie d’œuvres d’artistes contemporains, dont certaines de ces œuvres ont été réalisées spécialement pour le musée, comme Les habitants de l’hôtel de Saint-Aignan en 1939 de Christian Boltanski qui évoque les occupants de cet hôtel aristocratique du XVIIe siècle, peuplé à partir de la fin du XIXe siècle de juifs originaires d’Europe centrale et orientale, actifs dans les métiers du vêtement : chapeliers, casquettiers, tailleurs, fourreurs. Le rapport au livre, au texte et à la langue est la trame sur laquelle s’inscrivent nombre des commandes et acquisitions, tels Les livres de sable de Michel Ullmann. Le mahJ conserve également des œuvres de photographes du XXe siècle (parmi lesquelles 400 épreuves originales de Nathan Lerner données par sa veuve) ou contemporains (Pierre Abensur, Alécio de Andrade, Didier Ben Loulou, Edward Hillel…). En 2015, il a acquis 435 tirages et plaques de verre sur la Palestine des années 1932 à 1948, dus à Helmar Lerski. Le musée conserve aujourd’hui plus de douze mille objets, dont plus de sept mille acquis depuis son ouverture.

Atouts majeurs

Le mahJ tente de rendre compte de deux dimensions essentielles du judaïsme : la pérennité à travers les siècles, issue de la transmission des textes et de la fidélité à des pratiques religieuses et sociales conjuguées à une forte conscience identitaire, et l’extraordinaire diversité culturelle des sociétés juives développées au long de plus de deux millénaires de vie diasporique. La collection se déploie ainsi dans un très large spectre chronologique et géographique. Si le judaïsme français y occupe une place privilégiée, le mahJ se distingue des autres musées juifs européens, centrés sur l’histoire des communautés nationales, par une approche beaucoup plus large avec des objets illustrant l’histoire du judaïsme et de ses pratiques cultuelles et culturelles de la fin de l’Antiquité à nos jours en l’Europe (Italie, Pays Bas, Europe orientale) et au Maghreb. Musée d’histoire, le mahJ s’intéresse à tout le spectre des témoignages matériels et immatériels sur le judaïsme. Musée d’art, c’est moins l’identité des artistes qui retient son attention que la résonnance du judaïsme dans leur œuvres, d’où la présence d’œuvres d’artistes non-juifs pour lesquels le judaïsme a été inspiration majeure (Gérard Garouste). Le musée présente les œuvres de nombreux artistes du XIXe siècle et XXIe siècle, parmi lesquels Samuel Hirszenberg, Edouard Moyse, Frantisek Kupka, El Lissitzky, Marc Chagall, Robert Capa, Nathan Lerner et tous les artistes juifs de l’Ecole de Paris, notamment Jules Pascin, Haïm Soutine et Jacques Lipchitz, le mahJ possédant sur ce denier artiste un fonds de référence (1 368 manuscrits, photographies, dessins et une sculpture). Parmi les artistes contemporains, on citera Kader Attia, Judith Bartolani, Carole Benzaken, Jean-Pierre Bertrand, Christian Boltanski, Philippe Boutibonnes, Sophie Calle, Sophie Elbaz, Gérard Garouste, Moshé Gershuni, Anne-Valérie Hash, Edward Hillel, Georges Jeanclos, Mikhaïl Karasik, Moshé Kupferman, Frank Lalou, Mikael Levin, Serge Lask, Agnès Lévy, Arik Levy, Michel Nedjar, Moshe Ninio, Nira Pereg, Cécile Reims, Iris Sara Schiller, Micha Ullman, Max Wechsler, Boris Zaborov.

Thèmes des collections (détail)

Archeologie nationale : Médiéval, Art religieux (juif), Arts décoratifs (Art et civilisation juifs.), Beaux-Arts : Estampe et Affiche, Peinture, Sculpture, Autres collections : Photographie, Ethnologie : Costume, Pratiques religieuses et collectives, Histoire : Histoire religieuse

Artistes phares

Artistes russes, allemands et polonais des années 1920.

Personnages phares

Le parcours permanent évoque le rôle des penseurs de la Haskalah (Lumières juives) comme le philosophe berlinois Moses Mendelssohn et les nombreuses personnalités françaises (rabbins, notables, industriels, intellectuels, artistes…) ayant joué un rôle lors de l’Emancipation (1791), puis de la constitution du franco-judaïsme. Il est avec le musée de Rennes, la principale institution évoquant l’affaire Dreyfus, conservant en particulier un fonds d’archives de plus de 3 350 pièces donné par la famille du capitaine et plus de 300 ouvrages sur le sujet. Il est dépositaire de plusieurs autres fonds sur diverses personnalités comme Albert Cohen ou Raymond Aron.

Intérêt architectural

L'hôtel est bâti en 1644-1650 pour Claude de Mesmes, comte d'Avaux, qui sert Richelieu et Mazarin dans les négociations des traités de Westphalie (1648). Connu pour sa Manière de bâtir pour toutes sortes de personnes (1623) et recommandé par la qualité de ses châteaux de Chavigny, de Pont et de Tanlay (1638-1645), l'architecte Pierre Le Muet (1591-1669) en dresse les plans.

Protection bâtiment

Classement au titre des Monuments Historiques

Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme