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Couvent des dominicaines des Tourelles






Référence de la notice
PA34000141
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Monuments historiques
Date de création de la notice
1 octobre 2024
Date de dernière modification de la notice
4 mars 2026
Mentions légales
© Monuments historiques. Cette notice reprend intégralement les termes de l’arrêté de protection au titre des Monuments historiques. Elle répond à l’obligation réglementaire du ministère de la Culture d’établir la liste générale des immeubles protégés (art. R. 621-80 du Code du patrimoine). Elle est donc opposable et fait foi juridiquement. Aucune copie numérique ou papier ne sera fournie par courrier ni courriel. Le dossier de protection complet et l’arrêté sont consultables uniquement sur place, dans la salle de lecture de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).
Désignation de l'édifice
Titre courant
Couvent des dominicaines des Tourelles
Producteur
Monuments historiques
Dénomination de l'édifice
couvent
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Occitanie ; Hérault (34) ; Saint-Mathieu-de-Tréviers ; Les Rabassières
Lieu-dit
Les Rabassières
Références cadastrales
2024 AS 36
Historique de l'édifice
Siècle de campagne principale de construction
Année(s) de(s) campagne(s) de construction
1971 ; 1976
Auteur de l'édifice
Description historique
Les Dominicaines se sont implantées dans l'Hérault en 1896 à Pignan, puis à Montpellier en 1916, dans la propriété des Tourelles, quartier de Boutonnet. A partir de 1968, la communauté décide de se scinder en deux et de construire un nouveau couvent à Tréviers, pour lequel elles font appel à l’artiste Thomas Gleb (1912-1991). Celui-ci confie à Geneviève Colboc-Lions (1917-2009) le soin de dessiner les plans, Gil Thellier architecte à Montpellier étant chargé du suivi du chantier. Les travaux de terrassement débutent dès juillet 1971, l’emménagement définitif se faisant en décembre 1972. Thomas Gleb, connu pour ses grands décors de tapisserie, réalise en 1979 le réaménagement de la chapelle du Carmel de Niort et l'oratoire des Dominicains à la Sainte-Baume. Il obtient le Grand Prix national de la tapisserie en 1980.
Le couvent comprend quatre bâtiments. Au centre, un bâtiment carré pour l'accueil, les salles communes, la restauration, la chapelle et le cloître. Au sud, une vingtaine de cellules sont disposées sur un axe sinueux à partir de l'angle du cloître. De l'autre côté, deux petits bâtiments accueillent d’autres cellules. A l’entrée du site, une hôtellerie est édifiée de façon indépendante. Thomas Gleb conçoit cette architecture comme un sculpteur, par agencement dans l'espace de grands volumes géométriques, une architecture-sculpture qui s'insère dans le paysage. Il utilise la courbe et l'oblique, à l'image de la silhouette du Pic Saint-Loup voisin. Sur une base carrée, il dessine par exemple l'élément en superstructure qui reprend textuellement le triangle à la fois oblique et courbe du Pic Saint-Loup. Le volume de la chapelle est un haut cylindre fait de trois pans décalés en plan et en hauteur, qui créent trois ouvertures longues et étroites donnant de la lumière indirecte. L'autel, prévu par Gleb en plexiglas mais refusé par les sœurs, est une grande pierre sculptée, installée au centre de la chapelle. A l'arrière, le cloître est fermé par une toiture partielle de forme ovoïde. Autour, de façon traditionnelle, sont ordonnés le réfectoire, la bibliothèque et la chapelle. Au fond, une large ouverture donne directement sur la nature. Les cellules sont disposées le long d'un couloir dessinant trois courbes et contre-courbes, surmontées d'un pan de toit courbe aménageant des baies qui donnent de la lumière indirecte. Les cellules des sœurs bénéficient en plus d'une loggia ouverte sur la vallée. Chaque chambre, celles des sœurs comme celles de l'hôtellerie a une vue sur la nature et aucun vis-à-vis, pour l'intimité et l'isolement. Le bâtiment de l'hôtellerie est formé de deux demi-sphères décalées en plan et à pente de toit inversée, ménageant entre elles un espace ouvert, comme une faille. Dans le principe de l'architecture-sculpture voulue par Gleb, les formes extérieures courbes des murs et des plafonds sont visibles à l'intérieur, les ouvertures de formes variées, souvent disposées en longueur sont adoucies par des ovales. Le traitement des murs intérieurs, peints en blanc, est très simple. Dans l'entrée de la chapelle, est exposée une tapisserie de Gleb, tissée dans les tons de blanc. Les porte-à-faux formant des becs sur l'hôtellerie, l'usage des courbes, le jeu de petites ouvertures sur le mur au-dessus de l'auvent d'entrée sont autant de références à la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier.