Commentaire descriptif de l'édifice
Les élévations de l'hôtel Pauilhac ne sont visibles que sur la cour, depuis l'entrée de la rue Roquelaine. Sur trois côtés - la façade en retour, au nord, était prolongée par les écuries, celle côté sud était mitoyenne avec la propriété voisine - elles se développent sur cinq niveaux : un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages ainsi qu'un étage de comble en brisis couvert en ardoise, percé d'œils-de-bœuf à encadrements en zinc. Ce dernier niveau est bordé par une coursive avec garde-corps (les balustres, visibles sur une photographie de 1959, ont depuis été remplacés par des garde-corps métalliques). À la fin des années 1950, cet étage de comble a été surélevé sur l'ensemble de l'aile ouest et en partie sur le corps de bâtiment sud (côté boulevard). Le parement des façades alterne de la brique rouge aux étages avec un bossage continu en table de pierre au rez-de-chaussée surélevé et sur l'avant-corps sud ; cette pierre blanche se retrouve au niveau des encadrements de baies et de la corniche, complétant cette élégante polychromie. Aux multiples références au XVIIIe siècle - profusion d'éléments sculptés de style rocaille (coquilles, cartouches, clefs, guirlandes de fleurs), épaisse corniche avec postes, denticules et consoles, ferronneries des balcons...- se mêle l'influence Art nouveau dans le dessin des menuiseries en bois à verres biseautés.
Les appartements occupaient principalement le corps de bâtiment sud (sur le boulevard), l'aile ouest servant de vestibule d'entrée et, à chaque étage, de galerie de liaison avec une pièce située à l'angle de l'aile nord. Une seconde entrée depuis le passage couvert du n°72 (hôtel Marsan) menait directement aux appartements de Georges Pauilhac ainsi qu'aux bureaux de l'entreprise JOB. Les deux axes de distribution de l'hôtel - hall et vestibule depuis la cour/second vestibule depuis l'entrée du n°72 - se recoupent à angle droit au niveau du grand escalier.
Le hall a été recloisonné et masqué par des aménagements successifs, toutefois le décor d'origine - sol en mosaïque et plafond à large corniche moulurée - est visible dans les dégagements. Depuis le hall, on accède au vestibule donnant sur la cage d'escalier et au couloir distribuant les pièces du rez-de-chaussée. Les deux salons ouvrent au sud sur le boulevard. Leur décor, de même que celui du couloir, est marqué par l'Art nouveau : formes sinueuses des poignées et impostes des portes, motifs floraux sculptés sur les portes, les lambris, la corniche et la cheminée du petit salon. Dans le grand salon, le décor est plus sobre : on retrouve l'influence de la « ligne coup de fouet » dans les lambris bas et les encadrements de baies tandis que la cheminée adopte un style néo-Renaissance. La salle à manger, située dans l'avant-corps, donnait au nord sur la cour. De même que dans les salons, un faux-plafond y a été mis en place et les éventuels papiers peints ou tentures ont disparu. Au sous-sol, l'ancienne cuisine, située sous la salle à manger, ouvrait au nord sur une cour anglaise, de même que d'autres espaces de service. L'escalier est en marbre jaune avec un garde-corps en ferronnerie dans le goût du XVIIIe siècle. Les portes en bois sont sculptées de motifs empruntés au vocabulaire néo-classique : godrons, rangs de perles, piastres, coquilles et chutes de feuillages. Au 1er étage, l'aile ouest est occupée par une galerie ouvrant sur la cour par trois portes-fenêtres. Son sol est en mosaïque comme celui du péristyle ; elle ouvrait au nord sur une ancienne chambre (les traces de cloisons sur le parquet semblent indiquer une alcôve et une cheminée). Les chambres principales étaient probablement situées dans l'aile sud, dont la distribution a été conservée. Ces quatre pièces conservent leurs portes sculptées, volets intérieurs, parquets à chevrons, plafonds à corniches ou consoles moulurées, mais les cheminées ont disparu. Les deux salles de bains présentent des sols en mosaïque et des parois recouvertes de marbre.
Le deuxième étage reprend la même distribution : la galerie, dont le sol est ici recouvert d'un parquet à chevrons, dessert au sud des chambres réparties de part et d'autre d'un couloir, et au nord une vaste pièce qui aurait servi de billard, éclairée par une verrière aujourd'hui occultée, enchâssée dans une structure en bois sculpté aux lignes Art nouveau. L'aile sud a en partie conservé son riche décor, plus raffiné que celui du 1er étage (parquets marquetés, gypseries des plafonds), indiquant peut-être une fonction de réception pour ces espaces.