Briqueterie Lambert

Désignation

Dénomination de l'édifice

Briqueterie

Titre courant

Briqueterie Lambert

Localisation

Localisation

Centre-Val de Loire 28 Saint-Piat

Précision sur la localisation

Anciennement région de : Centre

Adresse de l'édifice

Dionval (rue de) 15

Références cadastrales

1970 D 1420

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En village

Nom du cours d'eau traversant ou bordant l'édifice

Eure (l')

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

2e moitié 19e siècle, 1er quart 20e siècle

Description historique

En 1859, le préfet d'Eure-et-Loir autorise Jean-Baptiste Lambert à construire un four à tuile sur des terres qu'il possède au lieu-dit la Lumière à Saint-Piat. Le premier four de plan carré a aujourd'hui pratiquement disparu ; seuls subsistent quelques vestiges de la chambre de chauffe et la cheminée incluse dans le bâtiment abritant le four actuel. Ce dernier, sans doute élevé entre 1880 et 1910, est un four à doubles galeries de type Hoffmann : la capacité de production est ainsi considérablement améliorée puisque le feu est continu ; en effet les opérations d'enfournement et de défournement se font en même temps, à des endroits opposés du four. Le four lui-même se compose de deux galeries longues de 32 mètres. ; chaque galerie est percée de neuf portes permettant l'enfournement et le défournement. L'allumage du feu s'effectuait à l'extrémité sud de la galerie est. La montée en température durait 15 jours ; 15 autres jours étaient nécessaires pour que le feu fasse le tour des galeries. L'alimentation du feu se faisait au moyen de charbon introduit grâce à des trous ménagés dans la voûte des galeries. L'approvisionnement en charbon était effectué au moyen de distributeurs à charbon composés d'appareils cylindriques rehaussés d'entonnoirs en céramique. Ces distributeurs étaient déplacés selon la progression du feu dans le four. Les briques disposées dans le four étaient posées de chant et superposées en quinconce pour permettre la circulation de la fumée lors de la combustion. Le défournement s'effectuait à l'opposé de la zone d'enfournement et de cuisson. L'air frais s'introduisant dans les galeries se réchauffait au contact des briques et les refroidissait progressivement. Huit jours étaient nécessaires au refroidissement d'une chambre. La cheminée située à l'Est était reliée au four par des galeries souterraines. Un système de registres métalliques permettait de réguler le tirage des fumées. Des séchoirs composés d'étagères en bois sont disposés tout autour du four ainsi qu'au niveau correspondant à la voûte du four. Un petit monte-charge et des rampes en bois calibrées pour le guidage des brouettes permettaient d'y acheminer les briques crues. La ventilation s'effectuait au moyen de volets de bois à lames orientables que l'on peut encore voir sur le mur pignon nord. Des chaudières maçonnées disposées dans les halles de séchages permettaient, le cas échéant, de réchauffer l'air. Sur le flanc est du four, un séchoir tunnel a été construit à une date indéterminée. Muni de rails, il permettait de faire circuler les cargaisons de briques sur des wagonnets. Les machines qui servaient au broyage, au calibrage ou au malaxage de la terre ont actuellement disparu ; les tapis roulant et les trémies donnent toutefois une bonne image de cette zone de fabrication. Ces machines étaient alimentées par un moteur diesel Ruston datant des environs de 1930. Il remplaçait une machine à vapeur et a fonctionné jusqu'en 1995, année de la dernière cuisson. La briqueterie est restée dans la famille Lambert depuis son origine. Elle fabriquait aussi des tuiles jusqu'en 1950 et a cessé d'estampiller ses briques quand sa production a été vendue à des négociants. Parmi ses clients on trouve notamment des entreprises de Normandie. Des briques auraient aussi servi pour la construction de l'hôpital Bichat à Paris. Ce type de four est peu représenté dans la région ; seuls les sites de Grossouvre et de La Guerche peuvent lui être comparés, mais il ne semble pas qu'ils aient conservés leur disposition et leur matériels d'origine. Ceci suffit à faire de la briqueterie Lambert un édifice incontournable pour la compréhension du développement de l'industrialisation au 19e siècle. Elle témoigne aussi clairement de l'histoire économique et industrielle de ce petit village de la vallée de l'Eure depuis le milieu du 19e siècle. Son bon état de conservation et surtout le maintient sur place de l'outillage en font un témoin précieux pour comprendre le mode de fabrication des briques, mais aussi le fonctionnement d'un four tout à la fois industriel et artisanal (presque tout était fait à la main).

Description

État de conservation (normalisé)

Désaffecté

Protection

Nature de la protection de l'édifice

Inscrit MH partiellement

Date et niveau de protection de l'édifice

1999/03/04 : inscrit MH

Précision sur la protection de l'édifice

Le bâtiment abritant le four, les séchoirs, le local moteur et la zone de production (cad. D 1420) : inscription par arrêté du 4 mars 1999

Nature de l'acte de protection

Arrêté

Précisions sur les éléments protégés

Four industriel

Typologie de la zone de protection

Site inscrit

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Conditions d'ouverture au public

Fermé au public

Références documentaires

Date de rédaction de la notice

1999

Cadre de l'étude

Recensement immeubles MH

Typologie du dossier

Dossier de protection

vue partielle
vue partielle
Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Diffusion RMN-GP
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