Description historique
En mai 1848, le maire Hyacinthe Laurichesse décide de créer un hospice, la ville ne possédant qu'un hôpital militaire et aucun établissement pour soigner les pauvres et les esclaves libérés. Il demande aux soeurs de Saint-Paul de Chartres de s'en occuper. L'hospice ne fut effectivement ouvert que le 9 mai 1849 ; installé dans une maison particulière, 37 rue du Fort Richepance (actuellement rue de la République) appartenant au bureau de bienfaisance de la ville, il fut transféré dans de nouveaux locaux rue bas du Bourg (actuellement 13 rue des Corsaires) vers 1855. Il est nommé hospice Saint Camille en l'honneur de Saint Camille de Leylis invoqué comme patron par les infirmiers. N'ayant que les faibles revenus du bureau de Bienfaisance, la gestion de l'hospice connaît des difficultés financières. En janvier 1854, un arrêté du Gouverneur déclare les hospices de la Colonie établissements d'utilité publique et le 1er août 1854, il ajoute que les commissions administratives subviendraient aux dépenses des hospices notamment par le remboursement du prix de journée des indigents. Afin de pouvoir agrandir les locaux, la commune achète en 1863 l'habitation Thillac installée sur l'un des mornes dominant la ville. La commission administrative décide de changer l'appellation de l'hospice, le nommant Saint-Hyacinthe en l'honneur de son fondateur Hyacinthe Laurichesse. En 1895, la chapelle récemment édifiée est bénie. En 1924, le docteur Pierre Bougenot rapporte que l'hospice ne comporte qu'un seul bâtiment à un étage, toujours utilisé en 1950. Son rez-de-chaussée abrite le logement des soeurs, la pharmacie ainsi qu'une salle des malades (femmes) ; à l'étage, se trouvent la salle des hommes et le dépôt de l'infirmerie des indiens. A l'extérieur, un hangar en bois vétuste abrite le dépôt de l'infirmerie des indiens, plus une petite cuisine sans cheminée, la chapelle et un petit pavillon en bois à droite du canal pour loger le régisseur. Deux médecins assuraient les soins pour une soixantaine de malades à tour de rôle. A partir de 1925, la nouvelle municipalité décide de rénover et d'agrandir les bâtiments et d'améliorer les soins médicaux. Entre 1926 et 1940, 10 bâtiments sont construits. Après le cyclone de 1928, le maire Maurice Martin obtient de l'administration coloniale qu'elle prenne en charge la construction de 3 pavillons. En 1931, l'architecte Ali Tur donne les plans pour le pavillon du régisseur, les pavillons des hommes et des femmes qui ont des plans identiques. En 1942, un canal est creusé. En 1947, le clocher en bois, en mauvais état, est remplacé par un en béton selon les plans de Coeffin. Un arrêté du 26 novembre 1941 incorpore l'hospice au service de Santé de la Colonie et l'autorise à recevoir des malades autres que des assistés et des incurables. Une maison préfabriquée est construite en 1948 pour le logement de l'aumônier et pour le médecin résident. En 1950, l'hôpital n'avait toujours pas l'eau courante car la conduite d'eau de la ville ne pouvait pas l'alimenter et il n'était approvisionné que par des citernes. Plusieurs pavillons ont été ajoutés dont un grand édifice inauguré en 1998.