Centrale thermique de la Société d'Electricité de Paris, puis centrale EDF de Saint-Denis

Désignation

Dénomination de l'édifice

Centrale thermique

Appelation d'usage

Centrale thermique de la Société d'Electricité de Paris ; centrale EDF de Saint-Denis

Titre courant

Centrale thermique de la Société d'Electricité de Paris, puis centrale EDF de Saint-Denis

Localisation

Localisation

Île-de-France ; Seine-Saint-Denis (93) ; Saint-Denis ; 6 rue Ampère

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Seine-Saint-Denis

Canton

Saint-Denis Nord-Ouest

Adresse de l'édifice

Ampère (rue) 6

Références cadastrales

1999, BM 1, 1999, BQ 12

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Nom du cours d'eau traversant ou bordant l'édifice

Seine (la)

Partie constituante non étudiée

Atelier de fabrication, salle des machines, atelier de réparation, chaufferie, aire de concassage, magasin industriel, bâtiment administratif d'entreprise, vestiaire, conciergerie, poste d'observation, jardin

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

20e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1903, 1906, 1910, 1922, 1924, 1925, 1931, 1943, 1953

Commentaires concernant la datation

Daté par source

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par source

Description historique

Entre 1903 et 1905, la Société d'Electricité de Paris (groupe Empain) fait construire à Saint-Denis, sur le bord de la Seine, une centrale thermique destinée à fournir l'énergie nécessaire à la croissance du réseau ferré métropolitain. Equipée non plus de machines à pistons mais de 4 groupes turbo-alternateurs Brown Boveri et Cie de 5-6 MW tournant à 750 tours/mn, elle offre une puissance utile de 20-24 MW (11 MW à l'usine de Bercy, désormais insuffisante). Le constructeur des 24 chaudières Babcock et Wilcox (Société des Fonderies et ateliers de La Courneuve) réalise également les travaux de fondation. La conception générale de la centrale dite "Saint-Denis I" est attribuée à l'ingénieur Nicolini, qui procède aux extensions ultérieures : seconde tranche en 1906-1907, troisième en 1910-1911, et quatrième en 1925-1926. Dans le même temps sont édifiés les bâtiments annexes : conciergerie et bâtiment administratif d'entreprise, séparés par un jardin d'usine (1906-1907) , perron de la salle des machines (1922) , vestiaires pour le personnel, garages, station de filtrage, tableau triphasé, bâtiment auto-transformateur (1924) , atelier de réparation. "L'usine aux 18 cheminées" atteint la puissance de 130 MW en 1929 et emploie 381 ouvriers. Mais la multiplication des lignes du "métro", la croissance urbaine et l'accroissement de la demande énergétique conduisent la SEP à développer sa capacité de production. C'est le temps de l'interconnexion et celui de la construction des grandes centrales thermiques de la région parisienne (Gennevilliers, Ivry-Port et Vitry-Sud/Arrighi). Les ingénieurs de la SEP, encadrés par le directeur Nicolini et l'ingénieur en chef des travaux Boudrant, conçoivent en 1931 une usine seconde usine, de 400 MW ("Saint-Denis II") , dont les trois premières tranches sont achevées en 1933 (150 MW, 6 chaudières haute pression Babcock et Wilcox, 3 groupes turbo-alternateur de 50 000 KW à 3000 tours/mn). Les quatrième et cinquième tranches sont élevées en 1943 et 1953. Gustave Umbdenstock, professeur d'architecture à l'école polytechnique, est chargé de concevoir le "boîtier enveloppant" de l'usine. La Société anonyme des anciens établissements Ed. Zublin et Cie et A. Perrière et Cie, procède aux travaux de béton armé ; la réalisation de la charpente métallique de la salle des machines est confiée aux Forges et Ateliers de Constructions électriques de Jeumont (fournisseur des alternateurs). Le "Poste Ampère" (transformateurs, bâtiment de décuvage, pavillon de contremaître) et le "kiosque-vigie" (poste de garde) sont élevés à la fin des années 1930. Une avenue privée relie cet ensemble aux pavillons des ingénieurs (1931-1933, détruits). Dès 1969, la centrale est placée en position "déclassement-réserve", avant son déclassement définitif en 1981 et le démantèlement de ses installations en 1986. 2009-2012 : transformation de "Saint-Denis II" par la société Europacorp Studios, selon les plans de l'agence Reichen et Robert & Associés, pour accueillir des studios de cinéma, des espaces de bureaux et l'école nationale supérieure Louis Lumière.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Meulière, métal, pan de métal, brique, brique silico-calcaire, béton, béton armé, enduit

Matériaux de la couverture

Tuile mécanique, béton en couverture, zinc en couverture

Description de l'élévation intérieure

Sous-sol, 5 étages carrés

Typologie du couvrement

Charpente métallique apparente, charpente en béton armé apparente

Typologie de couverture

Toit à longs pans, lanterneau, terrasse

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier symétrique, escalier en vis, escalier tournant

Commentaire descriptif de l'édifice

La salle des machines de "Saint-Denis I", longue de 240 m, est en maçonnerie de brique silico-calcaire, coiffée d'une charpente métallique et d'un toit à longs pans couvert en tuiles mécaniques. La façade-pignon, côté Seine, est ordonnancée. L'élan vertical produit par la baie axiale et les quatre pilastres d'ordre colossal, est corrigé par le traitement en étage d'attique du second registre de baies. L'ensemble est couronné d'un fronton dont les rampants sont ornés de denticules. Ce décor dissimule un volume unique : l'architecte, dont on ignore l'identité, atténue le caractère industriel du lieu tout en glorifiant l'entreprise. Plus tardif, le perron de style « Art déco » masque un étage de soubassement édifié pour racheter la pente du terrain. A l'intérieur, seuls subsistent les trois ponts roulants. L'accès à l'étage du "tableau biphasé" se fait, dans la salle des machines, par un escalier métallique à volée double divergente. Subsiste également le bâtiment du concierge (un étage carré) et le bâtiment de la direction (deux étages carrés) , couverts de toits à longs pans et croupes, ainsi que le "tableau biphasé", la salle des pompes (rez-de-chaussée) et le vestiaire d'usine (un étage carré) , couverts de toits-terrasses. La seconde usine, "Saint-Denis II", dont le plan fut contraint par la forme du terrain (400 x 150 m) , présente une succession d'organes fonctionnels distincts : bâtiment de pulvérisation et tour de concassage (40 m) , chaufferie, salle des pompes, salle des machines, station de pompage, salle des mesures. Gustave Umbdenstock, malgré son effort d'unification des façades par l'usage (exceptionnel dans son oeuvre) de lignes verticales et horizontales, ne peut accomplir ici le geste unificateur caractéristique d'un projet d'architecture moderne (centrale de Vitry-Sud/Arrighi, 1932). Il propose en revanche une différenciation des deux visages de l'usine : côté Seine, les façades de prestige, celle des bureaux accolés au bâtiment des chaudières (5 étages carrés) et celle, ordonnancée, de la salle des machines (travées verticales traversantes simulant une colonnade, pignon saillant coiffé d'une corniche) ; côté Est, vers les anciens parcs à charbon, la façade de la chaufferie (hautes baies étroites et cheminées métalliques) célèbre la production. Ne subsiste de la chaufferie que son imposante structure poteaux-poutres en béton armé. La salle des machines (220 x 23 m) présente une structure en béton armé surmontée, pour les trois premières tranches, d'une charpente en acier riveté, "à arcs encastrés" (ateliers Jeumont). Les deux tranches postérieures sont couvertes d'une charpente en béton armé, de même profil. Un escalier double, revêtu de comblanchien, conduit aux 3 groupes turbo-alternateurs conservés (étudiés : IM93000300, IM93000301, IM93000302) reposant sur un massif de fondation. Ce dernier est recouvert d'un pavement polychrome, composé de petits carreaux de grès cérame, dont les lignes brisées de couleur blanche, bleue et orange, évoquent des éclairs électriques. La salle des mesures (ou des tableaux) a conservé l'ample verrière zénithale qui répartissait l'éclairage sur les anciens dispositifs. Le bâtiment de décuvage et le pavillon du contremaître du "Poste Ampère", ainsi que le "kiosque-vigie" (poste de garde) , dont la structure est en béton armé, sont séparés du site principal par la rue Ampère.

État de conservation (normalisé)

Établissement industriel désaffecté

Protection et label

Référence aux objets conservés

IM93000301, IM93000300, IM93000302

Intérêt de l'édifice

À signaler

Eléments remarquables dans l'édifice

Machine énergétique (étudiée dans la base palissy)

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2003

Date de rédaction de la notice

2003 ; 2010

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Pierrot Nicolas

Cadre de l'étude

Patrimoine industriel

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional d'Ile-De-France - Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel
115, rue du Bac 75007 Paris - 01.53.85.59.93

1/96
centrale thermique de la Société d'Electricité de Paris, puis centrale EDF de Saint-Denis
centrale thermique de la Société d'Electricité de Paris, puis centrale EDF de Saint-Denis
© Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel ; © Conseil général de Seine-Saint-Denis
Voir la notice image