Commentaire descriptif de l'édifice
La salle des machines de "Saint-Denis I", longue de 240 m, est en maçonnerie de brique silico-calcaire, coiffée dune charpente métallique et dun toit à longs pans couvert en tuiles mécaniques. La façade-pignon, côté Seine, est ordonnancée. Lélan vertical produit par la baie axiale et les quatre pilastres dordre colossal, est corrigé par le traitement en étage dattique du second registre de baies. Lensemble est couronné dun fronton dont les rampants sont ornés de denticules. Ce décor dissimule un volume unique : larchitecte, dont on ignore lidentité, atténue le caractère industriel du lieu tout en glorifiant lentreprise. Plus tardif, le perron de style « Art déco » masque un étage de soubassement édifié pour racheter la pente du terrain. A lintérieur, seuls subsistent les trois ponts roulants. Laccès à létage du "tableau biphasé" se fait, dans la salle des machines, par un escalier métallique à volée double divergente. Subsiste également le bâtiment du concierge (un étage carré) et le bâtiment de la direction (deux étages carrés) , couverts de toits à longs pans et croupes, ainsi que le "tableau biphasé", la salle des pompes (rez-de-chaussée) et le vestiaire dusine (un étage carré) , couverts de toits-terrasses. La seconde usine, "Saint-Denis II", dont le plan fut contraint par la forme du terrain (400 x 150 m) , présente une succession dorganes fonctionnels distincts : bâtiment de pulvérisation et tour de concassage (40 m) , chaufferie, salle des pompes, salle des machines, station de pompage, salle des mesures. Gustave Umbdenstock, malgré son effort dunification des façades par lusage (exceptionnel dans son oeuvre) de lignes verticales et horizontales, ne peut accomplir ici le geste unificateur caractéristique dun projet darchitecture moderne (centrale de Vitry-Sud/Arrighi, 1932). Il propose en revanche une différenciation des deux visages de lusine : côté Seine, les façades de prestige, celle des bureaux accolés au bâtiment des chaudières (5 étages carrés) et celle, ordonnancée, de la salle des machines (travées verticales traversantes simulant une colonnade, pignon saillant coiffé dune corniche) ; côté Est, vers les anciens parcs à charbon, la façade de la chaufferie (hautes baies étroites et cheminées métalliques) célèbre la production. Ne subsiste de la chaufferie que son imposante structure poteaux-poutres en béton armé. La salle des machines (220 x 23 m) présente une structure en béton armé surmontée, pour les trois premières tranches, dune charpente en acier riveté, "à arcs encastrés" (ateliers Jeumont). Les deux tranches postérieures sont couvertes dune charpente en béton armé, de même profil. Un escalier double, revêtu de comblanchien, conduit aux 3 groupes turbo-alternateurs conservés (étudiés : IM93000300, IM93000301, IM93000302) reposant sur un massif de fondation. Ce dernier est recouvert dun pavement polychrome, composé de petits carreaux de grès cérame, dont les lignes brisées de couleur blanche, bleue et orange, évoquent des éclairs électriques. La salle des mesures (ou des tableaux) a conservé lample verrière zénithale qui répartissait léclairage sur les anciens dispositifs. Le bâtiment de décuvage et le pavillon du contremaître du "Poste Ampère", ainsi que le "kiosque-vigie" (poste de garde) , dont la structure est en béton armé, sont séparés du site principal par la rue Ampère.