Description historique
La Môle est le plus ancien village cité par la documentation conservée dans l'ensemble du golfe de Saint-Tropez. Trois chartes de Saint-Victor, datées de 1008 et 1014, rappellent la donation faite par l'évêque Pons et ses frères les vicomtes Guillem et Fouque de leurs droits "in villa quam vocant ad Molam et in apendiciis et in territorio ejus". Le nom du lieu lui fut peut-être donné à cause du basalte qu'on exploitait, tout autour du plateau de Maravieille (ancien volcan) , essentiellement pour en faire des meules de moulin - vers la fin du Moyen Age cette pierre fut très utilisée pour la construction dans tout le golfe de Saint-Tropez. En dépit du qualificatif villa, l'habitat était probablement fixé à cet endroit dès le début du 11e siècle. L'église, en revanche, se trouvait dans la vallée, où le toponyme Saint-Julien perpétue le souvenir de la première paroisse (emplacement précis non retrouvé). L'église castrale, d'abord dédiée à sainte Marie, fut ensuite (lors d'une reconstruction ?) dédicacée Sainte-Madeleine (avant 1442). Initialement, le territoire de la Môle était trois fois plus étendu qu'aujourd'hui. La chartreuse de la Verne, fondée vers 1170, lui en prit les deux tiers grâce aux donations répétées des coseigneurs de la Môle, parents de ceux de Signes qui avaient fondé et doté la chartreuse de Montrieux. Le déclin rapide de la communauté, privée de la majeure partie de ses ressources, se traduit par sa chute démographique : en 1235, le comte taxait à la Môle 200 feux de cavalcade ; en 1252, 90 feux d'albergue ; en 1308, 48 feux de queste, en 1315-1316, 19 feux de queste. L'abandon définitif eut lieu avant 1400. Pendant 3 siècles, le territoire resta désert, exploité sur ses marges par quelques paysans de Cogolin et de Bormes, parcouru par les bergers, les chasseurs et les bûcherons. Vers la fin du 17e siècle, quelques bastides s'éparpillèrent dans la vallée. Le village actuel date de la première moitié du 19e siècle. La construction de l'église paroissiale en 1869-1870 a entraîné l'abandon de Sainte-Madeleine. Le village a été partiellement fouillé par Henri Ribot autour de 1980.