Description historique
La ferme de Labombardière est une propriété historique de la famille Boudet, une importante famille protestante de Caussade établie dans cette ville depuis le 16e siècle. Notables locaux, ils deviennent marchands tanneurs au 17e siècle puis négociants au 18e siècle. Les parties les plus anciennes de la ferme de Labombardière : le pigeonnier, le fournil et une partie de la grange-étable actuelle, peuvent dater du milieu du 18e siècle. Au 18e siècle, les Boudet sont négociants en vin, truffes, graines, prunes, minot, etc. Ils se lancent également, comme quelques familles caussadaises, dans le commerce maritime depuis Bordeaux et La Rochelle et dans la traite d'esclaves. Ils possèdent de nombreuses fermes aux alentours de Caussade et deux hôtels particuliers ("l'hôtel Gaillard", sur la place Royale et "l'hôtel Boudet", rue de la République). Au tournant des 18e et 19e siècles, Pierre Boudet dit de la Bombardière (1764-1826) possède et exploite les terres autour de la ferme. Une grange, une maison, un pigeonnier et un fournil sont mentionnés sur le plan de 1770 (plan compoix ?) ainsi que sur celui de 1807 (plan par masse de cultures). Entre 1807 et 1830, l'ancienne maison (au sud) et la grange (au nord) sont reliés pour ne former qu'un seul bâtiment, plus vaste. Après la mort de Pierre Boudet de Labombardière en 1826, la propriété appartient à Pierre Boudet aîné, ancien chef du bureau au Ministère de l’intérieur, puis en 1833, à Paul Boudet (1800-1877), son neveu, député de la Mayenne, conseiller d’Etat et avocat à la cour Royale de Paris.£La propriété de Labombardière reste dans la famille Boudet jusqu'en août 1845, date à laquelle Paul Boudet vend l'ensemble à Jean Perséguet, propriétaire à Montech. Jean Perséguet est propriétaire jusqu'en 1863 et il est fort à parier que c'est à cette époque que la grange est une nouvelle fois modifiée. Une charpente en peuplier de très belle facture couvre alors le bâtiment tout entier et un vaste auvent est ajouté à l'est. L'immense grange-étable (740 m2) n'est donc pas une construction ex nihilo mais bien le résultat d'une succession d'agrandissements tout au long du 19e siècle. Les ruptures dans la maçonnerie (élévation ouest) et la diversité de matériaux employés confirment les différentes reprises de construction. Le logis, adossé à l'est du pigeonnier est probablement aussi l'oeuvre de Jean Perséguet, entre 1845 et 1863. C'est une construction ex-nihilo à la mode de l'époque avec une terrasse et plusieurs portes-fenêtres ouvertes au sud-est.£Jean Perséguet vend le domaine à Ambroise Constantin, commandant du génie, en avril 1863 qui lui-même vend l'ensemble 4 ans plus tard à Jeanne Saint-Jean, veuve Marre. A sa mort, sa fille, Eugénie Delrieu, en hérite. Elle épouse Joseph Courtes-Lapeyrat en 1878 et depuis cette année la ferme appartient toujours à la famille Courtès-Lapeyrat.£Le chai (au nord) date du début du 20e siècle. L'enduit du logis a été refait en 1958. La charpente de la grange-étable a été refaite à l'identique en sapin autour de l'an 2000.£Les façades et les toitures de la grange sont inscrites sur la liste supplémentaire de l'Inventaire des Monuments Historiques, par arrêté du 13 janvier 1992, en raison de ses dimensions monumentales et de l'intérêt économique et sociologique qu'elle représente.