Description historique
Le plus ancien document qui mentionne le nom d'Espanel est un acte daté de 1202 de Guillaume de Cras, évêque de Cahors qui confirme Pierre d'Espanel dans son inféodation de la dîme de l'église Saint-Germain d'Espanel, faite par le pape Innocent II, contre un droit d'albergue pour lui et quarante personnes de sa suite. Toutefois, la seigneurie d'Espanel était divisée au 13e siècle entre plusieurs familles nobles : les Gourdon de Castelnau, les Durfort, les Saint-Germain, les Caussade et les Montpezat. En 1239 notamment, Raymond Bernard de Durfort rend hommage au comte de Toulouse Raymond VII pour la moitié du village d'Espanel. Il semble que les Saint-Germain aient possédé une part importante de la seigneurie. En 1251, un membre de la famille de Gauléjac aurait épousé l'héritière des Saint-Germain et aurait alors repris les armoiries de son épouse, qui portent "d'azur à trois fleurs de lys d'or posées deux et un à la cloche d'or en coeur", en lieu et place de ses propres armes familiales "mi-parti de gueule et d'argent". D'après Guillaume Lacoste, en 1423, les sieurs de Gauléjac de Saint-Germain d'Espanel sont envoyés en tant qu'émissaires de la ville de Cahors auprès du capitaine anglais gouverneur de Domme. En 1466, Pierre de Gauléjac reçoit du roi Louis XI des lettres de rémission pour sa participation à la ligue du Bien Public. Son fils aîné, Bertrand, obtient de Charles VIII en 1493 le détachement de la seigneurie d'Espanel de la juridiction de Molières pour tout ce qui touche à la justice. Ce droit est confirmé par Louis XII en 1505, puis à nouveau par le Parlement de Toulouse en 1515, suite à l'opposition des consuls de Molières. Durant les guerres de Religion, Espanel sert de refuge aux catholiques des villages environnants, contraints de fuir face aux protestants. En 1572, une lettre d'Honorat de Savoie-Villars, gouverneur de Guyenne, demande expressement à Jean-François de Gauléjac, seigneur d'Espanel d'ouvrir son domaine pour accueillir les fuyards. En 1604, le fils de ce dernier, Sébastien de Gauléjac, est assassiné par Gabriel d'Escayrac au château de Lauture, près de Cazes-Mondenard. Son propre fils, Jean-Claude de Gauléjac est tué en 1610 par Raymond de Lastours. La seigneurie échoit à la dernière survivante de la famille, Louise de Gauléjac, qui épouse en 1626 Pierre du Breuil, fils de Jean du Breuil, seigneur de Cas en Rouergue. A son tour, le nouveau seigneur d'Espanel abandonne ses armoiries familiales - un lion de sable hissant de trois fasces ondées - pour reprendre celles des Saint-Germain. En 1698, Jean du Breuil d'Espanel est maintenu noble par l'intendant de la généralité de Montauban. En 1773, la dernière héritière des du Breuil épouse Jacques-Antoine de Molières. Le fils de ce dernier, Jacques, décède en 1862 sans descendant. Il lègue le château d'Espanel à son valet de pied Louis Bouniols. Le petit-fils de celui-ci, Gaston Bouniols, président du Conseil Général de Tarn-et-Garonne et sénateur, meurt en 1934, sans enfants. Sa veuve, Louise-Olga, lègue Espanel à Edouard Berthoud, qui le vend en 1968.