Église paroissiale Saint-Michel

Désignation

Dénomination de l'édifice

Église paroissiale

Vocable - pour les édifices cultuels

Saint-Michel

Titre courant

Église paroissiale Saint-Michel

Localisation

Localisation

Occitanie ; 81 ; Cordes-sur-Ciel

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Tarn

Canton

Cordes-sur-Ciel

Références cadastrales

1986 AK 61

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

4e quart 13e siècle ; 2e moitié 15e siècle

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par source

Description historique

L'histoire de l'église Saint-Michel est bien documentée grâce aux travaux de Charles Portal (1862-1936), le principal historien de Cordes (Histoire de la ville de Cordes, 1965). L'église paroissiale primitive, dédiée à la Vierge, se trouvait hors les murs, sur le site du cimetière. L'église Saint-Michel n'apparaît dans les textes qu'en 1269, quand est levée une taille pour sa construction. Le chantier était suffisamment avancé, et l'édifice peut-être même achevé, pour qu'un accord soit passé dans l'église en 1287. Le choeur et les chapelles qui le bordent, bâtis en moellons de calcaire, appartiennent à cette campagne de travaux. Michèle Pradalier-Schlumberger a pu supposer (1985, p. 246-247) que les voûtes n'avaient été réalisées qu'après 1345, mais l'homogénéité de la construction et la similitude des décors feuillagés des chapelles et du choeur ne s'opposent pas à ce que les voûtes aient été mises en place dès la fin du 13e siècle. En 1345, on décide de reconstruire en l'agrandissant la nef qui menace ruine, mais aucun document ni aucun vestige ne permet de conclure que le chantier a été effectivement engagé. Les seules mentions dans les archives concernent le clocher pour lequel des impôts sont levés de 1369 à 1374. La reconstruction de la nef, peut-être laissée en suspens en raison de la guerre de Cent ans, fait l'objet d'un bail à besogne conclu avec le maître-maçon Corant Rogier dès 1445 : la nef sera en particulier plus large de 0,99 m au nord et au sud. A la même époque, deux marchands et deux notaires offrent 120 livres pour la construction de l'une des premières chapelles, à la condition d'en régler la décoration, d'y faire représenter leurs armoiries et d'y avoir leurs tombeaux. La première pierre est posée par l'évêque d'Albi Bernard de Cazillac le 3 mars 1460, et les consuls procèdent à une cérémonie semblable le 29 août suivant, au moment où sont commencées les fondations du côté nord. D'après le contrat de 1455, les chapelles devaient être plus basses que la nef, mais elles furent finalement portées à la même hauteur. La chapelle placée à l'ouest contre le clocher résulte d'un contrat passé en 1469 avec le même Corant Rogier. En 1478, la confrérie de saint Jacques fait réparer la chapelle située au nord du choeur, et la communauté fait daller le sanctuaire. Les travaux sont sans doute achevés peu après 1485, année où est passé un marché avec l'entrepreneur Arnaud Clari pour le couronnement des murs de la nef. En dehors de la réfection de la toiture incendiée par les protestants en 1568, les seules modifications significatives apportées à l'époque moderne sont la construction d'une galerie (aujourd'hui disparue) au-dessus du portail nord et la fermeture des parties basses des fenêtres au nord comme au sud, sans doute en raison d'aménagements réalisés dans les chapelles. Des travaux d'entretien et de décoration ont été réalisés tout au long du 19e siècle. Les voûtes et les murs ont reçu un décor néo-Renaissance exécuté par Gayral dans les années 1841-1844, sur une commande du curé, l'abbé Séré de Rivières, qui a pris en charge le financement. Des vitraux auraient été réalisés en 1848 par EmileThibault de Clermont-Ferrand (A. Manuel, 2011), cinq autres ont été signés par Rigaud, de Toulouse, en 1866.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire ; grès ; pierre de taille ; moellon

Matériaux de la couverture

Tuile creuse

Typologie de plan

Plan allongé

Description de l'élévation intérieure

1 vaisseau

Typologie du couvrement

Voûte d'ogives

Typologie de couverture

Toit à longs pans ; toit à deux pans ; toit polygonal

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

L'église est à chevet plat et nef unique bordée de chapelles prises entre les contreforts. Elle est orientée et son élévation sud borde la rue Saint-Michel, qui a limité l'élargissement de la nef de ce côté. Le mur oriental du chevet, que seule une andronne sépare de la maison voisine, est aveugle : à la place d'une baie axiale, une grande niche, aujourd'hui masquée par le retable du maître-autel, été managée dans l'élévation intérieure. Deux chapelles sont greffées sur le choeur. L'ensemble des élévations extérieures est en moellons de calcaire froid de Corrompis, équarris et soigneusement assisés, mais les parements intérieurs, aux endroits où ils sont visibles, sont en pierre de taille de grès ; les encadrements des fenêtres, dépourvues de réseau et couvertes en plein-cintre, sont à ressauts chanfreinés. Le choeur et les deux chapelles sont voûtés d'ogives : leurs nervures à tore à listel retombent sur des culots dans les chapelles et sur des chapiteaux associés à des colonnettes tronquées sur culots dans le choeur. Les arcs d'entrée des chapelles sont portés par des colonnes engagées, comme l'arc triomphal qui s'en distingue cependant par le style de ses chapiteaux et la forme de ses bases, mais aussi par l'emploi d'un calcaire tendre. La sacristie établie contre la chapelle nord est moderne, mais elle a remplacé une construction du 13e siècle dont subsistent les vestiges d'une croisée d'ogives. La nef et les chapelles qui la bordent sont construites en pierre de taille de grès. Chaque chapelle était éclairée par une très grande fenêtre à réseau flamboyant, dont la partie basse a été grossièrement murée, sauf les deux premières chapelles du côté du choeur, où la présence de tribunes a conduit à superposer une rose à une fenêtre basse. On accède à la tribune nord par un escalier en vis hors-oeuvre, de plan polygonal à l'extérieur et circulaire à l'intérieur ; son parement extérieur est en grès alors que le parement intérieur est en calcaire tendre. Le côté sud ne comporte que trois chapelles entre contreforts, la première travée étant réservée au portail. Encadré de deux pinacles, celui-ci présente un ébrasement dont les voussures ont perdu leur décor sculpté ; une console aux armoiries de la Ville portait une statue (la Vierge à l'Enfant actuelle est moderne) adossée au tympan laissé nu. La nef et les chapelles sont voûtées d'ogives, dont les nervures à cavets retombent en pénétration dans les colonnes ou, aux angles des chapelles, sur des culots. Les clefs de voûte des chapelles et celle de la travée orientale de la nef ont reçu des décors d'applique, le plus souvent à écu lisse. L'élévation occidentale de la nef est ouverte par deux arcades donnant sur des chapelles : la première a été aménagée à la base du clocher, la seconde est celle que concerne le contrat de 1469. Au-dessus de celle-ci est percée une grande rose, désaxée en raison de la présence du clocher. Le clocher érigé dans le 3e quart du 14e siècle est bâti en moellons de calcaire équarris. Il se compose de la tour proprement dite, de plan carré mais couronnée d'un niveau campanaire octogonal entièrement ouvert par des baies couvertes par des arcs brisés, et d'une cage d'escalier accolée au sud, qui s'achève en guette plus haut que le clocher, selon une formule proche de celle du château de Castelnau-de-Lévis et que l'on retrouve, avec une forme différente cependant, avec le clocher de Saint-Salvi d'Albi.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture ; vitrail ; peinture

Indexation iconographique normalisée

Armoiries ; roi ; évêque ; buste d'homme ; buste de femme ; coquille Saint-Jacques ; saint Léonard de Noblat ; ornement végétal

Description de l'iconographie

Les chapiteaux des baies du clocher sont à feuilles d'eau à nervure perlée. Les chapiteaux du choeur sont ornés de feuillages mous ou boursouflés, les culots portent une tête de roi, une tête d'évêque et des bustes d'homme et de femme. Une coquille Saint-Jacques timbre la clef de voûte de la chapelle nord.£Les clefs de voûte des chapelles de la nef présentent pour la plupart un écu lisse sur fond de feuillage ; dans la troisième chapelle sud, l'écu est remplacé par une effigie de saint Léonard de Noblat, identifié par une entrave, placée sous une arcature trilobée.£La console du portail et la clef de voûte de la troisième travée de la nef sont aux armes de la Ville de Cordes : de gueules au château d'or maçonné de sable surmonté de la croix du même, vidée, cléchée et pommetée (qui est de Toulouse), et de trois fleurs de lis en fasce du même.£Armoiries non identifiées sur la clef de voûte de la chapelle sud du choeur : de (gueules) à trois poissons (d'argent) disposés en fasces (les émaux sont donnés d'après l'écu représenté dans une frise peinte de la maison Gaugiran).

Commentaires d'usage régional

Chevet plat

Protection et label

Date et niveau de protection de l'édifice

1922/03/18 : classé MH

Référence aux objets conservés

IM81000231 ; IM81002170

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2012

Date de rédaction de la notice

2012

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Scellès Maurice ; Charrier Anaïs

Cadre de l'étude

Dossier ponctuel

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional Occitanie - Direction de la Culture et du Patrimoine - Service Connaissance et Inventaire des Patrimoines 22, bd Maréchal Juin 31406 Toulouse cedex 9 - Espace Capdeville, 417 Rue Samuel Morse, 34000 Montpellier - 05.61.39.62.47