Église paroissiale Saint-Salvi

Désignation

Dénomination de l'édifice

Église paroissiale

Vocable - pour les édifices cultuels

Saint-Salvi

Titre courant

Église paroissiale Saint-Salvi

Localisation

Localisation

Occitanie ; Tarn (81) ; Albi ; parvis Saint-Salvy

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Tarn

Canton

Albi

Adresse de l'édifice

Saint-Salvy (parvis)

Références cadastrales

2010 AE 14

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Partie constituante non étudiée

Cloître

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

12e siècle, 13e siècle, 15e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

14e siècle, 18e siècle, 19e siècle

Commentaires concernant la datation

Daté par travaux historiques

Description historique

L'acte de donation établi vers 940, atteste qu'un chapitre de clercs placé sous le patronage de saint Salvi est déjà présent à cette époque à Albi. Des laïcs offrent à "l'abbé Gaubert et aux clercs de Saint-Salvi", un emplacement limité au sud et à l'est par un petit ruisseau, à l'ouest par l'alleu d'un certain Mafred, et à l'est par la paroisse Sainte- Martiane, que ce texte cite pour la première fois. Dans la seconde moitié du Xe siècle, la communauté bénéficie de nombreuses donations de la part des comtes de Toulouse et de Rouergue, des vicomtes d'Albi et des puissants de la région. L'inventaire des archives de la collégiale montre qu'elle reçoit la charge d'administrer au total une quinzaine d'églises entre 950 et l'an mille, et encore une dizaine d'autres au cours du XIe siècle. Dès le milieu du XIe siècle, le chapitre apparaît comme bien structuré, avec à sa tête un abbé, un prévôt à qui incombent les tâches administratives, et un chantre qui assume d'importantes responsabilités de direction. Aucun vestige ne subsiste de l'église primitive du Xe siècle. La réforme de 1057 provoque la restitution de leurs biens aux chanoines, l'afflux de dons ou de vocations. Ainsi, à l'aube du XIIe siècle, Saint-Salvi, est à son apogée sur le plan moral et financier, et peut envisager l'érection d'une collégiale digne de sa prospérité. Les chanoines de Saint-Salvi adoptent la règle de saint Augustin, probablement dès le début du XIIe siècle. Informé de leur zèle, le pape Calixte II scelle cette réforme par une bulle, en 1120. Il les prend, à leur demande, sous sa protection, mais les maintient sous juridiction épiscopale. L'abbé et le prévôt cohabitent jusqu'en 1120, puis le titre d'abbé n'apparaît plus et le chef est un prévôt élu par les chanoines mais dont l'évêque peut se passer si les circonstances exigent qu'il gouverne lui-même la communauté. Vers 1140, la disgrâce de Saint-Salvi liée au schisme d'Anaclet arrête les travaux pendant cinquante ans, ou pour le moins les ralentit. L'église a conservé en grande partie l'oeuvre romane dans sa partie inférieure. La fin du XIIe siècle est plus faste pour la collégiale. L'évêque Guilhem Peire, ancien chanoine de Saint-Salvi, lui prouve son attachement de manière constante. Il réside même quelque temps dans le quartier canonial. Le règlement institué par Guilhem Peire établit un chanoine ouvrier et, vers le milieu du siècle, le prévôt Gailhard de Rabastens entreprend des travaux. On réalise alors la construction des bâtiments de la prévôté placés contre la façade occidentale, et le cloître trapézoïdal au sud. En reconnaissance pour l'aide apportée pour le financement du cloître, les chanoines autorisent le donateur, et probablement maître d'oeuvre, Vital de Malvési, à y faire bâtir, pour lui-même et son frère, un mausolée entre deux contreforts de l'église. On surélève d'un étage la tour nord et des travaux de voûtement sont entrepris. En effet, en 1257, l'évêque de Rodez, de passage à Albi, encourage la collecte de dons pour l'oeuvre de Saint-Salvi "dont les travaux ont été commencés avec faste". Mais seule la couverture des collatéraux a pu être achevée, car la générosité des fidèles se réserve plutôt, dans le dernier quart du siècle, à la construction de la nouvelle cathédrale Sainte-Cécile. Dès lors s'amorce le déclin du chapitre de Saint-Salvi et dès le milieu du XIVe siècle, le chapitre est réduit à seize chanoines, qui ont abandonné la vie commune. A la fin du XIVe siècle, des travaux reprennent, que le chapitre ne finance que partiellement. Le sommet de la tour nord est complètement transformé et des chapelles se multiplient entre les contreforts. Au milieu du XVe siècle, le développement des confréries, les dons de testateurs, les innombrables messes pour les défunts ont apporté à Saint-Salvi une aisance matérielle conséquente. Une nouvelle campagne de travaux est donc lancée. Une chapelle polygonale dédiée à saint Augustin est accolée à la tour sud dont l'accès et l'escalier sont réaménagés. Cette époque florissante offre l'opportunité de travaux d'envergure et l'on commence à donner à l'église sa physionomie actuelle : le transept et les trois travées orientales de la nef sont exhaussés et repris entièrement. L'abside est rasée et un chevet pentagonal est élevé. De cette époque date aussi la sacristie. Les usages du chapitren'obéissent plus guère à la règle, et les tentatives de l'évêque Louis d'Amboise pour le ramener à une discipline plus stricte sont vaines. En 1524, une bulle du pape Clément VII prononce la sécularisation effective du chapitre, et fixe à douze le nombre des chanoines. Les travaux entrepris au XVe siècle n'avaient pas été achevés, et, des quatre travées occidentales, seuls les collatéraux avaient été voûtés au XIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, on surélève le vaisseau central au niveau des trois travées orientales. Ces travaux sont engagés par le prévôt Antoine de Metge qui procède à la récognition des reliques de saint Salvi en 1725 et poursuive, grâce à des revenus ecclésiastiques à nouveau conséquents, une oeuvre abandonnée depuis deux siècles. Il fait réaménager la crypte et l'intérieur de l'église en la dotant d'un orgue et d'un autel majeur nouveaux, du baldaquin du maître-autel, de retables et de six grandes toiles. Au moment de la Révolution l'édifice est affecté au service de l'armée et sert de magasin à fourrage. On forme même le projet de le transformer en halle couverte, en raison de sa situation dans la cité. Le cloître subit les plus graves dommages : deux ailes seulement sont conservées et le reste est vendu. Après avoir déblayé son "jardin", le nouveau propriétaire obtient l'autorisation d'abattre l'un des deux côtés subsistants du cloître. Le dernier côté est sauvé de justesse et le conseil municipal rachète ce qui reste pour le transformer en presbytère. L'église est progressivement rendue au culte à partir de 1801. Mais, lorsqu'elle redevient église paroissiale en 1811, son état, et en particulier celui de sa toiture, nécessite d'importantes restaurations. L'église bénéficie de quelques restaurations qui s'ajoutent au remplacement, en 1830, du dallage fortement abîmé par le passage des chariots de foin militaires. A la même époque, on entreprend de dégager l'église des échoppes et maisons qui lui étaient encore adossées au nord et à l'ouest, conformément à la proposition que l'architecte départemental Becci avait faite au début du siècle. Pour mener à bien le projet, la Commission des monuments historiques offre à la ville presque un tiers du coût total de l'opération afin de racher les constructions qui masquent le portail occidental. Malgré cette subvention, le conseil municipal, très attaché à son projet de percement de la rue Mariès, privilégie le dégagement du côté nord et de la Tour de la Gachole. Dès 1851 un rapport établit que la réparation des parties hautes et de la toiture est nécessaire. César Daly, chargé des travaux de la cathédrale, n'ayant toujours pas remis de projet en 1855, c'est l'architecte de la ville, Flottes, qui dresse le cahier des charges. Les travaux commencent en juillet 1857 : les arcs-boutants et les fenêtres gothiques sont rénovés et restitués "à l'identique". A partir de 1873, l'architecte diocésain Camille Bodin-Legendre est chargé d'entreprendre de grands travaux intérieurs exécutés hors du contrôle des monuments historiques, dont les conséquences ont été souvent décriées et ont abouti au déclassement de l'édifice en 1876. Le projet de "retrouver l'état primitif" n'est en fait resté qu'un voeu pieux : on procède à la mise en place presque systématique de nouveaux chapiteaux, on ajoute des colonnes couronnées de pastiches de chapiteaux romans, on retaille mais grossièrement, on gratte à la râpe et à la brosse en fer les épidermes anciens, on enduit ou crépit voûtes et maçonneries. Ces travaux sont poursuivis jusqu'en 1881. La collégiale, malgré les travestissements subis, est de nouveau protégée au titre des monuments historiques en 1887. Au cours du XXe siècle, l'église fait l'objet d'un entretien régulier et de nouvelles restaurations.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, moyen appareil, brique, enduit

Matériaux de la couverture

Tuile creuse

Typologie de plan

Plan en croix latine

Description de l'élévation intérieure

3 vaisseaux

Typologie du couvrement

Voûte en berceau brisé ; cul-de-four ; voûte d'arêtes

Partie d'élévation extérieure

Élévation à travées

Typologie de couverture

Toit à longs pans

Commentaire descriptif de l'édifice

Le plan actuel est, à peu de choses près, celui de l'église du XIIe siècle. Il s'agit d'un plan basilical à forme de croix latine avec nef à sept travées et collatéraux, et transept peu saillant. Ce plan typique des anciennes basiliques carolingiennes est utilisé an Albigeois dans les églises de Burlats, de Notre-Dame d'Ambialet et de La Salvetat. Le chevet tripartite se compose d'une abside sans déambulatoire et de deux absidioles greffées sur le transept. Aux quatre travées orientales de la nef, entre les contreforts, se sont ajoutées des chapelles gothiques de profondeurs variables. Au sud, le mur des chapelles n'a pu dépasser l'implantation des contreforts romans car le cloître gêne, alors qu'au nord elles gagnent de la profondeur et le mur déborde des contreforts. Ce corps d'église est de dimensions relativement imposantes : il mesure 53 mètres en longueur dans oeuvre et 18 mètres en largeur, chapelles exclues. Le vaisseau central est deux fois plus large que les collatéraux. L'implantation de l'édifice n'a pas subi de changement, puisque les bases, baies et contreforts sont en relation, de sorte que le tout constitue un ensemble cohérent. A ce corps d'église s'ajoute un clocher à base carrée, placé contre le bras nord du transept et, au sud, une seconde tour et les bâtiments abbatiaux avec le cloître trapézoïdal. Les travées sont voûtées d'ogive, sur plan barlong au vaisseau central, et sur plan carré dans les collatéraux. Seule la base des quatre premières travées est romane. Au-dessus des voûtes gothiques se sont substituées au couvrement roman, sauf aux absidioles qui ont conservées leur cul-de-four. Les porches des deux tours ont aussi gardé leur couvrement d'origine en voûtes d'arêtes. L'appareil révèle les diverses reprises. La partie inférieure est en pierre d'un appareil soigné, alors que la brique domine dans les parties hautes. L'usage de la brique correspond pour cette église aux parties postérieures au XIIIe siècle. Par ailleurs, l'usage d'une belle construction en pierre est assez étonnant pour la région, et les difficultés sont nombreuses quant à la provenance du matériau. Les surélévations ultérieures ont effacé le départ des voûtes romanes, mais, en tenant compte des pignons qui s'aperçoivent aux extrémités du transept et de l'élévation des murs romans de la nef, on peut estimer des hauteurs probables. Pour les bas-côtés, l'ancien mur goutterot subsiste, nettement observable au flanc sud-ouest de l'église. Si l'on substitue un arc plein-cintre à l'arc brisé, la hauteur sous clef est d'environ 11 mètres, ce qui est en relation avec la hauteur des arcs d'ouverture des absidioles, hauts de 9 mètres. Pour le vaisseau central, on peut s'aider des croisillons du transept, où le pignon roman est perceptible par la substitution de la brique à la pierre dans l'appareil. Le sommet atteint 17 m 50, ce qui donne environ 16 mètres pour une hauteur sous clé. Le rapport de deux à trois entre la hauteur des bas-côtés et celle de la nef exclut tribunes et fenêtres hautes entre les deux voûtes. La nef romane de Saint-Salvi ne recevait le jour que par les fenêtres des collatéraux, et la voûte centrale devait être épaulée par les bas-côtés. Les formes de voûtement d'origine sont impossibles à retrouver, et des suppositions seraient malvenues, le seul moyen restant les comparaisons avec d'autres monuments. Un sondage récent dans le pignon nord du transept a révélé une largeur de mur de 95 cm, ce qui laisse penser à un couvrement en charpente, du moins pour cette partie de l'église. La toiture a été remontée à une certaine époque, et les maçonneries visibles sous le toit montrent des reprises de niveau. Ainsi, la charpente principale a été exhaussée et des surélévations en brique placées à intervalles réguliers portent les poutres. La charpente des bas-côtés a elle aussi été remontée, et le niveau de reprise est visible sur la maçonnerie au-dessus du collatéral nord. De même, ce second niveau coupe les fenêtres hautes gothiques, dont on aperçoit la partie basse. Il est donc postérieur au XVe siècle, époque de reprise des trois dernières travées de la nef.

Technique du décor des immeubles par nature

Peinture (étudiée dans la base Palissy), sculpture, vitrail (étudiée dans la base Palissy)

Protection

Date et niveau de protection de l'édifice

1846 : classé MH ; 1922/10/16 : classé MH

Précision sur la protection de l'édifice

Eglise : classement par liste de 1846 ; Galerie du cloître attenant à l'église : classement par arrêté du 16 octobre 1922

Référence aux objets conservés

IM81001582, IM81001204, IM81001564, IM81001576, IM81001407, IM81001445, IM81001493, IM81001496, IM81001553, IM81001208, IM81001405, IM81001462, IM81001492, IM81001466, IM81001473, IM81001402, IM81001404, IM81001448, IM81001409, IM81001408, IM81001464, IM81001467, IM81001468, IM81001460, IM81001495, IM81001471, IM81001449, IM81001446, IM81001443, IM81001459, IM81001552, IM81001574, IM81001450, IM81001403, IM81001412, IM81001498, IM81001577, IM81001438, IM81001200, IM81001488, IM81001554, IM81001209, IM81001205, IM81001458, IM81001201, IM81001406, IM81001454, IM81001551, IM81001575, IM81001579, IM81001453, IM81001455, IM81001437, IM81001581, IM81001470, IM81001490, IM81001491, IM81001497, IM81001578, IM81001469, IM81001461, IM81001499, IM81001580, IM81001584, IM81001472, IM81001447, IM81001203, IM81001451, IM81001206, IM81001487, IM81001583, IM81001207, IM81001444, IM81001379, IM81001489, IM81001410, IM81001494, IM81001436, IM81001411, IM81001452

Typologie de la zone de protection

Secteur sauvegardé ; la liste du patrimoine mondial

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2010

Date de rédaction de la notice

2011

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Chabbert Roland, Vanacker Céline

Cadre de l'étude

Inventaire topographique

Typologie du dossier

Dossier avec sous-dossier

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional de Midi-Pyrénées - Direction de la Culture et de l'Audiovisuel - Service Connaissance du Patrimoine 22, bd Maréchal Juin 31406 Toulouse cedex 9 - 05.34.45.97.33

église paroissiale Saint-Salvi
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