Description historique
"Documents figurés :Le cadastre napoléonien (doc. 1) figure un édifice de plan allongé à chevet plat. Des contreforts sont visibles sur chaque façade. Le cimetière s'étend autour de l'église.Les dessins de Louis Duthoit (1835 ca) figurent un édifice orienté à deux vaisseaux avec un clocher-porche occidental et un cimetière, clos par un mur haut (doc. 2 et 3). Une baie murée apparaît dans le chevet. L'aquarelle d'Oswald Macqueron (BM Abbeville) montre un important dénivelé de terrain au niveau du choeur et un petit escalier extérieur permettant l'accès par la porte sud de la nef.Un relevé est effectué par l´architecte Jean Guidée en 1944 (doc. 4).Sources :Les sources conservées aux Archives Nationales comprennent un projet de restauration de l´église et du presbytère, communs aux communes de Sains et de Saint-Fuscien, soumis à l´avis du conseil des bâtiments civils et adopté en 1817. Il donne une description de l´église, formée d´une nef et d´un bas-côté couverts par deux combles, précisant qu´il faut réparer les murs extérieurs et la couverture. L´entrée se situant à l´ouest du côté opposé à la route, l´architecte Lefèvre propose de ménager une entrée à l´est avec un portail à deux colonnes, de supprimer le bas-côté (dont les matériaux sont réutilisables) et d´aménager une tribune, enfin d´ajouter une sacristie et une chapelle des fonts. Le projet concurrent de l´architecte Nuel consiste à reconstruire une partie des piliers et les murs, à réparer les couvertures et les parties avancées de la charpente, ainsi que le clocher.La tribune ne sera cependant réalisée que si les deux communes de Sains et Saint-Fuscien restent annexées pour le culte. La construction d´un nouveau portail permettrait de modifier l´entrée par le cimetière "incommode et malsaine".Les sources conservées aux archives départementales (série O) mentionnent des travaux effectués en 1830 par l´entrepreneur Vindré et la vente de matériaux provenant de l´église, en 1839, date de la réfection de la toiture (Coquerelle couvreur).De nouveaux travaux sont effectués en 1854 : réparation de la toiture du clocher, renfort en brique des murs du sanctuaire, consolidation des contreforts du clocher et blanchissage. Le conseil municipal vote également « certaines améliorations à faire à l´intérieur de l´église pour la mettre dans un état de décence que réclame la sainteté du lieu » (DCM 9/7/1854).En 1863, on abaisse le niveau du sol de l´ancien cimetière et on procède au dégagement de la base des murs.En 1864, le doyen demande l´autorisation de déplacer la porte latérale sud pour obtenir un effet de symétrie avec une porte dont il prévoit l´ouverture au nord. La demande est acceptée par le conseil municipal car les travaux sont réalisés aux frais du curé. Le clocher est restauré en 1872 (Valtide Baillet entrepreneur), puis consolidé en 1875 et en 1912.L´église est restaurée après la Première Guerre mondiale, sous la direction des architectes amiénois Pruvost, Philippe et Grellet, en 1923 (toiture de l´église), en 1925 (porche, Alban Thomas, entrepreneur à Amiens).Le cimetière est jugé insalubre et le maire demande à plusieurs reprises le soutien de l´État pour son déplacement, en 1832, en 1838, enfin en 1843, date de la dernière épidémie qui a touché les maisons proches. En 1832, le cimetière exhaussé par rapport au niveau de la rue présente un réel danger ; sa suppression se heurte aux préjugés des habitants. En 1848, le maire indique que le cimetière, qui sert aux habitants de Sains, de Saint-Fuscien et du Petit-Cagny, est clos de murs en pisé couverts de chaume. "Chaque famille ayant une place qui lui est consacrée par l´usage, aucune concession n´est faite" ; la partie nord est réservée aux "familles étrangères qui viennent habiter la commune". Le cimetière est désaffecté en 1851.En 1862 ont lieu les travaux de terrassement et de nivellement, onze ans après son abandon (cf. annexe).Les comptes de fabrique (série V) signalent des travaux effectués aux piliers du portail et au perron de la porte du bas-côté, en 1896 (B. Noiret maçon).L´église est endommagée par les bombardements de 1940 (série W) et restaurée sous la direction de l´architecte Jean Guidée de 1942 (reconstruction des contreforts d´angle et réfection des cintres des baies du bas-côté en pierre de Saint-Maximin) à 1959 (remise en état du mur sud et du cadran solaire et rejointoiement du chevet). En 1953, le curé demande la mise à disposition d´un baraquement à Rumigny pendant la durée des travaux de réfection de la couverture.L'édifice comporte plusieurs inscriptions : deux dates de restaurations, au nord du sanctuaire (1924) et sur une sablière (1992) et une signature (pavement à l´ouest du bas-côté nord) : A THOMAS / ENT A AMIENS.Une inscription (moderne) sur les deux premiers entraits de la nef indique que l´église est consacrée aux saints Fuscien, Victoric et Gentien, à la Vierge et à tous les saints, par l´évêque Nicolas Delagrennée, en 1511.Travaux historiques :L´abbé Messio (1869) fait réaliser des fouilles et met à jour les fondations de deux murailles parallèles à l'édifice actuel, l´une antique, débris d´un temple dédié à Hercule, l´autre parallèle, située sous l´église actuelle, plus deux chapelles, dont l´une abritait le sarcophage. Il y voit les vestiges de l´église primitive, vaisseau de 100 pieds de longueur sur 20 pieds de largeur, comportant deux annexes latérales à l´est, l´une abritant le tombeau des saints martyrs. Un portique à jour donnait accès à l´édifice, à l´ouest. A l´entrée se trouvaient des cercueils en pierre posés à double étage, composés « de quatre pièces ajustées à feuillure dans un tore crucial, bien parementé, vide absolument de bijoux si nombreux dans les sépultures de cette période, dépourvus d´inscription ».La publication sur les sanctuaires de la Vierge (1891) date l´église actuelle de la fin du 15e siècle et du début du 16e siècle (consacrée en 1511) ; elle est restaurée et décorée à l'initiative de l´abbé Messio. La chapelle du bas-côté nord est dédiée à la Vierge.Le Dictionnaire historique et archéologique de Picardie (1909) signale une église comprenant une nef du 15e siècle, agrandie d'un bas-côté au 16e siècle. Le tombeau des saints Fuscien, Victorice et Gentien, du 12e siècle, s'élève à l'emplacement de leur sépulture établie au 9e siècle.L´Echo paroissial de 1913, repris dans la notice du site Internet de Sains, indique que l´église actuelle remplace l´église romane édifiée vers 1105 grâce à la générosité d´Enguerrand de Boves, à l´emplacement d´un sanctuaire mérovingien marquant l´emplacement du tombeau des saints Fuscien, Victoric et Gentien. L´église actuelle des 15e et 16e siècles est consacrée en 1511 par l´évêque d´Hébron François Halluin. Le chœur est reconstruit vers 1787, comme l´indique une date portée et une mention de l´évêque relative à la reconstruction d´une partie du bas-côté.La monographie de l´abbé Destombes (de Laage) date l´église actuelle des 15e et 16e siècles, remplaçant un édifice plus ancien attesté par une épitaphe du 6e siècle, le tombeau des saints martyrs et des fonts baptismaux du 12e siècle.Selon M. Crampon (1980), l´église des 15e et 16e siècles est couverte d´un lambris de couvrement portant une inscription relative à la consécration de l´église en 1536.Le dossier du Service Régional de l'Archéologie décrit une église mérovingienne, dont les parties sud de la nef et du transept sont recouvertes par l´église du 12e siècle."