Le territoire communal : géographie, histoire, économie

Désignation

Titre courant

Le territoire communal : géographie, histoire, économie

Localisation

Localisation

Hauts-de-France ; Somme (80) ; Cayeux-sur-Mer

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Côte picarde

Historique

Description historique

Selon Dimpré, le nom antique de la commune serait Caldus, selon Delattre, elle prend le nom de Caldis au VIIe siècle et Caïeu au XIVe siècle. La commune prend le nom de Cayeux-sur-Mer par délibération du conseil municipal du 6 décembre 1868, pour éviter toute confusion avec Cayeux-sur-Santerre, autre commune du département de la Somme. Le territoire est entre les mains de la seigneurie de Saint-Valery entre les 11e et 14e siècles, une forteresse est d´ailleurs construite par le comte Guillaume (source : Dimpré). Depuis 1230, Cayeux dépend de l'archevêque de Reims et à partir de 1300, la haute, moyenne et basse justice appartiennent au marquis de Gamaches. En 1475, Cayeux est détruite, sur les ordres du roi de France Louis XI, plutôt que d'être remise aux mains du roi d'Angleterre. En 1640, le gouvernement de Cayeux passe dans la maison des marquis de Gamaches (Nicolas-Joachim du Rouhault). En 1653, un incendie détruit à nouveau la ville, de même qu´en 1727, où une manufacture royale de glaces est détruite. Le 23 juin 1780, le comte de Rouhault vend ses biens au Comte d´Artois (frère de Louis XVI, et plus tard Charles X). Selon Anatole Mopin, au milieu du 17e siècle, Cayeux-sur-Mer abrite 200 matelots pêcheurs. Jusqu'au début du 20e siècle, une grande partie de la population locale exerce l'activité de pêche, mais l'ancien village de Cayeux ne dispose pas de port et la plupart des bateaux doivent mouiller au port du Hourdel. Cette situation n'empêche en rien le débarquement du produit de la pêche sur la plage de galets : les barques remplies de la cargaison sont échouées sur les galets, où des chevaux attelés sont chargés de rejoindre, dans l'eau, les petites embarcations [fig. 4]. A la fin du 18e siècle, une partie des pêcheurs de la commune voisine d´Ault vient s'installer à Cayeux, chassée du port d´Onival totalement englouti par les eaux, augmentant ainsi le nombre d'habitants de la commune (source : A. Mopin). En 1929, un guide touristique comptabilise 16 bateaux à moteur jaugeant ensemble 143 tonneaux, et 12 bateaux à voile, jaugeant ensemble 126 tonneaux, ce qui regroupe 66 marins [annexe 1]. Associés à l'activité de pêche, nous trouvons des chantiers de construction navale, au nombre de quatre à la fin du 19e siècle : Bocquet-Goret, les frères Cailleux, Lecoq et Devisme (rue de Vimeu, rue de la Gare, rue Fleury, rue du Général Leclerc) (source : Cayeux d'hier). Une corderie était située près de la gare : un petit chemin arboré garde encore actuellement en mémoire cette activité [fig. 6]. Une autre partie de la population vit du produit de la terre et surtout de l'élevage. Les cartes postales anciennes montrent de nombreux troupeaux de moutons parqués dans les prés-salés gagnés sur la mer [fig. 5]. Comme à Ault, l'activité de serrurerie à domicile se développe au milieu du 18e siècle. Cette fabrication employait 300 ouvriers en 1867, en 1904, elle en emploie encore 340 (310 à Cayeux et 30 dans les hameaux) , pour un salaire moyen qui varie entre 2 et 2, 50 franc par jour (source : A. Mopin). L'industrie du galet emploie quelques habitants (ouvriers à cailloux). Les galets, recueillis sur la plage, à main d'homme, sont transportés par voie de mer jusqu'au port de Saint-Valery-sur-Somme, grâce à des radeaux nommés plats bords. Avec l'arrivée du chemin de fer, les galets sont chargés sur des rails pour Decauville, reliant la plage à la gare (par les rues Dumont-d'Urville, du Chevalier-de-la-Barre). L'exploitation intense du galet remonte au milieu du 19e siècle, alors que les manufactures de porcelaine anglaises ont besoin de silice. De nombreuses entreprises voient alors le jour : soit on prélève sur la plage, soit on exploite le galet situé à l'arrière du village, dans les terres. En 1929, l´usine Sanson installe une usine de calcinage et de pulvérisation de galet cuit à Cayeux. Au Hourdel, cette activité nécessite la construction d'une estacade en béton en 1909, détruite en 1944 par les trou pes d´occupation allemande. En 1939, 200 emplois dépendent du galet dans la commune (source : Cayeux d'hier). Enfin, les petits métiers, souvent féminins, sont fréquents à la fin du 19e siècle : les verrotières cherchent les vers dans le sable pour les besoins de la pêche, de même que d'autres cherchent des coques. Depuis 1911, la commune de Cayeux-sur-Mer n'a cessé de voir décroître le nombre de ses habitants, malgré un essor continu jusqu'à la Première Guerre mondiale. Depuis ce conflit, les chiffres ne cessent de baisser, avec une nette chute après le Second conflit mondial. Depuis les années 1970, les chiffres stagnent péniblement. Comparée aux autres communes de l'aire d'étude, Cayeux reste pourtant, comme en 1876, la seconde commune la plus peuplée. Au dernier recensement de 1999, la commune comptait 2781 habitants [fig. 3]. La commune comprend des espaces protégés au titre des sites : le site dit du Littoral picard (20 janvier 1975). Aucun édifice n'est protégé, mais le bateau de sauvetage 'Benoît Champy'est protégé au titre des Monuments historiques.

Description

Commentaire descriptif de l'édifice

La commune de Cayeux-sur-Mer est située dans le canton de Saint-Valery-sur-Somme, arrondissement d'Abbeville. Cayeux-sur-Mer est isolée entre la mer et les 'bas-champs', espace endigué situé sous le niveau de la mer. D'une superficie de 26, 290 km carrés, le point culminant de la commune n'excède pas 8 mètres (banc de galets de la Mollière) , alors que l'ensemble du territoire ne dépasse pas les 4 mètres. Le hâble d'Ault situé au sud de la commune, est une grande pièce d'eau autrefois ouverte sur la mer. Le territoire de Cayeux-sur-Mer est composé de cultures et de pâtures. Les champs, gagnés sur la mer, sont sillonnés de ruisseaux d'écoulement et de nombreuses mares. Une grande partie du sous-sol est constitué de galets, à l´origine d´une exploitation intense qui laisse par endroits la place à des pièces d'eau. Ce sous-sol, très minéral, fait que la végétation est absente de la commune, surtout près de la mer, aussi exposée aux vents dominants. Nous notons pourtant la présence d'un bois de pins planté au 19e siècle à Brighton. Au nord de la commune, entre Brighton et le Hourdel un cordon dunaire s'est formé depuis la première moitié du 20e siècle. Le territoire est desservi par les départementales 102 (du sud-est au nord-est) , 177 et 3 (d'ouest en est). L'ensemble des autres voies, communales, joignent les écarts entre eux, entrecoupées par de nombreux chemins non carrossables. Une voie de chemin de fer complète ce dispositif, reliant Cayeux-sur-Mer à Saint-Valery-sur-Somme, grâce à un train touristique saisonnier. La station de Cayeux-sur-Mer et celle de Brighton constituent deux entités balnéaires et ont été l'objet d'un recensement. Quant aux quartiers anciens de Cayeux-sur-Mer, ils ont été l'objet d'un recensement extensif (le Bout-d'Amont, le Bout-d'Aval, le quartier de l'église) de même que les quartiers tardifs en contact avec la zone rurale. Le quartier balnéaire proprement dit ainsi que celui de la gare, ont été l'objet d'un repérage plus intensif, dans les limites chronologies imparties, et selon l'état de conservation du bâti.

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2002

Date de rédaction de la notice

2003

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Justome Elisabeth

Cadre de l'étude

Patrimoine de la villégiature (la Côte picarde)

Typologie du dossier

Présentation de la commune

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional Hauts-de-France - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel 21 mail Albert-Ier 80000 Amiens