Château

Désignation

Dénomination de l'édifice

Château

Destination actuelle de l'édifice

École

Titre courant

Château

Localisation

Localisation

Picardie ; Somme (80) ; Lucheux

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Somme

Canton

Lucheux

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En village

Partie constituante non étudiée

Donjon, jardin, verger, chapelle

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

12e siècle, 13e siècle, 15e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

17e siècle, 18e siècle

Auteur de l'édifice

maître d'oeuvre inconnu

Description historique

Les archives n'attestent véritablement l'existence du château qu'en 1147 mais l'on situe traditionnellement sa fondation vers 1120. C'est Hugues II Campdavène, comte de Saint-Pol, également fondateur du prieuré Saint-Léger, qui en serait alors l'instigateur. A la fin du 12e siècle, par l'hommage qu'Hugues IV Campdavène rend au roi Philippe-Auguste, Lucheux demeure dans le giron des comtes de Saint-Pol mais relève directement du royaume. Lorsque Hugues IV Campdavène meurt à Constantinople en 1205 sa fille fait passer le château à la famille de Châtillon. De grandes modifications sont alors apportées au monument. Guy Ier de Châtillon et son successeur Guy II remodèlent les fonctions militaires et enrichissent l'ensemble d'éléments résidentiels dans le 2e quart du 13e siècle ; le donjon est reconstruit, la grande salle édifiée. Le château devient alors, avec ses jardins, son verger et la forêt toute proche, un cadre agréable apprécié des comtes de Saint-Pol et de divers rois de France qui séjournent régulièrement au château à partir du 14e siècle. Un siècle plus tard, la guerre de Cent Ans trouble ce calme. Guy IV, constitué otage pour la libération de Jean le Bon meurt en Angleterre en 1360. Sa soeur hérite de Lucheux et le fait passer par son mariage à la maison de Luxembourg. Au cours de la seconde moitié du 14e siècle le château doit subir plusieurs assauts anglais. Après la bataille d'Azincourt en 1415, le château est à nouveau convoité et endommagé. Pierre de Luxembourg le répare et en profite pour moderniser l'arsenal militaire en 1431. Louis de Luxembourg son successeur complète ce dispositif par la construction de la Tour Neuve. Ce seigneur est exécuté en 1475 pour avoir voulu ériger Lucheux en une principauté autonome et puissante de par sa situation, à la limite du royaume de France et des états bourguignons. Le comté de Saint-Pol est alors confié à Guy Pot, bailli de Vermandois avant que Charles VII ne le rende à Marie de Luxembourg. Au 16e siècle, le château doit encore subir les assauts répétés des Anglais et des Impériaux, qui en 1522 exercent un siège de huit jours à l'issue duquel seul le donjon résiste. Malgré les réparations importantes qui furent alors entreprises et auxquelles participa Jean Bullant, parent du grand architecte, Lucheux ne peut se relever. En 1640, Richelieu donne finalement l'ordre de le démanteler. Suite à ce démantèlement engagé depuis le 17e siècle (donjon) et continué au 19e siècle après la saisie comme bien national, les parties les plus anciennes ( donjon et résidence en basse cour des 13e siècle-16e siècle) sont à l'état de ruines. Les restes en élévation ont été restaurés et maintenus hors d'eau. La partie des logis reconstruite au 17e siècle sert d'école.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, brique

Matériaux de la couverture

Ardoise

Description de l'élévation intérieure

2 étages carrés

Typologie de couverture

Toit à deux pans, flèche polygonale

Commentaire descriptif de l'édifice

L'ensemble des vestiges est compris dans une enceinte polygonale irrégulière, percée de deux portes et renforcée de plusieurs tours. Elle est cernée par un fossé sec, aujourd'hui comblée au sud. De ce fait, et contrairement au modèle philippéien, les bâtiments sont construits de manière anarchique et sa surface est immense. La porte du Bourg menait à la ville. Formée d'un berceau brisé entre deux tours circulaires coiffées de poivrières, elle était autrefois protégée par une herse et un pont-levis à flèche, fonctionnant donc sur un système de contrepoids, ainsi que l'attestent les rainures verticales dans la partie supérieure. La deuxième porte, celle du Haut-Bois qui donnait accès à la forêt, est flanquée de deux massifs contreforts rectangulaires aux allures de tours qui, jusqu'au 18e siècle étaient couronnées d'échauguettes. Cette seconde entrée était, elle aussi, dotée d'un pont-levis. A droite de la porte, la courtine talutée à sa base, conserve des mâchicoulis en arc plein-cintre bandés sur des contreforts peu saillants. Retranché derrière les mâchicoulis, le chemin de ronde en espalier s'étendait sur trois plates-formes séparées par des escaliers. Aujourd'hui ce dispositif a disparu mais l'on peut l'imaginer grâce à l'existence de lits de silex noir bien distincts dans les murs en calcaire blanc. A l'intérieur de l'enceinte, l'élément fort du dispositif militaire est le donjon dont il ne subsiste plus que la partie orientale. Ce cylindre cantonné de quatre demi-tourelles s'assoit en encorbellement sur une base plus ancienne carrée renforcée de contreforts semi-circulaires, correspondant au donjon roman. De longues archères présentes dans l'axe de la tour centrale et sur chacune des tourelles attestent du rôle essentiellement défensif de ce donjon, et ce malgré les dimensions des salles, proches de celles des pièces résidentielles des châteaux - en particulier la pièce octogonale au centre du bâtiment. Le caractère résidentiel du château est attesté par la conservation de la grande salle rectangulaire ouverte vers l'ouest par sept fenêtres géminées aux linteaux décorés de trèfles trilobés.

État de conservation (normalisé)

Vestiges, restauré

Protection

Date et niveau de protection de l'édifice

1965/03/30 : classé MH

Intérêt de l'édifice

À signaler

Observations concernant la protection de l'édifice

A droite de la porte, la courtine talutée à sa base, conserve des mâchicoulis en arc plein-cintre bandés sur des contreforts peu saillants semblables à ceux de Château-Gaillard, de la tour-maîtresse de Niort, de la porte de Laon à Coucy, etc. et des églises fortifiées du midi de la France, que l'on peut donc dater du 12e siècle. Par ses caractéristiques, le donjon se classe dans la catégorie des tours-mixtes telles que les décrit Jean Mesqui : ces tours pourraient de par leurs dispositions internes être un lieu de résidence mais leur rôle semble en fait seulement défensif. La grande salle rectangulaire, préfigure les grandes salles d'apparat par sa surface et par la large perspective qu'elle offre sur le paysage environnant, effet d'autant plus important que le terrain qu'elle surplombe est en déclivité. Comme à Coucy, cet espace communiquait avec la chapelle seigneuriale, située perpendiculairement à l'est.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1995

Date de rédaction de la notice

1995

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Isnard Isabelle, Schill-Fenninger Hélène

Cadre de l'étude

Enquête thématique régionale (le gothique en Picardie)

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional de Picardie - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel 88, rue Gaulthier de Rumilly 80000 Amiens - 03.22.97.16.57