Description historique
L'église paroissiale Saint-Jean qui dessert le quartier central de la ville de Péronne, est construite à partir de 1509, consacrée en 1525 mais seulement terminée vers 1550. Déjà touchée en 1870, elle est atteinte par les obus britanniques en juillet 1916 et mars 1917, puis presque totalement détruite par des explosifs visant notamment le clocher lors du repli allemand en septembre 1918. La sacristie l'est aussi partiellement. Le clocher par son effondrement est responsable d'importants dégâts, sur l'édifice et ses abords, y compris les maisons privées qui le touchent. L'architecte parisien Daniel Roguet, alors architecte de Péronne, envisage en 1919 de laisser le vieux Saint-Jean, à l'état de ruines, témoigner de la guerre et propose de construire une église neuve sur un autre emplacement. En 1921, on envisage seulement l'éventuel sauvetage par l'Etat d'une partie des ruines. Mais on s'oriente bientôt vers une reconstitution archéologique de l'édifice ancien. Daniel Roguet établit en 1920 une expertise provisoire, puis reconstitue en 1921 les plans de l'édifice détruit et estime sa reconstitution à 7 577 476, 95 F. La Ville de Péronne adhère à la Société Coopérative de Reconstruction des Eglises Dévastées du Diocèse d'Amiens en 1922. L'architecte en chef des monuments historiques Henry Moreau (Paris) établit le projet de reconstruction (dessins et devis 31 janvier 1925, approuvés le 7 mai 1926 par le conseil municipal). Sur la base de ses estimations, une somme de 6 315 633, 83 F est allouée par l'administration des Beaux Arts pour sa reconstitution (13 novembre 1925). Henry Moreau établit le devis des autels, fonts baptismaux, chaire et confessionnal le 18 mars 1931 et le devis des grilles intérieures le 8 février 1932. Le chantier de gros ouvre est réalisé de 1927 à 1932 par les entreprises Raphaël Moretti (Arras) , Henri Roncari (Péronne) , Louis Trevisan (Péronne) et Mario Mazzarotto (Arras) pour la charpente (1928) , Charles Mathieu et Marcellin Marcais (1929) pour la couverture. La réception définitive des travaux a lieu le 13 mars 1933. Le projet tient compte d'une récupération des pierres anciennes et éléments sculptés, soigneusement déposés et triés, de la conservation d'une partie des fondations, d'une partie du gros ouvre côté sud et de la façade ouest. Les peintures murales (fresque de la Bonne Mort offerte en 1601 par Jean Roussel et sa femme) , l'épitaphe de Jean Baudin, sont restaurées. Les vitraux de l'église sont refaits après leur destruction en 1944 par l'explosion en gare de Péronne d'un wagon de munitions. L'église Saint-Jean est restaurée partiellement en 1972 et en 1983.