Description historique
Documents figurés :Une affichette destinée à réunir des fonds pour l´achèvement de l´édifice en donne un plan et une élévation latérale (doc. 1 et 2).Sources :Les sources conservées aux archives départementales (série V) indiquent qu´en 1891, le culte est autorisé dans l´église, qui est érigée en chapelle de secours. Le terrain est donné à la fabrique par Firmin Douillet, en 1891.Travaux historiques :Le manuscrit Pinsart conservé à la bibliothèque municipale indique que l´église est construite sur un terrain appartenant aux hospices, acquis par M. Douillet, père de l´architecte, représentant un groupe de personnes « désireuses de doter d´une église cette partie de la ville ». Ce terrain a été donné à la fabrique de Notre-Dame en 1890.Le manuscrit Pinsart également comprend plusieurs articles de presse :L´un non daté, faisant référence à une publication dans un journal technique de Lille, indique que l´église, bâtie par souscription privée, a été érigée en succursale de la paroisse Notre-Dame pour le quartier de la Vallée.Les fondations (piliers et dallage) ont nécessité une technique de coulage du béton particulière en raison de la nature tourbeuse et marécageuse du sol. Le dallage a été fondé sur un grillage de bois de hêtre portant sur des pieux assez espacés a été établi en pleine eau, chargé de gravier, et enfin d´une couche de béton un peu au-dessus du niveau de l´eau. Les matériaux utilisés sont la brique d´Amiens et la brique blanche de Denain, le banc royal de Saint-Maximin (éléments décoratifs). Les parements intérieurs sont en vergelé de Saint-Maximin, les piliers en banc royal dur, les colonnes en pierre de Ravières et les socles en pierre d´Euville. La coupole, le chœur et l´abside sont voûtés en briques creuses hourdées au plâtre.Un article du 22 mai 1891 relate la bénédiction de l´église, élevée dans «cette partie de la ville très éloignée de la cathédrale ou de Sainte-Anne et qui a pris une extension considérable». Admiré par la nombreuse assistance, « l´édifice d´un goût très moderne comme agencement, mais où domine le style hispano-arabe fait le plus grand honneur à M. Douillet, l´éminent architecte.La coloration générale très claire est rehaussée par des fonds d´une teinte bleu pâle ou rose tendre agrémentés de lignes d´or d´un effet très heureux.Les ornements, chapiteaux et autres motifs d´architecture dénotent également un goût profond et parfaitement approprié. Reste le mobilier religieux à acquérir, car, en dehors du maître-autel formant fond, rien n´est encore en place ».Un article de Chanteloup, du 25 juillet 1891 rappelle les conséquences de l´implantation de la gare dans la division de la paroisse Sainte-Anne, dont dépendait le quartier de la Vallée (2600 habitants) et le faubourg de Noyon. « Il y avait donc nécessité au point de vue de l´enseignement et de la pratique, et aussi pour épargner de longs trajets aux baptêmes et surtout aux enterrements, de construire une église au centre de ces quartiers reculés ». Il signale le rôle du comité présidé par M. Douillet-Duvauchelle, père de l´architecte, et M. Bon, curé de Sainte-Anne, dans la construction de cette nouvelle église, réalisé par l´entrepreneur Dupont-Mallet. Les souscriptions recueillies devaient permettre la construction d´une simple chapelle « mais l´architecte se laissa entraîner par son ardeur artistique si bien que le projet primitif se trouva métamorphosé et considérablement augmenté ». Selon le dossier établi par Nathalie Mette en 1996, la construction de la nouvelle église de la Vallée, rendue nécessaire par la présence de la voie ferrée qui divise la paroisse Sainte-Anne en deux quartiers, est envisagée à l'aide d'une souscription accordée par l'évêque. Les travaux sont réalisés entre 1878 et 1897 par l'entrepreneur E. Dupont, sur les plans de l'architecte Edmond Douillet.