Description historique
Selon la tradition locale, l'Hôtel-Dieu de Mantes se trouvait à l'origine à l'emplacement de l'église Saint-Maclou. A la fin du XIe siècle, sous le règne de Philippe 1er, il a été transféré tout d'abord dans une grande salle au dessus de la porte du Fort, puis à son emplacement actuel. En 1638, les religieuses de l'Hôtel-Dieu de Pontoise sont autorisées à s'établir à Mantes pour recevoir les pauvres malades, les nourrir les panser et les médicamenter. Selon la chronique de Chrestien, c 'est en 1675 que les religieuses hospitalières ont fait bâtir de neuf leur église et leur maison. En réalité, les comptes de l'Hôtel-Dieu permettent de préciser les travaux. De 1646 à 1649, des travaux de réparation sont réalisés par Eustache de Lorme, maitre maçon. Une deuxième phase importante intervient en 1651 sous la direction de maître Jean et André Carrée "qui ont entrepris le bâtiment". Ce sont des travaux de grande ampleur puisque 200 pierres de taille sont livrées, 9000 tuiles et 300 noues. Il pourrait s'agir de la reconstruction des bâtiments hospitaliers dont l'aboutissement est en 1661 le paiement du tailleur de pierre pour la porte de l'entrée de la maison. Ensuite c 'est la chapelle qui est reconstruite. En 1667, les comptes citent le paiement à maître Pitrou, "maçon entrepreneur de notre église" la somme de 2000 livres, ainsi que de 4000 livres à maître Gaspart "pour notre portail de notre église". Les ardoises sont fournies la même année. En 1668, maître Gaspart perçoit à nouveau 5400 livres, l'église est pavée, le menuisier fournit la porte. Et en 1669, le vitrier fournit 5 vitraux pour l'église et encore 6 l'année suivante. Cette année 1670, le chœur est aménagé et un peintre rémunéré pour avoir peint les figures et les grilles de notre chœur. En 1672 à nouveau 3000 ardoises sont fournies. Enfin, en 1672 le dôme du portail est construit par maître Maillard, charpentier. Une photographie retouchée de A. Pingot représente cette entrée avec son dôme. Les années suivantes, les comptes attestent que les travaux sont de moindre envergure. Les revenus de l'Hôtel-Dieu se montaient alors à 3000 livres de rente par an. Vers 1700, Les religieuses étaient 35 et leur revenu atteignait 4000 livres de rente, selon le mémoire de l'Etat de la Généralité de Paris. Après la Révolution l'Hôtel-Dieu fonctionne encore, en 1819-1821 le comble de l'ancienne chapelle est reconstruit sur un devis de Vivenel. Selon Cassan, il y avait 20 lits à l'hôtel-Dieu, 15 pour les hommes et 5 pour les femmes et les sœurs hospitalières de l'Ordre de Saint-Maurice de Chartres qui s'en occupaient étaient au nombre de 4. En 1847 est décidée la fusion de l'hôtel-Dieu ou hospice des malades et l'hôpital général ou hospice des vieillards et des enfants. Les bâtiments et terrains de l'Hôtel-Dieu sont découpés en 10 lots pour être vendus et la rue du Docteur-Stéphane-Bonneau est percée. En 1854, La chapelle de l'Hôtel-Dieu a été transformée en café Grimbert, à la fois théâtre, salle de bal, et café-concert. En 1912, c'est un cinéma qui s'y installe "le cinéma Palace attractions" qui comportait 500 places. Il subit après la guerre la concurrence du cinéma-théâtre de la place de Lorraine et du cinéma Apollo, derrière le théâtre. Il a été acquis par la ville en 1962.